Magazine Journal intime

Je crampe

Publié le 21 décembre 2007 par Anaïs Valente
Les crampes, ça devrait être interdit par la loi belge.  Et même la loi française, sois pas raciste Anaïs.
 
Les crampes c’est la pire douleur qui soit.  Et la plus lâche aussi.  Parce qu’en général, la crampe attaque de nuit.  En douce.  Mais pas en douceur.  Elle vous réveille illico, parce qu’elle transforme votre mollet en brique ou votre pied en scoubidou.
 
L’autre jour, je tchattais gentiment, innocemment.  Lovée dans mon canapé, mon portable sur les genoux, le rat sur l’épaule.   Je faisais de mal à personne, je le jure.
 
Lorsque la crampe s’est attaquée à moi.  Pied gauche.  En charpie.  Ça lance. 
 
Y’a différents types de crampes, toutes aussi douloureuses, mais différentes : celle qui tord et donne l’impression que le muscle ne reprendra jamais sa position initiale, celle qui lance et irradie dans tout le corps, celle qui semble intervertir les orteils ou les doigts (elle m’attaque souvent lorsque j’écris, pour me rappeler qu’il serait préférable que j’utilise mon clavier d’ordinateur).
 
Ici, voici une crampe qui lance.  Et pour lancer, elle lance.
 
Dans un élan d’angoisse, je fais valser mon portable, mon plaid, mon châle, mon écharpe Strelli (comment ça, « frileuse » ?) et je m’élance dans de grandes enjambées, histoire de faire passer la crampe. 
 
Mes interlocuteurs (rappelez-vous, je tchattais) m’abreuvent de conseils : masse le muscle (va-t-en masser un muscle de la plante des pieds, je le trouve même pas, ce muscle, sur mon pied de poule), marche beaucoup (va-t-en marcher avec une telle douleur, associée à un cor qui veut aussi sa part de gloire), détends-toi (c’est ma main qui va se détendre, et t’offrir une claque virtuelle).
 
La crampe s’en va, comme elle est arrivée, sans préavis.
 
Je me réinstalle.  Plaid, écharpe, châle, portable.
 
Soudain, nouvelle crampe, à droite.
 
J’abandonne à nouveau mes interlocuteurs, mon châle, mon écharpe, mon plaid, mon portable, pour un footing dans mon living.  La vilaine s’étend et contamine le mollet droit.  Je serai forte.  J’affronterai cette nouvelle épreuve sans moufter, ou presque.
 
Je souffre horriblement (imaginez ridicule de la situation, moi, galopant entre le canapé et la table basse, en poussant des petits cris d’effrois) et j’en informe mes interlocuteurs virtuels : « je me meurs, je reviens ensuite ».
 
Croyez-vous que j’ai reçu de la compassion ?  Que nenni.  Réponse « pendant que tu meurs (limite s’il ajoute pas « en silence, par pitié »), je vais me faire un café ».
 
Je suis décidément incomprise.

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