Mais pourquoi est-il aussi méchant ?

Publié le 03 avril 2010 par Elis

Il fallait que ça arrive... Depuis un mois au bureau j'étais au pays des bisounours : la machine à café, la cantine, les réunions, finir à 17h30, les collègues qui connaissent par cœur le blog de Carla Bruni-Sarkozy, le bon air du 8ème, en un mot : le rêve (et encore je passe sur les journaux gratuits, et autres avantages matériels et intellectuels).
Et puis c'est arrivé. Le méchant est sorti de sa coquille. Il a décollé sa hache de serial killer de dessous son bureau et nous a révélé son vrai visage... C'était moche.
Il faut avouer qu'on aurait dû se méfier : un homme qui gagne 2 fois ce que je n'ai jamais gagné dans ma vie et qui passe sa journée à regarder son compte bancaire et les news AFP sur le salaire de son patron c'est louche. Un type qui éteint la lumière en partant du bureau (à 16h12) alors que deux de ses collègues sont encore dans ledit bureau, les plongeant, pour ainsi dire, dans le noir, ça craint. Un gars qui dit que "on peut faire travailler des enfants, y'a des circonstances" et qui bosse au développement durable, c'est ultra chelou.
Vendredi, Régis (on va l'appeler Régis, pour changer son nom, qu'il ne me traine pas en justice), a mal commencé la journée : déjà il s'est rendu compte en arrivant que, ce mois-ci, il n'allait pas pouvoir frauder les notes de frais, son sang n'a fait qu'un tour, il a eu quelques propos discriminants envers les femmes et les sciences po de province (notez bien que plus ou moins on s'en fout, mais pour le principe, se gargariser d'avoir fait l'ESCP quand on est au placard, c'est tout petit). Ensuite il s'est mis au téléphone à parler très fort avec Michèle (non sans me montrer ses dessous de bras auréolés, à 9h22 j'ai pas digéré mon chocapic, merci) en parlant de l'autre "connasse" qui est "complètement débile" (et comme j'ai une légère tendance à la parano...). En raccrochant il a voulu me parler de ses super relations à l'ONU, mais comme c'est le roi de la vantardise j'ai juste dit "ah, trop cool" et ça l'a énervé. Et puis mon téléphone s'est mis à sonner. Enfin à vibrer parce que j'ai pas été élevée dans la bouse, et je mets mon téléphone en vibreur (contrairement à lui). C'était mon frère qui m'annonçait une grande nouvelle (je suis une tata comblée par une 2ème nièce c'est trop classe). Je suis allé pousser des petits cris de cochon dans le couloir pour pas déranger sa seigneurie en plein abus de bien social, et quand je suis rentrée dans le bureau (tout en envoyant des textos à la terre entière ma mère) : il a sorti sa hache de dessous le bureau et en me menaçant de me décapiter m'a dit que "c'était inadmissible ces gens qui racontent leur vie dans le couloir... Ferme la porte". Là j'ai flippé, le serial killer avec la hache, fermer la porte, seule dans le bureau avec lui, on n'entendra pas mes cris. En plus, pas de trace de mon gentil collègue, on pouvait imaginer qu'il l'avait décapité et tranché, puis rangé entre deux paquets de brochures sur "l'entreprise et les droits humains"... Après de longues suppliques, Régis a fini par ranger la hache. Mais j'avais très peur, j'ai dû aller me réfugier à la machine à café avec les copines pour dauber un peu sur lui.
Quand je suis rentrée, les auréoles de Régis ressemblaient à la mer méditerranée. Il était sacrément fumasse, du coup comme on lui avait pété sa journée (je dis "on" parce qu'il n'a rien contre moi en particulier, c'est pareil pour tout le monde), il s'est barré en week-end à Deauville à 12h43, non sans gueuler à la cantonade (mais on s'en fout, car personne n'écoute vraiment...) que "elle abuse avec son téléphone qui sonne tout le temps". Une vraie contrariété de grande personne quoi !

Dans le prochain épisode : "Régis sort la kalachnikov parce qu'on lui a piqué sa gomme !"