Mondaine,

Publié le 24 janvier 2011 par Colettesays

Je me glisse dans la peau d’un personnage. Je me donne le frisson.

Derrière le masque et le costume, les angoisses de l’imposture.

Une nuit comme une autre, une soirée qui cherche sa fin. Les nuits siamoises ne recèlent aucune surprise : l’errance s’achèvera au milieu d’une piste de danse. Les situations se répètent comme des refrains, et d’accords en fausses notes, les attentes disparaissent au gré des portes qui s’ouvrent et des barrières renversées.

Pas plus de deux minutes après m’être faite la réflexion que je devrais simplement rentrer me coucher, me voilà happée par la foule. Désormais en apnée au milieu d’un tunnel humain, je glisse entre les corps obstruants le passage avec l’habileté d’un animal de sang froid. J’avance le cerveau en veille ; l’air est ouaté, les lumière rougeâtres et les ombres caressantes. Lorsque soudain, un visage familier tel un verre d’eau froide en pleine gueule, me ramène à la réalité.

La familiarité s’accompagnant toujours de l’inconnu, j’ai le droit aux présentations. Ma connaissance feint l’euphorie, là où l’inconnu numéro 1 qui l’accompagne se contente de me saluer de la tête. C’est alors que l’inconnu numéro 2 fait erreur : « on se connait nan ?! Je suis sûr de t’avoir déjà vu ». Non.

Les surfaces sont des miroirs. Lorsque tu me regardes, que tu penses me reconnaitre, saches que ce n’est jamais moi, mais ton propre reflet que je te renvois. La vie mondaine a ses règles et ses dangers. Et j’ai retenu qu’on ne nage pas au milieu des requins sans miroir.

Je l’entends me dire que j’ai changé.

Je suis déjà loin.