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Le Faso a 50 ans!

Publié le 11 décembre 2010 par Addiction2010
Aujourd'hui, 11 décembre 2010, le Burkina Faso célèbre ses 50 ans d'indépendance. C'est un email, une « newsletter » à laquelle je suis abonné qui me le rappelle. Cela vient d'un site dont je ne saurais trop recommander la lecture à tous ceux que l'Afrique en général, et son développement au quotidien en particulier, intéresse.   La première fois que je suis entré en Haute Volta, c'était par le petit poste frontière au nord de Ferkessédougou en Côte d'Ivoire, sur la route de Banfora. C'était en avril 1982. A l'époque, en tant que volontaire du service national, je n'avais théoriquement pas le droit de sortir de Côte d'Ivoire, mais tout se passait dans une ambiance bon enfant et aucun douanier voltaïque ou ivoirien n'aurait eu l'idée de nous arrêter. Nous avions passé les deux jours précédents chez un autre VSN à Korhogo, c'était ainsi que cela se passait, et nous, nous les hébergions quand ils venaient à Abidjan. Il n'y avait guère de différence entre les paysages de savane du nord de la Côte d'Ivoire et ceux de la Haute-Volta. Nous avons laissé les falaises et cascades de Banfora pour gagner Bobo-Dioulasso. Il régnait dans cette ville une sorte de torpeur coloniale, les rues arborées autour du marché central offrait une relative fraicheur. Évidemment, il valait mieux éviter la partie du marché réservée aux bouchers, et surtout ce qui s'écoulait dans une large rigole à ciel ouvert, ou alors, il fallait y aller tôt le matin. Bobo était une ville agréable, mais nous n'y sommes pas resté bien longtemps car nous nous dirigions vers Ouagadougou, et de là vers Ouahigouya puis Mopti au Mali, sans oublier un retour prévu par l'ouest de la Côte d'Ivoire, d'Odienné à Man et San Pedro. Quel programme en deux semaines, mais mon propos n'est pas aujourd'hui de le raconter.     Bobo Novembre 1984   Je voudrais évoquer mon premier contact avec Ouagadougou. Je ne pouvais savoir à l'époque que j'y reviendrais souvent, et encore moins que j'y aurais des attaches familiales. Je garde le souvenir de cette route, goudronnée et quasiment rectiligne de Bobo à Ouaga. Sans doute mon souvenir exagère-t-il et la route n'était-elle pas aussi droite. Sans doute aussi la chaleur qui régnait accentuait-elle l'impression de monotonie. Oui, nous étions soulagés d'arriver dans cette ville réputée pour ses embouteillages de vélos. Et en effet, c'était bien aux deux-roues qu'il fallait prêter attention sous peine de causer un accident. Je dis souvent aux ouagalais que j'ai connu leur ville avec un seul feu rouge. C'est qu'à l'époque, Ouaga était une petite ville, l'aéroport était véritablement hors de la cité, même s'il était déjà au bout de l'avenue Yennega, et qu'on aurait pu sans difficulté effectuer le trajet jusqu'au marché central à pied. Ouaga, avril 1982 Je suis retourné à Ouaga deux mois plus tard dans le cadre d'une mission, un partenariat entre l'établissement où j'enseignais à Abidjan et l'université de Ouagadougou. Je confonds souvent ces deux visites, d'autant que la seconde, d'une semaine, fut la plus longue et me donna l'occasion de visiter quelques quartiers que les collègues ouagalais voulurent me montrer. Ce que l'on montre au blanc en visite... Les sculpteurs de bronze et leur technique de cire perdue, par exemple, ou encore des tailleurs. Ce dont je me souviens à propos des sculpteurs, c'est surtout que leur bronze était fondu à partir de fil électrique de récupération. Je ne pense pas que cela ait beaucoup changé. Et puis, on m'avait montré le fameux départ du Mogho Naba. Je ne savais pas qu'un jour, j'irai dans son palais, si on peut appeler ainsi cette grande bâtisse, rendre hommage à son fils et successeur, mais là aussi c'est une autre histoire.   C'était il y a près de trente ans déjà. La Haute-Volta était un jeune pays, de vingt ans, calme, que Thomas Sankara n'avait pas encore sorti de sa léthargie, et qui n'avait donc pas encore pris le nom de Burkina Faso, pays des hommes intègres.     La pays est le même, les hommes sont les mêmes. Ouagadougou s'est beaucoup agrandi et modernisé. On a rasé les quartiers que j'ai connu au centre de la ville, plus de cases, plus de maisons en banco mais des immeubles modernes autour de larges avenues. Un peu de charme est parti ainsi et ceux qui vivaient là on été envoyés plus loin, dans des quartiers qui ont été créés comme Ouaga 2000 et autre cité an IV. Même le palais présidentiel est maintenant dans ces quartiers où les routes sont larges, bien plus larges que nécessaires, où l'on a construit des tronçons d'une autoroute urbaine qui un jour sera un véritable boulevard périphérique.     Ouagadougou montre des signes de développement. Mais est-il partagé? Dès que l'on sort de la ville, on retrouve les mêmes paysages, incroyablement verts à la saison des pluies et rouges le reste du temps. La vie dans les villages reste la même, elle aussi. Il ne faut pas croire que les gens, dans ces villages, soient malheureux et d'ailleurs, malgré ce que laissent penser les statistiques, on y voit beaucoup de vieux. La vie est saine et si l'on échappe aux maladies, surtout dans l'enfance, on peut atteindre un age avancé. Le Burkina, lui n'a que 50 ans. Ce n'est rien pour un pays, il grandira encore.            

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