Volonté, où te caches-tu?

Publié le 20 janvier 2011 par Bizz
J'ai récemment décidé de me remettre en forme, question de retrouver ma silhouette pré-Bébé fille avant de la déformer à nouveau pour Bébé 2. Je me suis dit qu'ainsi, ce sera plus facile de retrouver mon poids de jeune-adulte-pas-encore-mère même après le deuxième bébé. Des lubies comme ça, ça m'arrive plusieurs fois par semaine, mais j'abandonne généralement l'idée au profit d'un dessert chocolaté devant mon film préféré (avec une légère pointe de culpabilité, je l'avoue). Cette fois, j'ai senti que c'était la bonne.
Et je me suis gourrée sur toute la ligne. Question de volonté, je suppose.
D'abord, j'ai opté pour l'exercice physique. Je me suis dit qu'une heure de jogging par jour serait un bon début. Après consultation de mon horaire quotidien, deux moments s'offraient à moi pour le jogging : tôt le matin, c'est-à-dire que je devais me lever une heure plus tôt que d'habitude, ou tard le soir, une fois Bébé fille couchée pour la nuit. Étant brûlée de ma journée, le soir ne convenait guère, d'autant plus qu'une heure d'activité physique intensive juste avant de me coucher n'aiderait en rien mes problèmes d'insomnie. J'ai donc choisi tôt le matin.
La veille, je prépare des vêtements chauds et mon Ipod pour être prête rapidement dès le lever. Pleine de motivation, je règle le réveil-matin une heure plus tôt, sous les protestations de l'amoureux qui trouve que j'exagère et qui grogne à l'idée de se faire réveiller plus tôt. Je me couche et m'endors en pensant à ma silhouette d'antan...et me lève trois fois dans la nuit pour consoler une Bébé fille qui traverse durement une poussée dentaire, tout en combattant un rhume de garderie. Vous devinez la suite? En plein milieu de la nuit, je remets le réveil-matin à son heure habituelle, me disant qu'une heure de sommeil supplémentaire sera plus bénéfique à ma santé mentale qu'une heure de course au froid glacial. Le dossier de l'exercice physique est maintenant clos, je me contenterai de monter et descendre sans arrêt les escaliers avec Bébé fille qui sera alors la plus heureuse du monde de jouer aussi longtemps dans les escaliers, tout en continuant ma gymnastique habituelle lors de la préparation du souper pour éviter que le contenu bouillant de mes chaudrons se répande sur ma princesse solidement accrochée à mes jambes, sans oublier les séances intensives de pelletage de neige pour dégager la cour arrière afin que ma puce y joue sécuritairement sans avoir accès à la rue où circulent les voitures vroum-vroum qu'elle aime tant suivre. Voilà.
À défaut de faire plus d'exercice, je me suis dit qu'une bonne diète maison pourrait sans doute m'aider à atteindre mon objectif pondéral. Je devais couper sur les collations entre les repas, mauvaise habitude que j'ai gardé suite à l'allaitement de Bébé fille. J'ai aussi mis l'amoureux sur le coup. En soirée, s'il m'arrivait de me diriger d'un pas assuré vers le garde-manger ou le réfrigérateur, il se devait de me dire que c'était une mauvaise faim et d'attendre cinq minutes. Ça a bien fonctionné, généralement, l'envie me passait.
Jusqu'à ce qu'un soir où j'avais préparé au cours de la journée un gâteau au chocolat divin, l'envie me prenne d'en grignoter une petite portion devant la télévision. L'amoureux, fidèle acolyte, me rappelle alors à l'ordre en me signalant que je n'ai pas vraiment besoin de cette collation de soirée, ce à quoi je réponds, le regard sévère, que j'ai besoin de ce morceau de gâteau, que j'ai le droit d'en manger, que c'est mon corps après tout, que je n'ai pas passé l'après-midi à cuisiner pour que ce divin dessert pourrisse sur le comptoir, que la mode changera bientôt et la minceur sera alors out, qu'une récompense s'impose après la journée que j'ai eue et que rien ni personne n'y changera quoi que ce soit. L'amoureux, habitué aux remous que mes hormones causent, ne réplique rien et se fait tout petit sur le divan pendant que je déguste mon gâteau. Et la diète qui prend le bord elle aussi.
Finalement, je me suis dit qu'au moins, si je buvais plus d'eau, ce ne serait pas si mal. Deux litres d'eau par jour, ça coupera un peu mes envies de grignoter, je serai bien hydratée, j'aurai une belle peau, etc. Remplaçant mes quatre cafés quotidiens par de grands verres d'eau, j'ai pris le taureau par les cornes, comme on dit. Jusqu'au matin où, pas tout à fait éveillée par cause de manque de caféine, je me suis aperçue qu'au lieu de servir à Bébé fille son adorée rôtie au beurre d'arachide, je lui ai donné une tranche de pain avec de la moutarde. Sans compter les rêves étranges où j'étais pourchassée par des latés bien crémeux. Il va sans dire que le café est rapidement revenu à mon menu quotidien.
C'est ainsi qu'un matin, un peu découragée par mon manque flagrant de volonté, je me suis dit:
"Tant pis, je retrouverai ma silhouette quand j'aurai eu tous mes enfants".
Je me sens beaucoup mieux dans ma peau depuis que j'ai pris cette décision.