Je n'ai plus de soucis avec les sushis, j'ai des soucis avec les sushis, je n'ai plus de soucis avec les sushis

Publié le 09 juin 2010 par Anaïs Valente

Il y a un petit temps déjà (que le temps passe vite, hein, ma bonne Dame, je le disais d'ailleurs tout à l'heure à mes collègues, moi qui suis la plus ancienne de la boîte, bouhouhouhou), je vous disais à quel point j'avais des soucis avec les sushis.  

A force de me lamenter sur l'insipidité des sushis (ça existe, ça, comme mot, insipidité ?), j'ai fini par me laisser convaincre de tester Ogawa, un nouveau bar à sushis qui venait d'ouvrir à Namur.  Ça date déjà de plus d'un an, genre deux ans, le temps passe vite, hein, ma bonne Dame, bis.

Et ce fut la révélation.  J'ai commencé par le plateau découverte, composé de sushis, d'une soupe miso et d'une salade.  Un régal.  Puis, au fur et à mesure des visites en ce lieu de perdition pour la cellulite (enfin bon, façon de parler, vu que les sushis, c'est diététique), j'ai affiné mon choix, pour le porter définitivement sur 1. les raviolis, 2. les sashimis de thon et saumon, 3. les maki de concombre et graines de sésame.  Que du bonheur.  Bonheur réitéré à plusieurs reprises.

C'était écrit, je n'avais plus de soucis avec les sushis.

Puis, lors de notre dernière visite chez Ogawa, ce fut la déception intégrale et intersidérale.  Mes sashimis avaient rétréci au lavage pour atteindre le volume peu honorable de petits pois japonais.  Les quelques algues demandées par Mostek lui furent facturées au prix de 3 euros.  La folie furieuse.  Un rapport qualité prix totalement inversé, en quelques mois.  Ce n'était plus shashimis, c'était shame on me (ah ah ah, mes blagues à deux euros ne font rire que moi, je sais, mais une personne qui en rit, c'est déjà bien non ?).  Décision fut prise de ne plus jamais remettre les pieds dans ce lieu de perdition pour le portefeuille, lieu qui a d'ailleurs déménagé depuis, dans un joli endroit, mais j'ose plus retester, peur de me faire encore plumer comme un bébé cygne (euh, un bébé cygne ne peut se faire plumer, Anaïs, il n'a pas de plumes, que du duvet).

J'avais à nouveau des soucis avec les sushis.

Puis, Mostek m'a annoncé son acquisition d'un kit sushis.  Et j'ai lancé quelques messages subliminaux sur ce blog (les plus attentifs s'en souviendront).  Les messages sont bien passés, et un beau jour, elle m'a proposé de faire nos propres sushis.  Oui, vous lisez bien : NOS SUSHIS à nous rien qu'à nous, tout frais tout bon tout comme on voulait.

De prime abord, l'idée m'a paru génialissime.

Mais le jour même, l'angoisse tenaillait mon petit estomac totalement peu maïtésien.  Un estomac maïtésien est un estomac d'un humain aussi doué en cuisine que Maïté, logique.  Pas logique ?  Bon, je recommence.  Mais le jour même, l'angoisse tenaillait mon petit estomac, tel celui d'une anguille face à Maïté.  C'est mieux ?

Passque faire des sushis, c'est une totale aventure de la mort qui tue.

D'abord, faut acheter du poisson.  Saumon.  Thon.  Prévoyez de casser votre petit cochon en porcelaine si vous voulez des sashimis en veux-tu en voilà.  Les makis sont bien moins onéreux, bon à savoir.  Ruée sur le poisson frais au rayon Carrouf (très bon péchon là-bas, enfin parfois...) : thon et saumon.  Du surimi, c'est bien aussi (vous savez, ce crabe sans crabe mais qui a le goût de crabe, sans être du crabe, qu'on présente comme du crabe au Télévie, prétendant qu'il n'y a plus de surimi).

Ensuite, faut acheter des kits sushis.  Alléluia, Delhaize (et Carrouf aussi) a prévu tout ça : des kits contenant un tapis de fabrication, un duo de baguettes, des algues, du riz pour sushis (moi je pensais qu'on disait riz rond poisseux, mais Mostek me précise qu'on dit riz pour sushis), du wasabi et de la sauce soja.

Enfin, faut des légumes.  Et des fruits.  Concombre.  Et avocat.  Et graines de sésame, aussi, accessoirement.

Voilà pour le matos.

Ensuite, faut tenir compte de Moustique, chez qui nous décidons finalement d'aller faire nos sushis.  Plus on est de fous, plus on riz hein, ah ah ah ah ah, j'ai l'humour japoniais en ce moment...  Réorganisation de notre aventure « fabriquons nos sushis ».  Départ chez Moustique, munies de notre petit matos de la parfaite sushi-girl.

Pour le reste, ben tout est dans les photos et la vidéo quoi :

- cuire le riz (suivre les instructions de la boîte hein, je vais pas vous faire un dessin) (Mostek précise qu'il faut ajouter du vinaigre de riz après cuisson)

- l'étaler sur des assiettes afin qu'il refroidisse

- prendre l'apéro en bonne compagnie, chips et alcooooool

- dresser une jolie table pleine d'assiettes et de tapis de fabrication de sushis

- installer le tapis en bambou devant vous.  Attention, ça se complique.  Je croyais savoir qu'il y avait un sens, mais j'ignorais lequel, en grande Kinder devant l'éternel.  Passque, par définition, pour rouler un tapis de bambou, faut que les tigettes soient dans le sens qui permette de rouler, sinon on les casse.  Moi être blonde, vous le savoir

- déposer une feuille d'algue sur votre tapis

- imaginez que votre algue est un tableau exel et que vous devez remplir trois lignes (trois colonnes pour Mostek, qui aime la complication et faire tourner les tapis à sushis, ce qui peut poser problème si vos bambous ne sont plus parallèles, car ils casseront, vous piger ce que moi vouloir dire ?)

- remplissez votre tableau exel vert de trois lignes de riz

- ajoutez-y ce que vous voulez (pour moi, ce fut un melting pot de tout, pour ne faire que deux ou trois rouleaux, Mostek et Moustique, bien plus gourmandes, ayant opté pour un rouleau par aliment)

- c'est ici que cela se corse, même si on est au Japon (wahahahaha - sabi) : roulez le rouleau (logique) en tenant fermement votre algue, le tout avec une dextérité égale à la mienne sur la vidéo (je sais, je mourrai de modestie un jour)

- une fois le rouleau bien roulé bien serré, appliquez un pau d'eau sur son bord, pour le fermer

- saisissez un énooooorme couteau super bien aiguisé

- plongez-le dans l'eau froide, et coupez délicatement vos makis

- installez-les joliment sur votre assiette, avec de la sauce soja dans laquelle vous aurez dilué un peu de wasabi

- offrez-vous une séance photos délirantes (je ne peux, par respect pour mes comparses, vous les montrer, of course)

- dégustez dégustez dégustez

En dessert, y'avait des éclairs (et ça rime), mais vous pouvez varier les plaisirs.

Voilà comment, depuis cette soirée, je n'ai définitivement plus de soucis avec les sushis.

Lexique :

- sushis : morceaux de poisson ou scampi sur une boulette de riz

- sashimis : fines tranches de poissons

- makis : rouleaux d'algues farcis au riz et, au choix, avocat, concombre, poisson...

- wasabi : genre de moutarde verdasse qui pique qui pique qui pique (comme le hérisson qui piquait qui piquait qui piquait, et qui voulait qu'on l'caresse -resse -resse, on l'caressait pas pas pas pas pas, non pas passqu'y piquait pas, mais passqu'y piquait).

Deux photos du plateau Ogawa, que je ne peux plus vous conseiller actuellement, bien malgré moi.  Puis photos de la préparation de mes makis, sont beaux hein ? Puis vidéo.