"c'est delphine qui va faire l'itw"

Publié le 16 mai 2010 par Delphinedy

J'ai assez rarement de coups coeurs électro, aussi, pour fêter l'évènement je m'en vais lui consacrer tout un article. Si je suis toujours à la recherche de la dernière nouveauté en matière de pop, rock, indie et autre folk à la mord-moi-le-noeud, en ce qui concerne l'électro (au sens large) je me laisse complètement portée, attendant sagement la bouche ouverte que l'on veuille bien me recommander tel ou tel titre/artiste. Bien sûr ces dernières années les barrières entre les genres se sont réduites et il n'est pas rare qu'une touche d'électro vienne parachever un morceau de rock, pop etc. Mais ce n'est pas de ça dont je veux vous parler, non, c'est l'électro comme composante majeure d'un morceau qui m'intéresse aujourd'hui. Ce qui est étrange dans ce manque de connaissance (d'attrait?) c'est que j'ai de nombreux amis calés en la matière, certains allant jusqu'à en faire et à très bien se débrouiller. Cela doit être justement la raison pour laquelle je ne me penche pas d'avantage sur le sujet: je me sens trop novice pour faire le poids et je préfère m'en retourner à ma musique de "filles à problèmes" [dixit un proche]. 
Trêve de bavardages, le coup de coeur s'appelle Gentlemen Drivers. Ce duo clodoaldien (c'est le "joli" nom des habitants de Saint-Cloud) est composé de l'affable Benoît et du discret Mica. Ils se sont connus sur les bancs de l'école et s'ils avouent ne pas toujours avoir envisagé faire de la musique (c'est risqué, d'où des études de commerce au préalable), c'est Mica, qui en rentrant de New-York, propose à Benoît de se lancer. Tranquillement les deux amis font leur chemin : un remix des Klaxons par ci (ensuite interdit mais que vous pouvez toujours écouter ), un de 33 Hz pour Teki Latex par là et la gommette dorée (comprendre la reconnaissance suprême pour quiconque commence dans le milieu) un remix des Teenagers paru sur la Compilation Kitsuné Maison 5. Après avoir pris leur temps, c'est aujourd'hui que les choses s'accélèrent avec la sortie de leur premier EP.
Intitulé L'Arche, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement vaseux avec le restaurant d'aire d'autoroute du même nom, mais je vous rassure la similitude s'arrête là. Dès les premières notes de "L'Arche" (le morceau cette fois)  on s'embarque pour un périple un brin rétro, qui va crescendo aux rythmes des synthétiseurs d'un autre âge. On s'imagine volontiers à bord d'une vieille décapotable arpentée la célèbre route 66 (ou l'A6 si vous préfèrez, mais cela fait tout de suite moins rêver), cheveux au vent, le sable giflant ce qu'il faut le visage. C'est toujours ce même synthétiseur que l'on entend sur "Perpetual", à en croire que cela sera leur marque de fabrique. Plus sombre  ce morceau nous renvoie à nos peurs face aux voyages: cette envie de partir loin, sans savoir précisément où l'on va mais toujours avec cette petite appréhension face à ce vaste inconnu. Cette légère angoisse est toujours présente sur les premières minutes de "2042 L.A Dreams" avant d'être rassuré(e) par une voix qui semble nous inviter à simplement lâcher prise, le rêve américain étant à porter de main. A nouveau une voix se superpose aux synthés, celle à la fois douce et mutine, de Soko, qui susurre des "Can I steal you a kiss" sur "Beat her", qui ne manque pas de nous hypthoniser tout à fait, avant de nous abandonner, déjà, sur le bord de la route... On repart quand?