L'allemand et moi !

Publié le 13 janvier 2010 par Tazounette


Au début, je voulais faire un billet contre la météo mais il me semble que vers chez vous, en France, vous en soupez suffisamment aux infos de 13h, autant qu’à celles de 20h, sur vos pages yah*  et autres médias qui cherchent à faire un sacré bourrage de crâne aux utilisateurs de bagnoles : « n’utilisez pas votre caisse, de toutes façons on ferme les autoroutes pour être sûrs que vous restiez chez vous », gros yeux et doigt accusateur pointé vers le pauvre hère qui pensait pouvoir s’échapper jusqu’à Bruxelles, tout cela dans le but avéré de s’assurer des compteurs aussi bas que possible niveau morts sur les routes. Il est fort Sarko. La France immobilisée, si c’est pas chouette ça ! Ouais, on sent que j’ai les boules grave d’écoper de deux week-end en moins avec mon amoureux sous prétexte qu’il tombe 3 flocons et que les températures maintiennent la couche glissante ? Tant mieux parce que j’ai vraiment les boules ! Mais bon, avec un peu de chance je le verrai avant le mois d’Avril (han, han !).

Mais finalement, non, j’ai décidé que je n’allais pas vous bassiner avec ça. Comment ça, c’est déjà fait ? Mais je ne suis pas du genre à garder mes pensées sans vous en faire profiter… Je suis de nature généreuse, que voulez-vous !

Non, aujourd’hui je vais vous parler de l’allemand. Ce doit être la langue au monde que j’aime le moins. Ceci pour des raisons profondes situées entre le complexe d’Œdipe et d’Eurydice. Puisque en fille, je n’avais pas envie de tuer mon père, saint homme s’il en est un, mais ma mère ! Oui, aussi étrange que cela vous paraisse, j’ai eu de telles idées et je n’ai su le dire qu’avant-hier. Autant dire que ça m’a rongé pendant un bail…

Donc, me voilà, petit bout de chou rentrant en sixième, déjà très atteinte niveau sociabilisation. Les groupes me foutaient l’angoisse. Persuadée que je n’allais écoper que de railleries, moqueries ou insultes, j’évitais d’avoir ne serait-ce que l’idée d’essayer de m’y introduire, encore moins m’y faire une place, pensez-vous. J’étais donc la fille qui n’a jamais de voisins en classe, celle qui baisse la tête tout le temps, qui bafouille quand on l’interroge et qui rit sans comprendre les blagues parce que les autres rient et qu’il faut faire comme eux. Donc, l’arrivée au collège était déjà un calvaire en soi. Mais quand juste avant le premier jour, alors que j’avais dans l’idée de toucher à l’anglais, ma mère m’a fait ses gros yeux et son visage coléreux qui avait le don de me scotcher dans un mutisme total, en me disant d’un ton qui ne souffrirait aucune réponse négative « Tu feras de l’allemand, ma fille ». Non, ma mère n’était pas du genre à laisser ses gosses exprimer leur avis, surtout s’il était contraire au sien. Au mieux on pouvait le dire mais « de toutes façons » il fallait agir selon SON désir. Autant dire qu’il ne servait à rien de l’exprimer si c’était pour être si peu pris en considération. J’ai donc rapidement appris à mouler ma caisse, (entendre « se taire »). Evidemment à cette époque je ne savais pas encore les ravages qu’allaient provoquer de telles actions et à quel point il allait m’être difficile d’apprendre à « démouler ma caisse »…

J’ai donc fait ce qu’on m’a dit. Pendant 12 ans. J’ai fait une croix sur l’espagnol que j’aurais tant voulu apprendre. Fait une croix sur le fait d’être une fortiche dans une classe de passables (classe d’anglais). Et j’ai encaissé le fait d’être à peine moyenne dans une classe de super forts. Pour lesquels j’écopais toujours du « Peut mieux faire » qui avait le don de foutre ma mère en rogne. En même temps elle m’aurait écouté, elle aurait pu être contente de moi. Mais peut-être  que c'était ça le problème, han, han, han. Manque de bol en plus, on avait imposé la même chose à ma sœur, deux ans plus tôt, qui de toute façon n’avait pas d’avis propre, et elle excellait tellement en allemand, qu’on lui avait collé le latin. Ma mère fut déçue quand furtivement je réussis à esquiver le latin, car non, maman, je n’étais pas dans la meilleure classe. OUF !

Bref, donc jusqu’à la fac j’ai Deutsch gesprochen. Et j’ai tellement détesté ! Derrière ce Deutsch, tapie, qui me guettait : l’œil sévère de ma mère m’obligeant à faire selon ses vœux. Pas plus tôt sortie de la fac, j’ai fait un gros paquet de tout l’allemand appris, et je l’ai jeté à la baille (« à l’eau ») avec moult et moult poids, pour que ça descende bien profond, aussi loin de moi que possible. Et j’ai vécu ainsi pleinement, ce rejet total de ma mère ! Presque jouissif, il faut bien le dire.

Je fus ainsi épanouie dans la non-utilisation de cette langue « maternelle » par le fait que le choix me venait d’elle jusqu’à mon contrat d’agent temporaire à la DG Entreprise C3. Qui à mon grand dam est dotée de 2 fringuant allemands, ma chef persuadée que cela me serait utile, m’imposa dans mes « objectifs de carrière », la reprise de cours de langue allemande. Oups. Pitié, non, pas ma mère !!!!

Et si ! Comme quoi, on n’en sort jamais complètement ! Quelle idée aussi d’avoir mis Deutsch sur mon CV, avec à côté une jolie mention « scolaire »…

Me voilà donc en cours de langue allemande depuis le mois d’octobre. A me battre contre mon rejet pour retrouver tout ce petit paquet que j’ai enfoui sous un kilomètre de vase (au moins) dans les interstices plus que profonds de mon cerveau. Et je me bats constamment contre les jolis mots d’anglais qui affluent à grandes eaux dès que je dois Deutsch sprechen, mots d’anglais qui ne me viennent jamais en temps utile, par exemple, lorsque je suis au téléphone avec un abruti qui commence à causer allemand, auquel je réponds en anglais et qui au vu de mon accent se doute qu’il vaut mieux parler français et qu’il le fait, le con !!!!

Bref. Vive la Commission européenne !

J’en chie donc ma race, 2 fois par semaine depuis le mois d’octobre. Durant 2 mois nous avons étudié à partir d’un bouquin et vous me croirez ou non, c’était un bouquin relativement fastoche. Même que je comprends à peu de choses près, tout ce que dit le prof durant un cours. Les exercices, ça va à peu près et les textes « die Finger in der Nase ».

Et puis la fin du mois de novembre est arrivée. Et là le prof (turc !) a fait un total craquage et le livre étant fini, s’est mis à nous refiler des textes sur policopiés dont le niveau n’avait rien à voir avec le bouquin susnommé. Les boulasses. D’un seul coup on se retrouve dans la peau d’un débutant qui ne comprend qu’un mot sur 12 et je parle des bons jours. Il m’est même arrivé de ne rien comprendre et de ne me bloquer totalement, genre je deviens une huître, foutez-moi la paix, vos gueules, merci maman !

Bref. Tout ça pour nous entraîner pour la future interro qui sera forcément imbitable. Si ça c’est pas de la pédagogie, je ne m’y connais pas.


Bon dans notre malheur nous avons écopé d’un adorable professeur qui a daigné nous faire tirer au sort et à l’avance, nos sujets d’oral pour demain, histoire qu’on ait le temps de préparer notre intervention. Et pour une fois que la chance a voulu que je tire le sujet que je voulais, je ne vais pas me plaindre !

Allez, salut à tous, je vais Deutsch sprechen !

;o(