La parabole du festin

Publié le 04 janvier 2010 par Lilianof

LUC 14.15/24

LA PARABOLE DU FESTIN

INTRODUCTION :

Les pharisiens n’étaient pas particulièrement amis avec Jésus, mais ce jour-là, pourtant, un jour de sabbat, l’un des chefs l’avait invité, non pas par amitié, finalement, mais plutôt pour observer son attitude et jaser ensuite librement sur son compte. Toujours fidèles à eux-mêmes !

J’ai l’impression, en lisant ce texte, que l’ambiance à table n’était pas tout à fait conviviale. Pas de chansons, pas d’histoires comiques, pas même une petite anecdote amusante. On restait braqué théologie.

Jésus profitait de la situation pour narrer quelques paraboles et prodiguer quelques conseils en rapport avec la substantiation. Par exemple :

Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, tes frères, ta parenté ou de riches voisins, car ils pourraient t’inviter à leur tour et te payer ainsi de ta peine. Non, si tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des paralysés, des aveugles. Si tu fais cela, tu en seras très heureux, précisément parce que ces gens–là n’ont pas la possibilité de te rendre la pareille. Et Dieu te le revaudra lorsque les justes ressusciteront.” (Luc 14:12-14 Sem)

Les pharisiens, quant à eux, sans doute aussi dans le but d’impressionner Jésus par leur spiritualité, lançaient tant qu’ils pouvaient des réflexions très, très spirituelles :

Qu’il est heureux celui qui prendra part au banquet dans le royaume de Dieu !

Saisissant la balle au bond, Jésus riposte aussitôt par une nouvelle parabole :

Un jour, un homme avait organisé une grande réception. Il avait invité beaucoup de monde. Lorsque le moment du festin arriva, il envoya son serviteur dire aux invités : « Venez maintenant, tout est prêt. » Mais ceux–ci s’excusèrent tous l’un après l’autre. Le premier lui fit dire : « J’ai acheté un champ et il faut absolument que j’aille le voir. Excuse–moi, je te prie. » Un autre dit : « Je viens d’acquérir cinq paires de bœufs, et je m’en vais les essayer. Excuse–moi, je te prie. » Un autre encore dit : « Je viens de me marier, il m’est donc impossible de venir. » Quand le serviteur fut de retour auprès de son maître, il lui rapporta toutes les excuses qu’on lui avait données. Alors le maître de la maison se mit en colère et dit à son serviteur : « Dépêche–toi ! Va–t’en sur les places et dans les rues de la ville et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles, les paralysés… ! » Au bout d’un moment, le serviteur vint dire : « Maître, j’ai fait ce que tu m’as dit, mais il y a encore de la place. » « Eh bien, lui dit le maître, va sur les chemins, le long des haies, fais en sorte que les gens viennent, pour que ma maison soit pleine. Une chose est sûre : pas un seul des premiers invités ne goûtera à mon festin. »” (Luc 14:15-24 Sem).

Cette parabole s’adresse directement au peuple de Jésus, le peuple juif : ce sont eux qui ont rejeté le Messie, mais elle s’adresse tout aussi bien aux « gentils » et, en général, à notre société.

Nous voyons dans ce récit que beaucoup de personne ont été invitées mais que toutes ont décliné cette invitation en invoquant des excuses futiles. L’interprétation première est celle-ci : Dieu a d’abord appelé au salut son peuple élu. Celui-ci ayant refusé cet appel, il le réserve maintenant aux nations païennes.

Ce texte ne permet pas d’étayer une certaine doctrine selon laquelle Dieu aurait « déshérité » Israël en faveur de l’Eglise. Dieu n’a pas rejeté son peuple. Disons qu’il la placé sur sa liste d’attente.

LES AFFAIRES

Le premier vient d’acheter un champ.

Je suppose qu’il ne l’a pas acheté pour le regarder, mais pour le cultiver.

Je viens d’acheter un champ, maintenant, je voudrais voir comment il est : s’il n’est pas trop pentu, s’il n’y a pas trop de cailloux. En bref, je dois aller l’essayer.

Ce n’est pas très logique. Quand vous achetez une maison, je suppose qu’avant de signer chez le notaire, vous commencez par la visiter. Lui, il fait tout le contraire : il fait le tour des banques pour trouver un crédit, il achète la maison, et Dieu sait combien tout cela est compliqué ! Et une fois qu’il a les clés, il se décide à la visiter pour savoir si elle lui plaît ou non !

Un champ : voici la priorité qui surclasse l’invitation de Jésus !

Le travail, les affaires.

Ma production, mon entreprise, ma carrière.

Ce n’est pas un péché de réussir dans son métier. Ce n’est pas non plus un péché d’être riche.

Le péché, c’est la cupidité, l’avarice, l’égoïsme. Ne pas penser aux pauvres, ne vivre que pour amasser de l’argent. Ne pas penser à Dieu !

“Jésus leur raconta alors cette parabole : – Le domaine d’un riche propriétaire avait rapporté de façon exceptionnelle. L’homme se mit à réfléchir : « Que faire ? se demandait–il. Je n’ai pas assez de place pour engranger toute ma récolte ! Ah, se dit–il enfin, je sais ce que je vais faire ! Je vais démolir mes greniers pour en construire de plus grands, et j’y entasserai tout mon blé et tous mes autres biens. Après quoi, je pourrai me dire : Mon ami, te voilà pourvu de biens en réserve pour de nombreuses années. Repose–toi, mange, bois et jouis de la vie ! » Mais Dieu lui dit : « Pauvre fou que tu es ! Cette nuit même, tu vas mourir. Et tout ce que tu as préparé pour toi, qui va en profiter ? » Voilà quel sera le sort de tout homme qui amasse des richesses pour lui–même, au lieu de chercher à être riche auprès de Dieu.” (Luc 12:16-21 Sem)

On se souvient de Serge Gainsbourg, qui scandalisa la France entière en brûlant un billet de cinq cents francs devant les caméras de télévision.

Un acteur américain dont j’ai oublié le nom, après tout peu importe, avait décidé de passer avec sa femme quelques jours en amoureux dans une grande suite avec une grande baignoire. Et pour bien montrer qu’il ne savait que faire de tout son argent, il fit remplir sa grande baignoire de champagne.

La femme de ménage, voyant que le liquide contenu dans la baignoire n’était pas très limpide conclut que c’était de l’eau sale et tira la bonde.

Combien de sacs de riz auraient pu être acheminés vers l’Afrique au prix de ces hectolitres de champagne déversés à l’égout !

Gardons plutôt à l’esprit l’exemple de Monsieur Le Tourneau, richissime industriel, américain lui aussi, malgré son nom français : Il ne s’encombrait pas de polémique au sujet de la dîme. Il retenait cette dîme pour lui-même, et les neuf dixièmes qui restaient : c’était pour Dieu.

LES BIENS MATERIELS :

Le deuxième vient d’acheter cinq paires de bœufs.

Même remarque que pour le premier. En principe, on n’attend pas d’avoir acheté une voiture pour l’essayer. Bon ! Ça le regarde, après tout !

Acheter une belle voiture, acheter une moto, il y a tant de choses qui nous feraient plaisir !

Avoir une belle voiture, ou une motocyclette, ou une belle maison, ce n’est pas non plus un péché. Encore une fois, c’est une question de priorité.

“Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez–vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.” (Matthieu 6:19-21 NEG)

Autrefois, les gens achetaient selon leurs besoins : L’homme qui avait acheté des bœufs en avait assurément besoin pour cultiver. Mais avait-il une charrue si lourde qu’il lui en fallait dix ?

De nos jours on achète selon nos désirs, et on transforme nos désirs en besoins. Quand on a réussi à posséder le dernier bidule à la mode, on nage dans un bonheur immense, mais on déchante très vite, car la déesse Technologie a déjà créé un nouveau bidule qu’il faut à tout prix posséder si on veut vivre heureux pour les trois mois à venir.

Je me souviens de la mode des barbecues, dans les années soixante. Pas le mécano en fer-blanc qui se démonte sans prévenir quand on essaie de le déplacer : le vrai barbecue en brique. Tout le monde vendait des barbecues, alors il fallait absolument que les gens en achètent. Les émissions de radiophonie parlaient de barbecue à tout propos, les chansons à la mode parlaient de barbecue, les films à la mode en parlaient aussi. Jusqu’au beau jour où tout le monde avait son barbecue, et il a fallu inventer autre chose.

Il y a eu plus tard le magnétophone à cassettes, rudimentaire appareil vendu avec une housse de cuir et un microphone de mauvaise qualité.

Philips avait donc inventé le magnétophone à cassettes, mais personne n’avait encore inventé les cassettes enregistrées, si bien que tout le monde se précipitait pour acheter un appareil qui ne leur servait à rien.

C’est une fois qu’ils sont passés à la caisse qu’ils ont commencé à se poser la question : Et maintenant, qu’est-ce qu’on va faire de ce truc ? Alors on enregistrait n’importe quoi : les bruits de la rue, les gazouillis du bébé, et surtout, à l’heure du repas, on branchait l’appareil sur la table pour enregistrer les émissions de radio et de télévision. Malheur à celui qui osait dire : « Passe-moi le sel ! »

« Chuuuuuuut ! »

Et toute la famille le fusillait du regard.

Écoutons les réflexions de Salomon qui avait tout essayé :

“J’ai entrepris de grands travaux. Je me suis bâti des maisons. Je me suis planté des vignes. Je me suis aménagé des jardins et des vergers et j’y ai planté des arbres fruitiers de toutes sortes. Je me suis fait des bassins pour irriguer des pépinières où croissent des arbres. Je me suis procuré des esclaves et des servantes, j’ai eu du personnel domestique. J’ai possédé en abondance du gros et du menu bétail, bien plus que tous ceux qui m’ont précédé à Jérusalem. Je me suis amassé de l’argent et de l’or, provenant des trésors des rois et des provinces. Je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses et j’ai eu ce qui fait les délices des hommes : de nombreuses belles femmes…

On peut dire, en effet, qu’il ne s’est privé de rien, Salomon : trois cents femmes et sept cents « copines » !

Ainsi je devins puissant, et je surpassais tous ceux qui m’ont précédé à Jérusalem. En tout cela, ma sagesse m’assistait. Je ne me suis rien refusé de tout ce que je voyais. Je ne me suis privé d’aucun plaisir. Oui, j’ai joui de tout mon travail et c’est la part que j’ai retirée de toute la peine que je me suis donnée. Puis j’ai considéré l’ensemble de mes réalisations, et toute la peine que je m’étais donnée pour les accomplir. Et je me suis rendu compte que tout est dérisoire : autant courir après le vent. Il n’y a aucun avantage à tout ce qu’on fait sous le soleil.” (Ecclésiaste 2:4-11 Sem)

On sait que Salomon, réputé pour sa sagesse, a plutôt mal terminé sa carrière alors qu’il s’est enorgueilli de toutes ses richesses.

Les frères Grimm ont écrit un conte intitulé « Le pêcheur et sa femme ». Ce qu’il avait de particulier, ce conte, c’est qu’il n’a pas été écrit en allemand, mais en frison, dialecte du nord-ouest de l’Allemagne.

Sur la côte frisonne, un pêcheur a pêché un poisson qui parle. Ça ne se pêche pas tous les jours. Et le poisson lui dit :

« Si tu me rejettes à la mer et si tu fais un vœu, je l’exaucerai, et je reviendrai me faire pêcher tous les ans, le même jour. Qu’est-ce qui te ferait plaisir ?

– Eh bien ! J’habite une cabane en ruine, j’aimerais bien une maison décente. »

Aussitôt, le taudis du pêcheur se transforme en agréable maisonnette. La mer est belle est calme.

L’année suivante, fidèle à sa promesse, le poisson revient exaucer un vœu du pêcheur :

« Maintenant que j’ai une maison, j’aimerais bien une terrasse, et une ou deux pièces en plus. »

La maison s’agrandit, la mer est calme.

L’année suivante, le poisson revient encore.

« Maintenant que j’ai une belle maison, j’aimerais bien avoir un château. »

La maison se transforme en château, la mer est peu agitée.

Une année passe encore :

« Maintenant que j’ai un château, j’aimerais bien être duc ou marquis. »

Et notre pêcheur entre dans l’aristocratie. La mer est agitée.

Année suivante :

« Maintenant, j’aimerais bien être roi. »

Notre marquis devient roi, et la mer est houleuse.

Année suivante :

« Maintenant, j’aimerais bien être pape ».

Le roi devient pape, et la mer devient franchement mauvaise.

L’année suivante, enfin :

« Maintenant, j’aimerais bien être Dieu. »

Une terrible tempête se lève alors, et l’homme, avec sa femme, redevient pêcheur, dans son ignoble cabane de planches.

N’avons-nous besoin que de biens matériels :

“Mais Jésus répondit : – Il est écrit : L’homme n’a pas seulement besoin de pain pour vivre, mais aussi de toute parole que Dieu prononce.” (Matthieu 4:4 Sem)

Réfléchissons à cette parole de l’apôtre Paul :

“Je sais vivre dans le dénuement, je sais aussi vivre dans l’abondance. C’est le secret que j’ai appris : m’accommoder à toutes les situations et toutes les circonstances, que je sois rassasié ou que j’aie faim, que je connaisse l’abondance ou que je sois dans le besoin.” (Philippiens 4:12 Sem)

LES SENTIMENTS :

Le troisième vient de se marier. Il vient de prendre femme et lui aussi voudrait l’essayer.

Le mariage est en soi une chose excellente. Nous croyons qu’il est institué par Dieu :

“L’Eternel Dieu dit : – Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide qui soit son vis–à–vis. L’Eternel Dieu, qui avait façonné du sol tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, les fit venir vers l’homme pour voir comment il les nommerait, afin que tout être vivant porte le nom que l’homme lui donnerait. L’homme donna donc un nom à tous les animaux domestiques, à tous les oiseaux du ciel et aux animaux sauvages. Mais il ne trouva pas d’aide qui soit son vis–à–vis. Alors l’Eternel Dieu plongea l’homme dans un profond sommeil. Pendant que celui–ci dormait, il prit une de ses côtes et referma la chair à la place. Puis l’Eternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena à l’homme. Alors l’homme s’écria : Voici bien cette fois celle qui est os de mes os, chair de ma chair. Elle sera appelée « femme » car elle a été prise de l’homme. C’est pourquoi un homme se séparera de son père et de sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront plus qu’un.” (Genèse 2:18-24 Sem)

Nous encourageons les jeunes gens à rechercher une compagne ou un compagnon et à demander à Dieu de les guider dans leurs choix.

Mais quand il s’agit de sentiments, la relation n’est pas si facile.

Un jeune homme priait ainsi :

« Seigneur, j’épouserai la fille que tu auras choisie pour moi, mais tout de même, j’aimerais tant que ce soit Mademoiselle une telle ! »

Je ne saurai l’en blâmer. J’ai fait, moi aussi, dans ma jeunesse, comme beaucoup d’autres, de mauvais choix concernant ma vie sentimentale, et cela m’a valu des larmes.

Je pourrais raconter quantité d’histoires au sujet de chrétiens qui ont épousé des incroyants et dont l’affaire n’a pas bien tourné, mais je voudrais donner un exemple plus positif :

Tarik était marié à une chrétienne, et pourtant, il n’avait pas le droit d’épouser une infidèle -sourate 2 verset 220 -. Au temps pour lui !

Il s’était fait un point d’honneur d’islamiser sa femme, lui répétant que la Bible était fausse, et que c’étaient les chrétiens eux-mêmes qui l’avaient falsifiée pour cacher la vérité.

Son épouse lui dit un jour :

« Écoute, Tarik, si tu parviens à me prouver que la Bible a été falsifiée, je te le promets, je me convertirai, je deviendrai musulmane. »

Stimulé par cette parole, Tarik se mit à étudier la Bible pour apporter ses preuves, et c’est ainsi qu’il finit par devenir Chrétien.

Rappelons que la vie chrétienne n’est pas facile si l’on se place sur le plan des sentiments et que Jésus nous exhorte ainsi :

“– Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. Et celui qui ne se charge pas de sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Celui qui cherche à sauver sa vie la perdra ; et celui qui l’aura perdue à cause de moi la retrouvera.” (Matthieu 10:37-39 Sem)

CONCLUSION :

Jésus nous invite aujourd’hui à un délicieux repas. Il s’agit évidemment d’une image pour nous parler de la vie éternelle. Quel prétexte allons nous trouver pour refuser son appel et rester dans notre état de perdition ? Allons nous le rejeter, lui qui s'est sacrifié afin de nous donner le meilleur dans notre vie sociale, matérielle et familiale, mais qui veut nous donner une place privilégiée dans son royaume céleste.

“En effet, au moment fixé par Dieu, alors que nous étions encore sans force, le Christ est mort pour des pécheurs. À peine accepterait–on de mourir pour un juste ; peut–être quelqu’un aurait–il le courage de mourir pour le bien. Mais voici comment Dieu nous montre l’amour qu’il a pour nous : alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous. Donc, puisque nous sommes maintenant déclarés justes grâce à son sacrifice pour nous, nous serons, à plus forte raison encore, sauvés par lui de la colère à venir. Alors que nous étions ses ennemis, Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils ; à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons–nous sauvés par sa vie. Mieux encore : nous plaçons désormais notre fierté en Dieu par notre Seigneur Jésus–Christ qui nous a obtenu la réconciliation.” (Romains 5:6-11 Sem)