Magazine Journal intime

Hiver : pour ou contre?

Publié le 18 décembre 2009 par Reenco

Je veux faire ce billet depuis hier matin mais je me suis d'abord battue avec le câble firewire de mon camescope qui n'a jamais voulu transférer ma vidéo sur Julius (mon ordi), puis plus de pile dans l'appareil photo, et finalement, rebaston avec le câble du portable qui n'a pas voulu transférer la photo d'art hivernal que j'avais faite.
Me voilà donc là le lendemain, le temps que les piles se rechargent, avec des photos dont je ne suis pas contente du tout, mais c'est mieux que rien.


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Hier matin, je me suis levée avec un cafard pas possible. Le genre de matin où on est pas encore sorti de ses cauchemars, où on n'a pas encore intégré la réalité et que les terreurs du sommeil nous poursuivent encore. Comme à chacun de mes réveils, pendant que l'eau pour le thé boue, je regarde par la fenêtre, pour voir si "Copain" (un cygne blanc et beige que j'adore qui va et qui vient) est sur le lac. D'habitude, je l'observe deux ou trois minutes, je l'admire, je me demande si il a dormi ici, si il va repartir le soir, bref, je me fais mes films avec Copain. Mais là, choc thermique.
Déjà que je suis encore dans les bidonvilles de mon cauchemar, poursuivie par un espèce de vizir tyran qui veut exercer le droit de cuissage, il me suffit de regarder par la fenêtre pour comprendre que j'ai intégré une autre planète, et pour de vrai.
Tout est blanc. Mais partout.
Il n'y a plus de lac, plus de Copain, plus de toits, plus d'arbres marrons, plus d'herbe, plus de feuilles qui volent. Plus mon environnement habituel, je suis paumée, complètement paumée.
Première réaction, la respiration qui se coupe quelques secondes.
Puis, je redescends lentement.
Je prends conscience que je suis bel et bien réveillée, que le vizir n'existe pas et qu'il a neigé pendant la nuit.
Finalement, j'explose de rire, nerveusement. Un rire bien moche, comme celui de la fée Carabosse.
Moins de dix secondes plus tard, je pleure à chaudes larmes, j'appelle le bonhomme, je pleure encore et encore, il ne comprend rien, alors je dis tout et n'importe quoi, car moi-même je ne sais pas pourquoi je pleure.
Dans la journée, ma mère m'a expliqué que c'était la neige qui avait provoqué ça, que c'était normal. J'ai pas cherché à comprendre plus, ça m'a soulagé, c'était déjà ça.
Quelque part, je me dis que bien que je n'aie plus d'attache nulle part, je n'en reste pas moins une fille qui a vécu 22 ans dans le sud, où quand il y avait 1 centimètre de neige tous les quatre ans, on fermait les écoles, les lycées et où la vie s'arrêtait pendant 24 heures.
Et je crois bien que je ne suis pas habituée à voir mon environnement recouvert de blanc. Ca angoisse légèrement.
Bref.
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Toute la matinée, j'ai vu défiler des enfants vêtus comme des esquimaux faire de la luge avec leurs parents, des jeunes du lycée faire des batailles de boule de neige. J'en ai même vu deux complètement tarés traverser le lac à pieds, fiers d'eux, pendant qu'un autre sur la berge les filmait.
Puis j'ai observé les pauvres petites poules d'eau qui m'ont fait de la peine à se suivre  énergiquement les unes les autres sur la neige en piaillant, à probablement chercher un petit point d'eau qu'elles n'ont jamais trouvé. Les mouettes n'ont pas arrêter de voler en groupe au-dessus des autres, et Copain n'a pas montré le bout de son bec, à mon grand désarroi.
Pendant ce temps-là, les flocons continuaient de tomber et de venir épaissir le manteau blanc.
Finalement, le spectacle était magnifique. Alors j'ai repris le sourire.
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Cela s'est regâté quand il a fallu sortir. Ben oui, parce que comme par hasard, j'ai choisi ce jour-là pour trouer le dessous de mes bottes. J'ai donc marché les pieds trempés toute la journée, au point de les sentir brûlés le soir. Et entre temps, j'ai trouvé le moyen de casser la fermeture éclair de la botte droite, que je n'ai plus pu fermer. D'abord, trop la classe. Ensuite, c'était comme si j'avais une jambe directement dans la neige pendant des heures, c'était une expérience formidable.
Mais surtout, j'ai sans cesse pensé à ceux qui sont dehors par ce temps, la nuit, le jour, tout le temps. J'aurais tellement aimé qu'on fasse plus lors de l'Opération Remplissons le Carton, mais quand je vois que pour ouvrir la fenêtre et prendre les photos je suis obligée de mettre la doudoune, je me dis que de savoir que certains cous, doigts et têtes sont réchauffés un minimum ces jours-ci, c'est un premier petit truc qui n'aura pas servi à rien.
Vous avez continué à me demander l'adresse pour envoyer des paquets, notamment grâce à Clarélis qui a encore relayé l'info, donc c'est dit, nous continuons. Si vous avez des chaussettes pour hommes qui trainent, que vos maris ne mettent plus, n'hésitez pas. Et si vous avez des bonnets, écharpes et gants, on prend aussi.
Je n'ai pas pu continuer la distribution la semaine dernière à cause de la grève du RER, mais si j'ai accumulé quelques autres paquets d'ici la rentrée 2010, nous en referons une belle.
(j'ai eu un autre paquet la semaine dernière, et je continue à tricoter, malgré une tendinite du pouce, donc ça avance plus lentement qu'avant, mais ça avance).
Pour rester dans le délire neige Noël et fêtes, je voudrais vous demander de m'envoyer une photo de vos sapins de Noël à [email protected] si vous le pouvez et voulez. On fera un billet tout illuminé avec eux, comme ça. Ca vous dit?
PS : j'ai aussi rêvé que j'étais en colo je ne sais où, et que c'était Hugo Lloris, le gardien de l'Equipe de France qui faisait la vaisselle. Parfois, on ne peut vraiment pas expliquer ce qui se passe dans nos têtes la nuit ...


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