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Premier contact avec le Portugal

Publié le 03 février 2010 par Araucaria

Un Portugal d'outre mer : Madère. Et quel contact. Je n'oublierai pas!
Premier contact avec le Portugal Portrait d'Henri le Navigateur, représenté sur le Polyptyque de Saint Vincent , de Nuno Gonçalves .(Photo trouvée sur le net)

" Les voyages organisés,                                                                                    Certains pisse-froid vous expliqueront qui z'aiment pas ça
Mais ce ne sont que billevesées
Dans les voyages organisés on fait rien que s'amuser" (Pierre Perret)
En fait, il ne s'agissait pas d'un voyage organisé mais d'une excursion, nous vantant les charmes de cette île à la végétation luxuriante.  Nous devions visiter partiellement  Madère, goûter à la délicieuse poncha, nous pencher un peu (mais pas trop) à Cabo Girao et puis nous laisser bercer par la voix mélodieuse de notre guide, nous contant la conquête de l'archipel par le célèbre Prince Portugais,  Henri le Navigateur... Henri le Navigateur, je vais me montrer un peu audacieuse, mais si j'ose dire, c'est un vieil ami rencontré souvent au hasard des livres de marins ou d'aventures marines. Donc je me réjouissais, ma curiosité allait être satisfaite, j'allais en savoir plus sur cet illustre personnage, et je découvrirais avec bonheur la faune et la flore de cette île paradisiaque...
Nous avons partagé notre autocar avec des touristes Italiens et avons fait connaissance avec notre guide qui semblait atteindre le cinquième âge; ceci n'est pas un problème en soi, l'âge peut être un avantage puisque le cumul des ans s'accompagne aussi de celui des connaissances... Mais hélas chacun sait aussi que l'homme n'est pas comme le vin, et que le premier ne se bonifie pas toujours avec les années, mais qu'il s'aigrit au contraire. C'est que qu'il a du arriver à notre malheureuse guide.
Notre guide commentait en Italien... depuis un certain temps. L'accompagnatrice du navire est allée aimablement la prévenir : "Vous oubliez les Français..." qu'avait-elle osé dire la pauvre jeune fille! Aboiement de la guide : "Le tour des Français viendra après! Vous m'avez coupée. J'ai perdu le fil!". L'employée du navire est allée toute penaude rejoindre le fond de l'autocar et le silence est devenu tel qu'il était possible d'entendre voler une mouche.
Par la suite quelques excursionnistes ont osé questionner, des "kamikazes" sans doute... même accueil de la guide. Nous avons quand même appris que la morue était devenue une denrée de luxe, et que le plat traditionnel de Noël à Madère était le porc à l'ail et au vin, mais une dame qui insistait pour connaître les spécialités de  l'île s'est entendue répondre sur un ton hargneux : "Madame, vous avez un papier et un crayon pour que je vous copie les recettes?"... Mais la touriste persistait... lorsqu'elle a demandé si la langue était restée la même, si le Portugais de Madère était celui du continent... la guide a vu rouge : "Madame le Français est-il partout le même? L'accent de Paris et celui de Chartres sont-ils les mêmes?"... Autres amabilités lorsqu'il a été demandé quelques secrets de fabrications du vin de Madère, la guide assurant "Qu'elle connaissait un peu car son père était viticulteur!"... Avec tous ces évènements fâcheux, la guide avait, en dehors de ses interventions musclées en français, continué la visite en italien (personne n'osant plus revendiquer quoi que ce soit) et naturellement nous n'avons plus rien appris des exploits de Henri le Navigateur... Il me faudra recourir aux livres pour en savoir plus sur ce courageux personnage. Oui, il en fallait du courage pour partir sur l'Océan à la découverte du monde, sur un fragile bateau de bois, au XVème siècle...
En dehors des chats et chiens, pas d'animaux sur Madère... Des bananiers, des cannes à sucre, des arbres surprenants, des oiseaux de paradis, des bougainvilliers, des hibiscus... De magnifiques broderies de Madère, aperçues dans des vitrines à Ribeira Brava... Pourtant il me reste de cette promenade un goût amer, qui fait que j'ai préféré de loin Lanzarote, île pelée dépourvue d'eau et pauvre en végétation, et son désert de Timanfaya. Il suffit de si peu de chose, un simple grain de sable parfois fait qu'une fête est gâchée. Le mauvais accueil de cette guide acariâtre m'a fait rater mon premier rendez-vous avec le Portugal et Henri le Navigateur, dommage... Je ne désespère pas cependant de découvrir un jour Lisbonne sous les meilleurs auspices... Oui, j'en suis certaine, le temps de la réconciliation viendra.

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