19° jour 10 mars 2010 (mercredi 10 mars 1915)
Reniement de Saint Pierre
Il a été présomptueux notre Apôtre, mais il serait parfait dans son repentir.
Pierre avait suivi le Maître de loin : ne lui avait-il pas promis de mourir avec lui ? A la porte de la cour du Grand Prêtre, Jean dit un mot à la portière qui le laisse passer avec
Pierre.
Jean entre vite dans la salle du jugement ; Pierre reste dans la cour pour se chauffer et se mêler avec les hommes de garde.
Après avoir répondu par deux fois à une servante : « Je ne connais pas cet homme », il affirme à toute la valetaille qui le guette, qu’il n’a jamais été des siens.
C’est alors que le coq, par son chant, accomplit la prophétie du Divin Maître. A ce moment, la parole expire sur les lèvres de l’Apôtre renégat, le souffle lui manque, le vertige l’aveugle, il
lui semble que la terre va s’entrouvrir pour l’engloutir.
Est-ce que le Sauveur va abandonner celui qui, après avoir été le plus ardent dans ses promesses, vient d’être le plus lâche dans sa trahison ?
Non, car Pierre espéra malgré tout en la bonté miséricordieuse de l’Homme Dieu, dans cette bonté qui brille jusqu’au fond de son âme malheureuse.
En quittant Caïphe, Jésus repasse dans la cour maudite, puis se retourne vers son Apôtre, non seulement avec la douleur d’un trahi, mais surtout avec l’appel au repentir.
Et c’est ce regard divin qui a brisé l’âme de Pierre ; aussi va-t-il s’enfuir dans la nuit pour inonder les chemins de ses larmes brûlantes qui seront son salut.
Jamais le Maître Divin ne lui reprochera son triple reniement : il se contentera de lui demander en retour un triple témoignage d’amour.
C’est parce que Pierre n’a su ni veiller ni prier, ni rester uni à son Dieu, qu’il s’est conduit en véritable traître.
Moi aussi, c’est le manque de vigilance, de prière, uni à l’oubli de mes Communions, et à la recherche de mes plaisirs qui me feront trahir les promesses que j’aurai faites à mon Dieu.
Prière
Mon Bon Jésus, quand j’aurai commis une faute grave, donnez-moi la grâce de vous regarder avec la même confiance que Pierre, afin que votre regard pénètre jusqu’au fond de mon cœur et lui inspire
le ferme propos, un amour d’autant plus fort que mon infidélité aura été lâche.
Et puis, pour éviter la rechute, faites que je sois plus vigilante, plus pieuse, plus mortifiée, plus unie à vous.
