Femmes

Publié le 02 décembre 2010 par Addiction2010

Femmes ! J’aurais bien ajouté, je vous aime si je ne risquais de glisser aussitôt dans le poncif ou l’évocation d’un chanteur qui me rappelle toujours une camarade de lycée qui en était amoureuse. Et pourtant, si. Femmes, je vous aime.

Au fil des commentaires et des échanges sur ce blog ou ailleurs, j’ai noué ces derniers temps des relations épistolaires avec quelques autres victimes, heureuses, du virus de l’écriture. Le hasard m’a fait retourner hier sur le blog de l’une d’elles, et ce que j’y ai lu m’a révélé que la personne que j’avais jusqu’alors cru être un homme était une femme, ma méprise venant d’un prénom que la fréquentation des polonais du nord m’avait fait identifier comme masculin. Ainsi donc, tous ceux avec qui j’ai échangé un peu plus qu’un message ces dernières semaines sont des femmes.

Et pourtant ce blog a été créé pour partager un roman dont le sujet devrait rebuter bien des femmes. Ne s’agit-il pas d’un homme qui subit une addiction pour les femmes vénales, un homme qui achète pour un instant le corps de femmes. Qu’il en ressorte frustré et en colère contre lui-même n’y change rien. Qu’il soit aussi victime d’un mal dont, malgré les années il n’arrive pas à se guérir, n’est guère une circonstance atténuante. J’avoue, mais est-ce nécessaire, qu’il y a beaucoup de moi dans cet homme. « Roman de rédemption » ai-je écrit aussi. Quand j’écris « c’est ma bouteille, c’est ma seringue », ce n’est pas juste une phrase. Non, c’est vraiment subi.

Et pourtant, malgré la frustration, malgré l’addiction, n’ai-je pas respecté ces femmes que l’on affuble du qualificatif « de petite vertu » ? J’ai oublié la plupart d’entre elles aussitôt après les avoir quittées, retournant immédiatement à la frustration, au regret d’avoir une fois de plus succombé. J’ai cherché à comprendre comment cette addiction était arrivée, comme elle m’avait tenu prisonnier. Et même aujourd’hui où j’en suis libéré, je ne peux rien expliquer. Certes, je trouve quelques circonstances, en particulier celle d’un quartier que j’étais obligé, à une époque de ma vie, de traverser quotidiennement, mais rien ne justifie la chute. De toutes ces femmes, je garde le souvenir de quelques unes avec qui j’ai eu des relations amicales, parfois tendres mais pas amoureuses. Et puis, il y a eu celle qui a inspiré ce texte. Une passion ? Non, un amour. Il s’est installé petit à petit et s’il a été vaincu par ce qu’on appellera « raison », par des difficultés matérielles accumulées, l’affection, elle, est restée. J’espère qu’elle restera.

Et malgré ce sujet sordide, malgré ce que l’on peut penser d’un homme qui se livre aux pratiques que j’avoue dès mes premières lignes, malgré aussi l’aveu qui est fait d’une origine bien réelle de ce qui est raconté, ce sont des femmes qui réagissent, qui parfois me racontent leurs propres tourments. Peut-être les hommes retrouvent ils certains de leurs propres errements et préfèrent-ils se taire. Peut-être aussi sont-ce plutôt les articles écrits au jour le jour, dont certains n’ont plus rien à voir avec ce qui m’a fait créer ce blog, qui poussent ces femmes à me laisser quelques mots, quelques pages parfois. Sachez mesdames que je vous ai toujours aimées, qu’une obsession maladive m’a longtemps tenu prisonnier loin de vous, m’attachant à vos sœurs qu’un sort malin a contraint à vendre leur corps. Je m’en suis éloigné, je suis enfin libre. Oui, libre de vous aimer. De vous aimer de loin, bien sûr, en ce qui concerne celles à qui je m’adresse aujourd’hui, même si à l’une de vous, j’ai lancé un « je vous aime » qui est une déclaration, certes, mais d’un amour spirituel au travers des mots qu’elle nous offre.

Oui, je vous ai toujours aimées. J’ai su autrefois être « la copine » d’une femme qui était « mon copain ». Cette amitié n’a cependant pas résisté quand elle est devenue la femme d’un de mes amis. C’est que les relations d’amitié entre un homme et une femme ne sont jamais simples. Peut on être amis quand on a été amants ? Peut-on être amis quand on n’a pas l’attirance des amants ? Je ne sais plus. Mais est-ce le sujet ?

A vous, femmes qui m’avez donné vos mots, il est temps de vous dire que je vous aime, toutes.