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Comment oublier son ex : opération paparazzis

Publié le 31 juillet 2010 par Gintonhic @GinTonHic

  On a déjà vu l’opération ciseaux pour oublier son ex. Mais, parfois, il en faut plus pour oublier celui ou celle qui nous hante. Si c’est votre cas, poursuivez votre lecture. Peut-être arriverez-vous à l’oublier avec cette autre tactique.

   Je haïs l’admettre, mais oui, il y a eu dans ma vie un homme que j’ai aimé plus que tous et plus que toute chose. Je ne mentionnerai pas son nom, à quoi bon ? Le but, ici, n’est pas de parler de lui, mais des stratagèmes que j’ai trouvés pour le sortir de ma vie, lui et son souvenir languissant.

   Le fameux gars en question voulait qu’on aille à Manzanillo, au Mexique. Je n’étais pas chaude à l’idée, car, entre nous, l’air ambiant fleurait la fin d’une douloureuse histoire d’amour. J’ai accepté tout de même, me disant que ce petit voyage serait un dernier souvenir, une sorte de chemin de croix, une sorte d’au revoir. 

   J’avais apporté ma vieille Minolta SRT200. Je l’ai traînée partout pendant toute la semaine, histoire de ramasser les derniers clichés de ce roman-feuilleton qu’était notre histoire d’amour fanée.

   C’est par un beau matin ensoleillé, quoique beaucoup trop frisquet à mon goût, que j’ai eu l’éclair de génie. Celui qui allait bientôt devenir mon ex-petit ami était là, tout au haut d’un escalier en ciment, quelque peu défraîchi, qui menait à la plage.

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   S’appuyant lourdement sur la rampe artisanale, il s’engagea lentement dans l’escalier.

   L’homme que je regardais à ce moment était franchement laid. Laid ? Bien, j’exagère, j’admets. Bon enfin… Mais je trouvais qu’il avait l’air vieux et qu’il faisait simple avec sa casquette.

   Alors, en le regardant là, je me suis dit :

   – Bien, il n’est pas si beau que ça. Puis, en plus, je ne peux pas dire qu’il est bien gentil avec moi. Franchement, qu’est-ce que j’ai à « capoter » sur lui ? Je suis pourtant plus intelligente que ça.

   C’est à ce moment-là que j’ai eu l’eurêka, vous savez, ce cri du créateur, ce cri du cœur, qui vous dit que vous avez enfin trouvé LA SOLUTION à tous vos maux. J’ai empoigné ma caméra et j’ai immortalisé sur la pellicule cet instant marquant et de complète jubilation.  

   Et voilà qu’il était à tout jamais prisonnier de cet air quétaine. Hourra ! Et bien fait pour lui ! Il l’avait très certainement mérité ! Quelques prises rapides au cas où le cliché serait manqué. Le tour était joué.

   Ces photos ont été les premières d’une série de photos qui allaient m’aider à oublier que j’étais folle du gars en question.

   Quelques semaines plus tard, lorsque je me sentais sur le point de succomber à la tentation de lui téléphoner — vous savez, dans ces moments d’ennuis qui vous arrachent le cœur et qui vous font oublier les perversités de l’être jadis aimé — alors, c’est sur mon album sacré que je me jetais littéralement afin d’y trouver courage et réconfort.

Saoul comme une botte !

Saoul comme une botte !

   Je le voyais alors, l’air idiot, pas trop jojo, merveilleuse délivrance, presque aussi bonne qu’une jouissance.

   Sauf, cette fois où je suis tombée sur cette photo oubliée où il faisait de l’auto-stop.

   Ce n’est pas mêlant, le cœur m’a fait cent tours. Comme il était beau ! Je n’ai pas pu résister à la tentation de l’embrasser ardemment : ses lèvres pleines, sa peau bronzée et ferme, son torse musclé et j’en passe !

   Moment de pure folie qui me sembla durer une éternité.

   Puis, frappée par un bref instant de lucidité, je lui ai dit : « Adieu, mon bel amour ! » Je l’ai embrassé une dernière fois, puis j’ai déposé délicatement la photo ensorcelée dans le brasier fumant.

    Je l’ai regardée longtemps se tortiller pour s’extirper du feu, mais en vain. Oui, je l’ai regardée jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un amas de cendres, de cendres grisâtres, oui grisâtres comme mon cœur.

   Puis, je suis retournée, le cœur serré, à mon album de photos. Puis, je l’ai vu, l’air idiot, pas trop jojo.

   Merveilleuse délivrance ! Pure jouissance !

   Puis, un sourire dans les yeux, je me suis dit : « Libre. Oui. Enfin ! Je suis libre ! » 

   J’espère… maudit !


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