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Qui veut la peau des kiosques ?

Publié le 08 février 2010 par Franck Aniere

Bon, cet article va sembler un peu provocateur, mais je le retiens depuis longtemps et j’ai vu quelque chose à midi qui m’a donné envie de l’écrire.

Il y a une chose qui m’énerve au plus haut point, c’est la concurrence déloyale. Dans une branche concernée par l’objet de ce blog, cette concurrence commence à prendre des proportions inquiétantes, que l’on pourrait qualifier de dérive malsaine. Cette branche, c’est la presse.

Cela fait un moment maintenant que les grandes surfaces disposent d’un rayon presse. Ca ne date pas d’hier, et c’est très pratique lorsqu’il n’y a pas de librairie (ou kiosque ou maison de la presse) à proximité. Mais que penser de grandes surfaces qui ouvrent un rayon presse lorsqu’il y a déjà un magasin vendant cette fameuse presse dans la même galerie marchande ?

J’ai assisté à ce phénomène de nombreuses fois. Dans une galerie marchande disposant déjà d’un point de vente de presse, l’hypermarché se met soudain à en vendre également. L’effet « mouton » aidant, les gens trouvent plus pratique d’acheter leurs magasines en faisant leurs courses. Résultat, la librairie tient tant qu’elle peut, puis finit par fermer.Certes, il y a peut être d’autres facteurs qui peuvent entrer en compte, notamment liés à la vente de produits liés au tabac. Mais à mon avis ces autres facteurs sont un peu la cerise sur le gâteau…

En ce qui me concerne, je suis absolument ulcéré par ces pratiques. La lutte est inégale, et l’issue toujours la même.Et de toutes façons, c’est le client qui sera perdant même s’il ne s’en rend pas compte tout de suite. Parce que pour autre chose que de la vente simple, il n’y a aucune comparaison entre un rayon presse et un libraire ! Essayez donc de commander un ancien numéro d’une revue ou de demander un renseignement dans une grande surface, vous m’en direz des nouvelles ! Et pour ce qui est des comics, leur présence en grande surface est plus qu’aléatoire, et si on ne se jette pas sur les magazines le jour de leur sortie il est illusoire d’espérer les trouver en bon état (ce qui peut aussi être vrai dans certaines librairies je le concède).

Il y a un grand centre commercial pas loin de chez moi, qui disposait d’une librairie (de bonne taille). L’hypermarché – situé juste en face – a ouvert son rayon presse, et désormais il n’y a plus de librairie.  Et la même chose va sûrement recommencer non loin de mon lieu de travail : alors qu’il y a une librairie qui marche très bien depuis quelques années, l’hypermarché – là encore juste en face de la boutique en question – annonce fièrement l’ouverture prochaine de son rayon presse, avec d’énormes pancartes pour être sûr que tout le monde le sache. En étant optimiste, je donne un an à la librairie pour  être remplacée par une boutique de vêtements.

Je ne veux certes pas diaboliser les grandes surfaces en m’auto-proclamant porte-parole des petits commerces, je n’ai pas cette prétention. Mais je suis attaché à certaines valeurs que je qualifierais de « bon voisinage ». Pourquoi diable se mettre à vendre la même chose qu’en face alors que le besoin n’est pas forcément présent ? Je ne pense pas que ces hypermarchés toujours bondés soient tellement dans le besoins qu’il faille absolument ajouter un rayon de ce type pour les sauver du naufrage…

Naïf ? Peut-être. Idéaliste ? Certainement. Mais on ne se refait pas…


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