Par ce signe tu vaincras ! (2)

Publié le 07 décembre 2009 par Hermas

La Croix a Rome, dans l’empire romain, en Italie

La Croix était l’instrument privilégié de châtiment des criminels, MAIS SURTOUT DES PREMIERS CHRETIENS qui, s’ils n’étaient pas livrés aux bêtes au Colisée, y étaient crucifiés, par centaines et par centaines.

La croix, sur laquelle est mort Jésus, appelé «Chrestus» à Rome, est devenue le Symbole du Christianisme naissant en rapide expansion dans tout l’Empire Romain.

Elle a marqué notamment en trois occasions la vie de l’Empire:

1.   Le Martyre de Saint Pierre

2.   La victoire de Constantin et sa Conversion

3.   Sainte Hélène apporte à Rome la Croix du Christ

Le Christianisme et l’Empire Romain – «Sanguis Martyrum, semen est Christianorum» (1)

Jésus meurt sur la Croix le vendredi 8 avril 30 de notre ère. 50 jours plus tard, avec la descente du Saint-Esprit, commence précisément l’évangélisation, l’annonce de la Bonne Nouvelle apportée.

Après le martyre d’Etienne en 34, la communauté se dispersa, et vit le départ des Apôtres de Jérusalem: le christianisme va alors se répandre rapidement dans tout l’Empire Romain, où se trouvent des communautés juives.

L’Eglise d’Antioche (Capitale de la Syrie romaine) est fondée vers l’an 37. Saint Luc, dans les Actes des Apôtres, nous apprend que «c’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de <<chrétiens>>» (Actes 11, 26).

1 - Le Martyre de saint Pierre et de Saint Paul


Martyre de saint Pierre par Michel-Ange

Chapelle Paolina du Vatican

Le Christianisme est entré aussi à Rome. Comment s’y est-il établi? On ne le sait. Mais les Actes des Apôtres nous racontent l’épisode suivant, à propos de la fondation de l’Eglise de Corinthe par l’Apôtre Paul: «Paul s’éloigna d’Athènes et gagna Corinthe. Il y trouva un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, qui venait d’arriver d’Italie avec Priscille sa femme, à la suite d’une édit de Claude qui ordonnait à tous les Juifs de s’éloigner de Rome» (Actes, 18, 1).

Cette mesure, connue de Suétone, pourrait dater de 49, et fut prise à la suite de troubles survenus dans la communauté juive de Rome à propos d’un certain «Chrestus».

A l’automne de l’an 60, Paul est emmené à Rome, selon sa demande, pour y être jugé par César (Actes 25, 11-12). De 61 à 63, il sera à Rome sous bonne garde militaire. Le voyage vers Rome, fut mouvementé, avec tempête et naufrage (Actes, 27). Après un séjour à Malte (Actes, 28), Paul arrive dans le sud de la Péninsule, à Syracuse, à Pouzzoles dans le golfe de Naples et enfin à Rome, (Actes 28):

«Y trouvant des frères, nous eûmes la consolation de rester sept jours avec eux. Et c'est ainsi que nous arrivâmes à Rome. Les frères de cette ville, informés de notre arrivée, vinrent à notre rencontre jusqu'au Forum d'Appius et aux Trois-Tavernes. En les voyant, Paul rendit grâces à Dieu et reprit courage. Quand nous fûmes entrés dans Rome, on permit à Paul de loger en son particulier avec le soldat qui le gardait» (Actes, 28, 14-16).

Paul fut libéré en 63, et fit peut-être alors un voyage en Espagne (Rom 15, 24 s)

L'Église d'Antioche se réclame de PIERRE comme de son premier évêque. Il en est de même de celle de Rome. Le séjour de Pierre dans cette ville est attesté par la première Epître de Pierre: «L’Église des élus qui est à Babylone vous salue, ainsi que Marc, mon fils.» (1 Pierre 5, 13), qui désigne de façon péjorative Rome en tant que ville corrompue et idolâtre, image familière aux lecteurs de la Bible

Plusieurs textes antiques font allusion à son martyre, ainsi qu'à celui de Paul, qui se serait produit lors des persécutions ordonnées par Néron. Le plus ancien, la Première épître de Clément de Rome datée de 96, ne cite pas explicitement de lieu, même s'il y a diverses raisons pour penser qu'il s'agit de Rome. Plus explicites sont, une vingtaine d'années plus tard, une lettre d'Ignace d’Antioche aux chrétiens de Rome, et un passage, de la fin du IIe siècle, cité par Eusèbe de Césarée: A un certain Proclus qui se vantait que sa patrie possédait la tombe de l'apôtre Philippe, le Romain Gaïus a répondu: «Mais moi, je puis te montrer les trophées des saints apôtres. En effet, si tu veux te rendre au Vatican ou sur la voie d'Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Église»; Selon un apocryphe, les Actes de Pierre, il aurait été crucifié la tête en bas

Le crucifiement de saint Pierre par Cimabue,

Église inférieure de la basilique Saint-François d'Assise

Son martyre est l’accomplissement de ce que lui avait prédit le Christ, et que saint Jean nous raconte dans son Evangile (21, 18-19): «En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu».

La Crucifixion de Saint Pierre par Le Caravage (Il Caravagio)

Dans les Actes, saint Luc rapporte le séjour romain de Paul et son annonce de l'Évangile, d'abord aux Juifs. Pierre vint à Rome alors que Paul, avait été libéré; Paul y revint après son dernier périple missionnaire, après les massacres de Néron, où Pierre avait péri crucifié. En arrivant à Rome vers l'année 67, Paul trouva une communauté chrétienne décimée et humiliée. Il fut vite dénoncé et arrêté. Paul fut condamné à avoir la tête tranchée, supplice réservé aux citoyens romains. D'après le témoignage d'Eusèbe, son martyre eut lieu la quatorzième année du règne de Néron, soit entre juillet 67 et juin 68. La tradition, adoptée par Saint Grégoire, rapporte que sa tête, en rebondissant trois fois sur le talus, y aurait fait jaillir trois sources, les «Tre Fontane» actuelles.

Le martyre de Saint Pierre et de Saint Paul, vers 1615

Par Camullo Francesso, et Carrache Lodovico

Rennes, Musée des Beaux-Arts