Magazine Journal intime

Jour 23

Publié le 09 novembre 2010 par Miimii
Jour 23
J’ai pris une douche, je suis allée traîner au Starbucks faire mon deuil de D. & the memories devant un donut bien gras à la vanille. J’avais ce tremblement dans le cœur, un monde pas stable s’écroule, un autre pas stable se construit, et ma légende personnelle dans tout ça. De quoi avais-je vraiment envie. ?

Et je reçois le sms : » Tu as rendez vous chez Lisa à 11h (je t’ai envoyé l’adresse sur ton mail avec une map), elle te retiendra jusqu’à 13h30, je passerais te chercher, on va déjeuner au restaurant d’un ami, et John passera te récupérer, je te ramènerais des suggestions pour les expos, tu pourras choisir les thèmes au dèj, et puis d’abord tu iras t’acheter une robe chez un ami pour ce soir, tu les laisseras faire les retouches s’il y a besoin, et ensuite profite, je sais que tu aimes l’art. J’espère que le programme te convient Princesse, profite des deux jours qui te restent. »

J’ai lu le sms d’une traite, j’avais le souffle coupé à la fin, par mes émotions, son côté prévenant, par tant de douceurs, je me sentais vraiment comme une princesse, mais encore une fois dans deux jours, c’est minuit. Cet honneur sera remplacé par l’hypocrisie sociale habituelle. Vite fait je me reprends, je n’ai pas de temps à perdre

Journée de rêve !!

Tout s’est passé comme sur le sms, à la minute près : Massage relaxant, masque au chocolat (suggéré dans un tweet), brushing, je suis sortie on m’a dit qu’on m’attendait devant et ça avait été réglé. Je suis montée en voiture et me suis jetée à son cou pour le remercier. Il m’a bien rendu mon baiser et m’a dit « Hmmm, tu sens le chocolat, tu es à croquer », On a déjeuné au quartier latin, rendez vous avec John qui nous a rejoint pour le déjeuner, j’étais un peu frustrée, je voulais être seule avec Samuel pour comprendre, mais je suis sûre que c’est encore un coup pour me déstabiliser .d’expo en expo, je me suis achetée une photo représentant les lignes de la main en référence à ma légende personnelle, En me ramenant ma robe le soir, il avait même acheté les chaussures qui vont avec. Je suis tellement prise dans le tourbillon du manège enchanté que je n’ai même pas pensé à m’acheter des chaussures, ni même compris comment il a acheté pile poil la bonne pointure, un modèle que je trouve sublime et dans les bons tons... je n’aurais pas mieux fait moi-même. Avant même de lui dire merci, je lui demande comment il a su pour ma pointure. Il me répond : « Ce matin quand tu ne voulais pas me répondre quand je t’ai demandé si tu voulais rentrer... pour éviter l’impasse tu m’as dit en regardant des chaussures sur le net « Aaaah celles là en 38 et demi... quel bonheur ! »

Au dîner j’ai été présentée comme une invitée d’honneur, la soirée était exceptionnelle d’un goût exquis, salle de bal, lustre en crystal, de la dorure et des beaux gens... Ce n’était pas différent d’une autre soirée, à Tunis ou ailleurs, mais ici je suis une inconnue, quand on vient me parler c’est pour moi et non pour ce que je représente, je suis invitée par un homme avec lequel je vivais une histoire floue et très ambigüe, comme je les aime. Je pense qu’avec ces deux arguments, j’étais au summum du bonheur. : inconnue et honnorée.

En plein milieu de la soirée, je reçois un sms de D. : « Presque sûr cette fois ci que c’est dans des bras que tu te loges, merci d’avoir eu la décence de me répondre. »

J’étais en train de voler dans une bulle de rêve, je ne laisserais personne l’éclater vulgairement. Alors, je redeviens Miimii de Tunis, l’espace de 3 min, juste le temps de répondre : « Par décence, puisque tu me le demandes, je t’envoie un sms d’adieu, va te reconstruire un ego. Enjoy your trip, see you à Tunis, »

Et je retourne dans ma soirée de rêve qui va se terminer au creux des bras d’un homme, un vrai.

En rentrant, dans la voiture, la tête engourdie par le merveilleux champagne servi dans les plus belles flutes que j’ai jamais vues. Le contact froid de l’acier, le contact délicat du Crystal avec les lèvres, frétillement des bulles sur la langue, mélange explosif et aphrodisiaque. Dans mon corps léger comme une plume, je pensais à une fin de soirée acrobatique.

Nous sommes rentrés chez lui pour un after et tout le monde était bourré, je me suis retrouvée avec Dina aux trousses, ce qui n’était pas déplaisant, mais plutôt pas pour moi. J’ai eu l’occasion de vérifier une Nième fois mon orientation sexuelle. Je n’ai pas cédé, je n’en ai pas eu envie, c’est définitivement pas mon truc..

Quant à Samuel, débordant d’énergie, avait un petit peu zappé la princesse qu’il avait fabriqué et habillé comme une vulgaire barbie blonde et m’avait vite détrônée, pour donner ma couronne en nuage à une fille de mon âge avec qui il a l’air d’être simplement ami, ce n’était pas malsain et aucune allusion sexuelle, d’après leurs jeux de regards, une grande admiration, ils se cherchent

Je sentais mon cœur s’écrabouiller au fur et à mesure que le temps passait. Je voulais rentrer... J’avais mal, les larmes au bord des yeux. Ils discutaient, riaient, et ne se touchaient même pas. Apparemment, il nous joue, à toutes, le même jeu... Elle ne le dévorait pas des yeux mais essayait de résister, il ne la séduisait pas, il la réconfortait des yeux. Ils étaient imperturbables, Ce jeu de décryptage, avec l’effet de l’alcool m’a valu de l’émotivité et une impulsivité accrue. Alors j’ai décidé de rentrer à pied au petit matin dans Paris. Il ne s’en est pas rendu compte. Je suis en robe, en bas de mon immeuble assise sur une marche, en train d’attendre que mon angoisse se taise pour pouvoir dormir un peu. On est samedi matin, et je ne rentre que demain soir. Je vais trouver le temps long...


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