Flash-back: Ma pire date ever – Part I (2005)

Publié le 10 août 2010 par Dateurenserie

Je fais un petit saut dans le temps pour participer aussi à ma façon au concours que j’ai lancé et qui se termine lundi prochain. La course est extrêmement serrée, les participants ont besoin de vos votes! Les textes sont disponibles ici.

Alors voici ma pire date à vie. Pas facile de choisir dans l’océan de dates ratées que j’ai eu, mais j’ai choisi celle-ci. Tout ça se passe en 2005. Un 19 février pour être plus précis. M’enfin, si je me fis à La liste. Ça va comme suit. Aweille mon Réj, part moi une toune triste! Ouais celle-là, c’est bon!

*****

Mon cellulaire sonne à 7h15. Je reprends le peu d’esprits qu’il me reste après cette nuit alcoolisée. Pourquoi sonne-t-il un samedi matin? Les idées se replacent peu à peu dans ma tête comme un casse-tête. Un téléphone nocturne, une fille du Saguenay sur qui je suis virtuellement amoureux, un rancart planifié avec elle, des parents absents pour le weekend, un trajet de 9 heures en bus, un départ dans 45 minutes. Bon sang, qu’est-ce que j’ai bu hier?

Je prépare mes choses à la hâte et je m’en vais au terminus d’autobus qui me mènera à Montréal, ensuite à Québec et finalement Jonquière. Dans quoi je viens de m’embarquer!

- Bonjour, aller-retour pour Jonquière, svp.
- 120 dollars.
- Quoi? Tabarnak!!!,
fulminais-je dans ma tête en lui tendant ma carte de crédit.
- Je vous ai entendu, soyez poli.
- Vous êtes télépathe? Comme Sookie Stackhouse?
- Non ça parait simplement dans ta face,
dit-elle en me remettant le papier à signer.

Le trajet se passa correctement mais longuement. Sans Ipod, sans livre. Je ne savais même pas ce qu’était un SMS à l’époque. De la route, des arbres. Beaucoup d’arbres. Et que des kilomètres de bitume enneigé à contempler. J’essaye de dormir un peu. Sur le dos ou sur le côté avec un coton ouaté en guise d’oreiller de fortune. Pas moyen de fermer l’œil. Je plonge dans mes pensées et je m’invente des jeux dans ma tête. Pendant neuf heures. J’ai dû refaire le monde des dizaines de fois.

JONQUIÈRE, sur une petite pancarte verte. Enfin.

Elle m’attendait à la sortie de l’autobus. Elle se ressemblait mais, en mieux. Nous avons marché jusqu’à chez elle. Après les présentations et les discussions d’usages, nous nous sommes embrassés. Son portable a sonné. Elle s’est excusé et elle est allée parler dans la pièce d’à côté, la porte verrouillée, comme si elle voulait cacher quelque chose. Pendant trente longue minutes. Précisons longues car l’attente est toujours insupportable lorsque nous sommes bandés.

Elle est finalement sortie et nous sommes allés dans le spa pour poursuivre ce que nous avions débuté auparavant.

- Tu as des condoms?, qu’elle me dit pendant que je détachais le haut de son bikini.
- Oui mais merde, ils sont dans mon sac à l’intérieur.

Je suis sortie de l’eau les épaules près des oreilles tellement il faisait froid. Le vent pinçait sur mon corps encore mouillé. Mon maillot collé sur ma peau laissait voir une érection fort convaincue.

Près de la porte patio avec mon préservatif en main, je regardais l’abri Tempo qui résistait de peine et de misère aux bourrasques glaciales.

- Elle est mieux de valoir la peine, celle-là! Un, deux, trois, go!

J’ai pris une bonne respiration et j’ai couru, les pieds dans la neige, vers le spa.

La suite mercredi… Ça vous laisse le temps d’imaginer le pire!

D.