Le matin du 1er octobre 1937, Julien Dubois s'éveilla longtemps avant l'aube. Il demeura un moment immobile, les yeux ouverts dans l'obscurité, puis il se souleva sur ses coudes. Au pied du lit, la chatte s'étira. Il entendit ses griffes sur la couverture.
- Moune, souffla-t-il, viens... Viens, ma Moune.
Elle se léchait. Il l'appela encore, elle s'approcha lentement et vint s'asseoir sur le ventre de Julien. Il la caressa et, aussitôt, elle se mit à ronronner. Il sentait la vibration. Ce ronron régulier était le seul bruit de la pièce. Par moments, à travers les persiennes, venait du jardin un froissement de feuilles. Un train siffla plusieurs fois, puis il y eut un long moment de silence. La chatte avait sauté du lit et devait faire le tour de la pièce. Il l'entendit monter sur le fauteuil qui a un pied plus court que les autres. Elle ne resta là qu'un instant avant de grimper sur le bord de la fenêtre pour secouer les persiennes. Julien se leva et marcha sur la pointe des pieds jusqu'à la croisée. Il caressa encore la chatte qui se frottait contre lui.
-Tu veux sortir, hein ? Tu t'en fous que je m'en aille, murmura-t-il. Va courir.