Love is ...in a red bag

Publié le 06 juin 2010 par Kabotine

- Mais achètes-le toi ce sac, et arrêtes de bouder !
- Mais je boude pas…
- Achètes-le toi et arrêtes de surfer sur les sites de sacs !
- Mais je ne surf pas sur les sites de sacs…
- Tu baves dessus depuis des jours !
- Mais non… (je me le suis déjà acheté ! –depuis je surf sur les sites de sacs pour vendre les autres que je ne veux plus…)
C’est curieux comme ils peuvent souvent être à coté de la plaque nos hommes… Pourtant, celui-là, je ne le lui ai même pas planqué. Dès le premier jour à la maison, il a été fièrement exposé sur la rampe de l’escalier. En plus il est rouge, en python, plutôt grand, difficile à louper. Difficile à confondre avec l’un de ceux que je possède déjà… Car même si j’ai déjà cette forme en grand modèle, je l’ai en moutarde et en poudre… Là il est rouge, ostentatoirement rouge.
Je le porte tout le temps. Je le prends même pour aller à la poste (à cinquante mètres). Je l’emmène à l’école, même à la kermesse. Il me suit à toutes mes réunions. Je ne l’ai que depuis jeudi, et déjà je l’aime (et je l’aime encore…) Quand je passe à côté, je le caresse, quand je le porte à l’épaule, ma main cherche sa peau un peu rêche et souple à la fois. Je lisse les écailles de mes doigts, malaxe le cuir d’agneau des anses. C’est tactile, mon amour est tout en toucher. Quand je lève les yeux, mon regard se pose sur lui, et intérieurement, je souris. J’aime sa couleur, sa tenue, tout.
Je crois que la dernière fois que j’ai eu un sac rouge d’amour à ce point, c’est il y a presque vingt ans. C’était un sac seau Lancel, rouge. Un rouge magnifique, un cuir un peu travaillé, un peu raide. J’étais étudiante et c’était ma tante qui me l’avait offert. Je ne voulais que celui-là. Mon premier sac d’adulte. Étudiante aux États Unis, les gens m’arrêtaient dans le rue pour me demander où est ce que j’avais acheté mon sac. « In France… » « It’s a beauty ! » s’exclamaient-elles. A l’époque, je ne changeais pas de sac comme de culotte… L’instabilité saco-affective est venu plus tard. Avec le baby blues flouze…