Chère Côte d'Ivoire (nouvel épisode)

Publié le 05 décembre 2010 par Addiction2010

Eh bien on y est! La Côte d'Ivoire a deux présidents. L'un a été proclamé par les instances officielles et constitutionnelles du pays tandis que l'autre a été désigné par la communauté internationale. Quelle impasse!



Pauvre Côte d'Ivoire, qu'as-tu fait pour en arriver là? La seule certitude, que tout le monde devrait partager, c'est que ces élections ont été une lamentable farce. Toute une partie du pays était contrôlée non par le pouvoir mais par des milices qui avaient désigné leur vainqueur et étaient déterminées à empêcher de voter tous ceux qui étaient suspects de soutenir un autre candidat. Il suffisait de regarder les résultats du premier tour pour constater que le scrutin n'avait pas été libre, même si la fameuse communauté internationale préférait l'ignorer puisque les scores staliniens dans certaines régions étaient en faveur du vainqueur qu'elle avait choisi depuis longtemps, celui que le club du Fouquet's avait désigné comme représentant de ses intérêts.



Il n'est pas très politiquement correct en ce moment d'affirmer que Laurent Gbagbo est au moins aussi légitime qu'Alassane Ouattara... Cette élection n'est qu'une mascarade, elle ne peut désigner de vainqueur. Alors, autant en rester à Laurent Gbagbo qui n'a pas plus pillé le pays que ces prédécesseurs et a au moins tenté de travailler à son redressement. Il est de bon ton, en France, de voir en Alassane Ouattara, ancien ponte du FMI, l'homme de la situation. Pour défendre les intérêts de la France? Ou pour défendre des intérêts français, ce qui n'est pas exactement ma même chose?



Tous les français, sauf sans doute ceux dont il défend les intérêts coloniaux, devrait avoir honte du discours haineux éructé par le président français. Pour ces intérêts, Gbagbo est un « rouge » et cela suffit à le condamner.



De quoi je me mêle, me dira-t-on? Mais de ce qui ne me regarde pas, évidemment. Est-ce une raison pour me taire? Je ne suis pas un admirateur de Laurent Gbagbo, mais la façon dont on le montre en dictateur, le paternalisme avec lequel on choisit un pouvoir supposé complaisant, me pousse à le préférer. Malheureusement, on n'a pas demandé leur avis aux ivoiriens. Ou plutôt, on ne les a pas laissé partout s'exprimer librement. Et j'ai honte en entendant avec quel aplomb ceux qui prétendent me représenter décident sans même examiner la réalité de cette élection, qui doit être le représentant des ivoiriens.

Enfin, comme on m'a indiqué un texte écrit par un ancien ami de Laurent Gbagbo, qui dit tout le mal qu'il pense de ce qu'est devenu l'ancien opposant préféré d'Houphouet, voici le lien vers cet article.

Mais, au fait, n'est ce pas la dernière fois que j'écris sur la Côte d'Ivoire?

Cette image, ancienne, ce sont des CRS d'Houphouet qui patrouillent à la recherche de manifestants qui soutenaient Laurent Gbagbo. Hélas, il est à craindre qu'aujourd'hui, dans les rues d'Abidjan, le même uniforme soit vu.