"N'oublie jamais"

Publié le 18 février 2010 par Tazounette


C’était mercredi soir…

J’étais rentrée de mon shopping post-taff, j’avais déposé mes achats consciencieusement autour de moi. Je m’apprêtais à faire un peu de couture, bonnes affaires obligent. Mon repas rapidement cuisiné, je me préparais à attraper mon ouvrage de point de croix (j’ai toujours eu du mal à regarder la télé sans rien faire, sauf quand je suis dans les bras de mon Amoureux mais ce n’est pas toujours possible), j’ai surfé sur le net à la recherche des principaux programmes de télé : TV française et TV belge…

Passer ma soirée devant la série The Mentalist étant proprement inenvisageable, il me fallait trouver un substitut à ce navet notoire. Mon œil a vite abandonné les TV française pour se tourner vers la belge… Rien qu’à la lecture du synopsis, j’étais impatiente d’en voir davantage… C’était le film « N’oublie jamais ».

Le film commence, nous sommes dans une immense demeure, une maison de repos. L’héroïne a la maladie d’Alzheimer et un homme vient lui fait la lecture. On comprend qu’il vient tous les jours, et qu’il reprend la même histoire à chaque fois.


 

L’histoire contée est celle d’une jeune fille de grande famille fortunée, Allie, qui rencontre un jeune homme sans le sou, Noah. Les deux jeunes gens âgés de 17 ans tombent amoureux durant l’été (années 50). Une grande et belle histoire, qui s’achève sur un malentendu, les parents d’Allie étant contre ce qu’ils pensent être une amourette… Noah et Allie s’éclipsent pour ce qui aurait pu être leur première nuit dans une demeure délabrée, ancienne plantation. Noah lui fait le promesse de l’acheter un jour, de la retaper, de lui offrir une pièce pour sa peinture… Mais Allie doit partir à la rentrée à l’université, à New-York, à l’autre bout du pays… Les deux amoureux se disputent devant l’issue fatale qui semble se profiler. Les parents d’Allie, décident d’écourter les vacances. Allie part prévenir Noah de son départ à la scierie où il travaille. Il est parti en livraison, elle laisse le message à son ami, Phin (soupir), qu’elle aime Noah. Allie part à l’université.


 


Pendant 1 an, chaque jour, Noah écrit une lettre à Allie qui ne reçoit aucune réponse, la mère interceptant les courriers du cœur. Les années se passent, Noah s’engage dans l’armée, part pour le front, durant 7 ans.

Pendant ce temps, Allie devient infirmière, elle part soigner les blessés sur le front et rencontre un soldat. Ils tombent amoureux. Il est d’une famille fortunée du sud, comme elle. Il plaît aux parents, il la demande en mariage, elle accepte.



 

Noah rentre du front, et il croise son Allie, embrassant son nouvel amour… Il rentre néanmoins chez son père qui lui annonce qu’il a vendu la maison et qu’avec l’argent obtenu, son fils peut acheter la maison de la plantation. Il l’aide à rénover la bâtisse. Noah malheureux se rompt au travail. La demeure est fin prête. Il décide de la vendre. Un article paraît dans le journal local. Allie voit l’article et annonce à son futur mari qu’elle doit s’absenter. Elle se pointe à la plantation. L’amour est toujours là. Folles nuits. Mais sa mère se pointe bientôt lui expliquant que son futur mari est en ville. Allie se trouve devant un choix à faire.


Noah. Ou son futur mari. Sa mère l’emmène à la scierie et lui montre un homme, au loin en train de travailler. Elle lui explique qu’elle a aimé cet homme éperdumment lorsqu’elle avait le même âge qu’Allie. Elle a choisi le père d’Allie pour sa famille. Elle l’aime aussi mais voilà, quoi, et les larmes coulent sous l’émotion. Elle lui demande de choisir. Retour à la maison de Noah où elle donne à sa fille l’ensemble des lettres de Noah. Allie ne sait que choisir, elle doit retourner à l’hôtel où son futur l’attend. Noah lui explique qu’elle est la femme de sa vie, qu’il ferait tout pour avoir la chance de la voir chaque jour… Mais il lui demande de choisir mais de ne choisir ni pour lui, ni pour ses parents, ni pour la promesse à tenir envers le futur… De choisir pour elle. Pour ce qu’elle souhaite, elle. Elle se pointe à l’hôtel et discute avec son futur, qui lui explique qu’il comprend qu’elle ne puisse oublier son premier amour, que ce n’est pas ce qu’il lui demande. Il l’aime, c’est tout.

 


A ce moment-là, on revient à la vieille dame sur son banc, à côté de cet homme qui lui fait la lecture. Elle se demande, face à tant de suspense ce que la jeune femme a choisi. Le vieil homme continue alors sa lecture…

Noah est sur la terrasse à l’étage de la grande demeure, il entend un bruit, se tourne et aperçoit la voiture d’Allie. Elle descend les bagages et ils se sautent au cou.

Retour au présent… Il fait nuit à présent. La vieille dame se souvient que c’est elle Allie, et elle se tourne vers le vieil homme et lui dit « Mais alors, c’est toi Noah ! oh ! Mon amour, tu es toujours là ». « Je serai toujours là, toujours là pour faire en sorte que tu te souviennes ». Il la fait entrer dans un salon où il a déposé des bougies, préparé un repas aux chandelles. Ils allument la musique, se mettent à danser. Et elle demande « pendant combien de temps vais-je me souvenir », « oh, l’autre jour c’était pendant 5 minutes ». Ils dansent encore quelques minutes, s’assoient à la table et d’un seul coup, la mémoire lui échappe de nouveau. Se met à crier qu’elle ne le connaît pas et les infirmières arrivent. Noah sait qu’il doit la lâcher, que ça ne sert à rien.

Il pleure car il sait que le lendemain, il devra recommencer sa lecture. Il s’allonge sur son lit, attrape le livre relié qu’il lit chaque jour et à l’intérieur, la dédicace suivant :

« Récits de nos vies, Allison et Noah, à me lire pour que je n’oublie jamais »

Noah subit une attaque. Pendant plusieurs jours il ne peut lui faire la lecture. Il s’échappe dès qu’il se sent mieux et la rejoint dans son lit à l’insu du plein gré de l’infirmière. Allie se souvient : « L’amour peut-il faire des miracles » lui demande-t-elle. Il lui répond « Oui, l’amour fait des miracles puisque tu te souviens, même pas longtemps, mais tu te souviens ». « Crois-tu que l’amour puisse faire que nous partions tous les deux pendant que je me souviens ? ». « L’amour peut tout », dit il, en enlaçant sa main, en la rejoignant sur son petit lit, avant que le film ne se termine sur une envolée de canards sauvages…



 

Rien qu’en racontant de nouveau, je pleure comme hier soir… J’ai tant rêvé d’un tel amour qui pouvait traverser la vie sans rien perdre en cours de route… Les acteurs sont magnifiques, les images sublimes, et les textes, ni trop, ni trop peu… A aucun moment ne frisant, ni le culcul, ni le fleur bleue. Le tout servi par des acteurs de talent, pas de têtes d'affiche et ça fait du bien...

Une histoire, terrible, Cette maladie qui fait tout perdre et cet amour fou qui fait qu’il ne peut renoncer à l’espoir de la voir revenir, à chaque fois que la maladie fait qu’elle lui échappe.

C’est ce que peuvent accomplir deux « belles âmes » qui se trouvent, qui ne cessent de construire tout en se laissant mutuellement de la place pour vivre…

C’est mon souhait. C'est MON rêve. Rien d’autre.
Vieillir ensemble sans que jamais l'amour ne se dilue… Intact encore, même juste avant de partir. Le même respect, la même envie de l'autre, le même cadeau de cette main ouverte, ce même besoin de partager un seul jardin, issu des deux...