Une scène
Une scène
Un public
La lumière brûle les planches…Le rideau se lève
Un homme, seul, se dresse face au noir..
Acte 1
Passage dans la lumière crue et insolente,
Le cœur se renverse des terreurs échangées,
Les pas suivent les traces juste abandonnées,
Les mots creux s’abreuvent de l’âme absente.
Acte 2
Le vide résonne en écho aux convenances,
Le costume étriqué s’imprègne de la sueur,
Le visage grimace sous le fard de terreur,
L’homme perdu n’est que vague odeur rance.
Acte 3
Le public se régale de cet autre égaré,
Boit sans vergogne ses ridicules efforts.
Bien caché dans un noir d’encre sans tort,
Il rit à gorge ouverte de sa mort avancée.
Acte 4
Les cris poussent l’Homme hors le réel,
Ses mots se taisent et délivre le corps,
Rebelle à la fin au reflet d’un triste sort,
Il joue seul le mime d’un rêve éternel.
Acte 5
Le public conspire la chute infernale,
Cherche les douleurs à ce cœur offert.
Viennent les acteurs à l’heure de misère,
De l’Homme libre faire nouveau vassal.
Acte 6
Elle s’avance couverte d’or et de lumière,
Chante l’amour à son âme mise à nu.
Dans la danse des acteurs parvenus,
Elle lui fait oublier ce qu’il serait hier.
Acte 7
Il court les joyaux, le pouvoir en boutonnière,
Les yeux fermés, il sourit sans deviner,
Les quolibets du public à sa face bafouée,
Quand la belle dans d’autres bras vit entière.
Acte 8
Derrière le rideau une main s’agite en vain,
L’invite hors du monde dans la nuit vraie,
Au souffle chaud d’une caresse à ses plaies.
Ombre du salut de l’acteur, c’est une juste fin.
par Stéphanie Le Béchec publié dans : contemplationsajouter un commentaire 0 commentaire (0) commentaires (0) <> recommander