Sans tabou:épisode11: Lourde révélation

Publié le 29 mars 2010 par Bella_ragatsa

Elle saisissait une cigarette, prit un long souffle comme pour ramasser des détails de son passé jusqu’alors, bien sauvegardés entre elle et sa conscience. Nader, se tut, mais son regard effarouché cria si fort la réalité.
Elle s’accouda sur la fenêtre, sans oser lever les yeux, qu’elle ait bridés comme par désespoir.
- C’était un accident !.... je ne m’attendais pas à une telle ampleur des événements.
Une voiture, les interrompit. Elle se mettait à klaxonner, parce que la voiture de Nader, était garée devant le garage de sa maison.
- Écoute, tu me racontes tout à la boutique !
- Ok ! dit-elle, les yeux mi-clos.
Il démarra sa bagnole et s’enfonça dans l’asphalte. Un petit quart d’heure plus tard, ils furent dans « Sexy girls ». Il ferma à clés la boutique de l’intérieur, mettait la pancarte fermée puis s’asseyait autour du comptoir et dit en la fixant d’un regard intriguant.
- Vas-y, raconte ! et en la regardant avec sévérité, j’ai su depuis le premier jour que je l’ai vu qu’il ne peut s’agir de ton enfant.
Elle s’effondra sur la première chaise qui tombe sur sa vue et dit après avoir laissé échapper un long soupir.
« C’était il y a trois ans, à une époque où mon père m’a mise à la porte par ce qu’il a découvert que j’étais une voleuse. Je n’étais pas dans le besoin. Et je ne sais pas pourquoi je volais. C’était plus fort que moi ; j’aimais avoir ce qui n’était pas à moi, même si je savais bien qu’en le demandant à mon père, il me l’achèterait. Mais je ne prenais goût, à la chose que si elle était volée. Ce que mon père n’avait pas compris, c’est que c’était une maladie, et non comme il me l’a dit en me jetant quelques affaires à la figure, pour l’humilier ou pour me venger de lui car je sentais qu’il ne s’occupait pas assez de moi. »
Elle traça un mystérieux sourire et en osant regarder son patron.
- Même ma colocataire ne m’a pas échappé !
- Qui Ranime ?
- Non, l’autre ! et d’une voix mi-entendue, tu ne la connais pas… je lui ai volé ses boucles d’oreilles et je l’ai ai vendu le lendemain ! et les yeux gonflés de pleurs, le pire, ce que je n’avais pas froid aux yeux d’accuser le connard Miloud de ce vol et de crier si fort que j’étais innocente !
Un petit sourire persiflant se dessina sur le visage de Nader qui murmura.
- T’es vraiment d’une bassesse incroyable !
Elle le contourna d’un regard sombre et poursuivait.
- T’es pire que moi !
- Qu’est ce que tu insinues ?
- Laisse-moi terminer mon histoire tout d’abord ! dit elle en croisant les bras.
« Une fois dans la rue, seule à l’âge de 20ans, sans soutien familial, je reprenais ma mauvaise habitude. Pour cette fois-ci, ce fut différent, je ne volais plus pour le plaisir mais pour subvenir à mes besoins. J’appartenais à un petit village de Jendouba, où la plupart des habitants étaient des bédouins, et n’avaient de sources de valeur, que leur troupeau de moutons ou de vaches, et ça ne répondait pas à mes besoins. Comme résultat et en quête de « la fortune », je quittais le village en direction de Tunis. C’est là, que je menai la belle vie. Les centres commerciaux furent mes pièges, et les filles, à l’apparence aisée, mes victimes favorites.
J’étais vraiment talentueuse en vol, et je ne me suis jamais fait avoir. Je glissai avec une certaine légèreté, ma main comme un fantôme dans la poche de pantalon ou de veste de la fille, et parfois même son sac à main et je prenais tout ce que je voulais sans qu’elle s’en rendait compte.
Une fois, j’étais tellement cupide au point de prendre le portefeuille tout entier, d’une fille que j’ai vu s’éloigner de distributeur de la BIAT. C’était une belle affaire, 500dinars à la fois, et il y avait tous ses papiers aussi et la carte de crédit qu’elle s’en servait.
Ça me suffisait pour deux semaines au moins, mais à part le vol, je me droguais et c’est pour cela qu’une telle somme ne put désormais me suffire que deux jours voir trois.
Mais j’insistais sur cette opération de vol, car elle représentait le départ d’une étape grandiose de délinquance dans ma vie. En fait, en courant vers l’entrée des toilettes pour compter l’argent, une voix masculine me faisait clouer sur le sol du centre. J’étais tellement effrayée, et j’ai cru, que c’était un policier civil qui m’avait vu, et je me disais qu’il est temps que je paye mes crimes. Mais dès qu’il s’approcha de moi, je réalisai qu’il était si jeune, pour être policier. Il devait avoir au plus 18ans. C’était un jeune homme, longiligne et tellement maigre avec des yeux ronds. Je n’oublierai jamais la façon dont il m’a regardé mais surtout ce qu’il m’a dit.
- J’ai tout vu !
- Pardon ! dis-je la face pâle comme un coing.
Il s’approcha encore de moi et sans me quitter des yeux.
- Comment tu fais ? c’est incroyable la façon dont tu as ouvert le sac à main de la fille qui parlait au Gsm, d’une telle rapidité et légèreté qu’elle ne s’était rendue de rien. En me jetant d’un regard plutôt d’admiration, c’est un travail de pro !
Je reculais d’un pas, mais il eut l’intuition que je comptais me fuir c’est pour cela qu’il me tenait par le bras fortement.
- Je ne te veux pas de mal !
- Alors lâche mon bras ! dis-je d’une voix tremblée.
Ses yeux vacillaient d’une lueur mystérieuse.
- Je sais maintenant pourquoi tu réussis tes coups ! je te suivais depuis hier, je t’ai vu voler à trois reprises, et je comprends la raison.
- Quelle raison ? dis-je, sur les nerfs en voulant débarrasser mon bras.
- T’as l’air d’une fille bien, une citadine de bonne famille, t’es bien habillée et tu inspires la confiance visuelle ! et en osant me caresser le visage, c’est exactement ce que je cherche !
Puis me serra la main en se présentant.
- Je m’appelle Mimoun !
C’était le commencement d’une vie mouvementée de vol avec effraction. Ce type, était un maitre dans le domaine. Il avait un petit gang de voyous tous mineurs. Et ils choisissaient pour cible toujours les maisons de gens aisés qui n’étaient pas des résidents permanents, la proie facile. Mais Mimoun avait d’autres projets en tête, il ne se contentait pas de ce type classique d’effraction, avec son modeste réseau de voleurs. C’était la vraie raison de mon recrutement. J’étais dans l’obligation d’accepter, je n’avais nulle part où aller. Il avait un petit studio qu’il louait, et il avait mis à la porte son colocataire pour me laisser la place.
Au début, je dormais dans le lit de son ancien pote, qui n’était qu’un simple matelas par terre devant la petite télé. Le salon était à la fois, la cuisine, et la chambre à coucher. C’était si petit comme espace, et je finissais au bout des mois, dans le lit de Mimoun, comme si on était un vrai couple. C’était peut être l’un des hommes les plus minables mais c’était un bon amant, avec un grand cœur.et il m’a vraiment aimé. Chaque fois qu’on réussit une nouvelle opération, on triomphait le coup par un diner luxueux dans l’un des grands restaurants de la capitale.
En bref, le nouveau plan de vol était très malin et digne d’un génie. Notre nouvelle cible, était les familles avec des petits enfants, des familles où les deux parents travaillaient et nécessitait une baby-sitter pour s’occuper de leurs bébés.
Ce n’était pas si facile au départ de gagner la confiance de ces familles. Mimoun était à fond dans son plan diabolique. Le pan était comme suit ; J’étais la soi-disant baby-sitter, travaillant pour une petite agence de babysitting dont les clients puissent nos contacter sur net. Il m’avait même réalisé une carte de visite de qualité où il a imprimé, mon numéro de téléphone, et le lien de notre site virtuel. Ce qui encourageait ces familles, c’était le fait que la première semaine de babysitting fut gratuite.
Le but de la manœuvre n’était nullement pour gagner de l’argent mais que je puisse, pénétrer leur villas et faire un constat approfondi de tout objet de valeur en leur possession. À part ça, j’identifiai tous les issus possibles mais surtout sécurisants et faciles d’accès pour dévaliser la maison, et le plus important, c’est que j’eus une idée précise de leur emploi de temps, de leurs horaires de rentrée et de départ.
Quant à la publicité pour mes services, je la faisais à tous les endroits où les petits enfants s’aggloméraient ; devant les portes des jardins d’enfants, à la fin des journées pour tomber sur des parents venant ramener leurs petits, les weekends au belvédère ou à n’importe quel parc pour enfants.
Une fois que la famille fut satisfaite de ma prestation, je faisais tout, pour qu’elle me mette à la porte. Il suffisait de leur demander un prix différent de celui dont on était d’accord au début pour qu’ils me remerciaient pour ma prestation et me renvoyaient de chez eux à l’amiable.
Mimoun agissait souvent avec précaution. Il ne cambriolait la maison en question qu’au bout d’un mois plus tard. Et on devenait de plus en plus riche. On n’habitait plus au petit studio, mais dans un bel appartement à Menzah ».
- Tu m’épates vraiment ! disait Nader en enterrant son visage sous ses bras, t’es vraiment une crapule ! et en levant les yeux sur elle, mais je ne vois pas encore le rapport avec le petit !
Elle se leva de sa chaise, fit une petite marche dans la boutique et poursuivait.
« Jusqu’ici, tout allait bien. Le cauchemar s’entama lorsque Mimoun pensait à diversifier ses activités louches. Les vols, ne semblaient plus le satisfaire assez. Il devenait donc un dealeur, il trouvait que c’était un job moins dangereux et moins fatiguant que le vol avec effraction mais surtout plus payant. Toutefois, il ne mettait pas terme à l’activité de vol. La seule différence, fut la fréquence et le nombre de vols effectués par mois qui devenait de plus en plus faible.
Avec cela, il devenait assez distant et ne plus le même avec moi. Il devenait aisé, et ne voulait plus d’une simple voleuse comme maitresse. Il n’était pas mal comme type physiquement et avec l’argent qu’il gagnait et la voiture qu’il conduisait, il était capable de séduire les belles filles et de sortir avec elles, pour aller en boites ou n’importe.
Je n’étais pas tellement jalouse car en réalité je n’étais pas amoureuse de lui. Mais je l’en voulais, tout de même pour avoir abusé de moi, pour m’avoir jeté de sa vie après comme si j’étais une ordure, ou comme si je n’en valais pas la chandelle.
C’est à cette époque que je faisais la connaissance d’Adham Slimen. Un bel homme, de la trentaine. J’ai déjà parlé de lui à Ranime, en prétendant qu’il m’a mise enceinte de Amine, alors que ce n’était pas vrai.
C’était un samedi d’après midi. Je me baladais seule au belvédère. C’était comme d’habitude, pour identifier des potentielles victimes. Et sa vue tout seul, avec un bébé dans une poussette, m’attirait l’attention. C’était surtout la façon dont il transpirait, qui m’avait intriguée. Il avait le visage tout pâle, et n’arrêtait pas de s’essuyer et le petit bébé de pleurer si fort. Je m’approchai donc de lui et j me mettais à genoux en jouant avec la minuscule main de son bébé.
- Comme il est beau ton enfant ! et en levant la tête, c’est un garçon ou une fille ?
Il s’asseyait sur le banc et en saisissait le petit dans ses bras, nerveusement.
- C’est un garçon !
- J’adore ses joues ! elles sont tellement rouges !
En ceinturant le petit de ses mains, tout en l’embrassant sur le front.
- C’est tout ce que j’ai au monde ! et en le serrant encore si fort dans ses bras comme ayant peur que quelqu’un le lui enlève, c’est mon unique fils ! et en me cherchant d’un regard morne, il s’appelle Amine !
Je m’asseyais prés de lui en sans laisser la main de l’enfant.
- Joli nom ! et par curiosité, où est sa mère ? et en voulant badiner, tu sais d’habitude, je vois toujours les mères promener leurs bébés et non les pères !
Comme si ma question l’avait gênée, il mettait son enfant à nouveau dans la poussette et se mettait debout.
- Je vous souhaite bonne après midi, mademoiselle !
- Mais…
Il ne répondait pas et disparaissait si vite de ma vue. Deux jours après, je le voyais de nouveau au parc, et comme l’autre fois, il fut tout seul. En me voyant, il resta impassible jusqu’à ce que je lui dise.
- Tu te rappelles de moi ? je suis la fille de l’autre fois.
- Oui, oui ! la fille avec plein de questions.
Je me mettais à rire puis je me demandai.
- Où est Amine ?
- Quelle mémoire ? tu te rappelles son nom aussi ?
Je souriais et je reprenais doucement.
- C’est un bel enfant. Et je n’oublierai jamais un si beau visage. Et en rigolant, mais il ne te ressemble pas beaucoup !
En allumant une cigarette nerveusement.
- Oui, c’est le portrait craché de sa mère, c’est une allemande !
- Alors, il est avec sa mère en ce moment je suppose.
Il prit un souffle et me répondit.
- Non, chez ma mère ! et en écrasant le bout de cigarette, mais c’est une vieille femme et ne peut plus s’occuper d’un enfant surtout pas d’un bébé de 6mois. Et en levant les yeux vers le ciel grisâtre, j’ai besoin d’une bonne baby-sitter.
En secouant les épaules, je murmurai.
- Ben, c’est ton jour de chance, je suis une !
Il me jeta d’un regard sacripant et s’interrogeait.
- Ah bon ? t’as quoi comme qualifications ?
- Je sais m’occuper des enfants.
Il se leva furieux et s’écria.
- C’est ce que les crèches prétendent aussi, mais ils ne sont bon qu’à prendre l’argent des parents et négliger les enfants !
Je sautai de ma place et je sortis ma carte de visite en disant.
- Tu ne perds rien en essayant avec moi.
À ce moment là, il ne disait rien saisissait la carte de ma main d’un geste nerveux et s’en alla. Ce n’est que trois jours plus tard, qu’il me fit appel. En visitant son domicile, une belle villa, à la Marsa, je constatai que c’était un homme, d’une bonne famille, riche. Une proie parfaite, pour une éventuelle opération de vol à ne pas rater.
Au bout de la semaine que j’ai passé dans sa maison, je découvrais qu’il habitait cette immense villa, tout seul, comme s’il a divorcé. Peu à peu, il commençait à me faire confiance et me révéla, qu’il a divorcé avec la mère de son gosse, deux mois après sa naissance, pour des problèmes de couple. Le tribunal des affaires familiales attribua automatiquement la garde de l’enfant à sa mère. Mais son ex femme, était tellement décidée à couper les ponts avec lui au point de déménager de Munich la ville où elle habitait, sans lui fournir sa nouvelle adresse. Toutefois et après des mois de recherches, il finissait par la trouver. Et pour se venger, il enleva son gosse, et fit son retour définitif en Tunisie, où il tenta un procès pour la garde de son enfant, qui était encore en cours d’examen. »
Là elle s’arrêta, prit un long souffle en regardant Nader avec tristesse.
- À mes yeux, c’était un sacré coup, surtout qu’il fut absent de la maison les deux tiers de la journée, et que sa maison était pleine d’articles de valeurs !
- Qu’est ce que s’est passé ? dit Nader, sans la quitter de ses yeux.
Elle hésita un long moment et dit.
- Il a tenu bon pour que je reste une baby-sitter pour Amine malgré que j’aie doublé le prix de mes prestations ! et en ingurgitant sa salive, mais ce qui a bouleversé toute ma vie, c’est sa mort ! et en laissant des pleurs glisser sur ses joues, c’était un accident !