Magazine Journal intime

Le quotidien s'écrase, enroulé sobrement dans la solitude aigre d'une couverture pelucheuse

Publié le 17 mars 2011 par M.
Le tas de viande rechigne, ingurgite à perdre haleine, de quoi t'as peur ma vieille, de quoi t'as peur, c'est pour refermer les cuisses que t'y a collé de la graisse il paraît, t'as mal au bide... Tu m'étonnes ! Trop baffrer, ça fout la haine mon gars, t'imagines pas. Je sais pas contrôler on dirait que je me suis plâtré, cimenté, bétonné le ventre, c'est lourd, c'est épuisant, on dirait que j'en ai jusque dans les poumons, faut arrêter, faut arrêter de faire ça j'ai envie de me déshabiller moi, je ne peux pas le faire dans cet état, j'ai envie de me foutre à poil et de baiser, de faire l'amour si tu veux bien, juste du sexe si tu veux pas, tant pis pour les traumatismes, je suis fatiguée d'avoir peur et je suis comme n'importe qui, j'ai besoin qu'on me touche sinon je me renfrogne, je me dessèche, je pâlis, je m'enlaidis, j'ai besoin qu'on me dise que ma peau est douce, sinon j'enfle et je m'aigris, je veux qu'on m'embrasse ma bouche s'ennuie tellement, mais je sabote mes propres plans, j'ai encore trop bouffé. Pleurniche pas, on prend un grand couteau et on tranche le surplus si tu veux, dans la rue chaque fois que je croise une jolie fille, une avec des jambes minces, je siffle pute entre mes lèvres, je les envie je n'ai pas envie d'être quelqu'un d'autre que moi mais je ne suis pas jolie, ils n'ont pas envie de m'aimer et même pas de caresser cette vieille carcasse, bonjour les névroses coucou, il - faut - arrêter. Je veux aimer on avait dit, on m'avait promis du sauvage, de l'explosion, du meurtre, mon ventre grogne c'est la famine, c'est le coupable il brûle, il tremble, vite, mettez n'importe qui dans mon lit et faites moi belle, faites moi belle, faites moi belle… Qu'est ce qu'on s'marre.
VERSUS
On se trompe certains jours tu vois, les deux genoux dans l'erreur et le nez paresseux, c'est un médiocre tapis d'hiver fallait pas enlever tes chaussettes ici, mais qu'est ce que tu fous, là ? C'est une soirée à passer en haut, sur le toit, entre deux barreaux de l'échelle, les yeux dans le vide et les joues rouges. La pénombre comme oreiller. Epaule contre épaule, défenses contre défenses c'est un pacte de guerrier, on finira débris d'ivoire et coeur battant, paume contre paume. C'est une nuit à raconter des histoires au coin du brasier qui me déchire le dos ; désape toi en mots il ne fera pas froid, puis si tu voulais la fermer fallait y penser plus tôt. Maintenant je veux tout connaître par coeur, je veux en croire un oeil, deux yeux, tous mes regards même cloués au réveil ; j'en veux plein la rétine jusqu'à ce que ça tâche mon t-shirt et que ça déchire mes collants. Les piafs, ils font rien que s'encanailler. Souffle doucement ou brûle toi la langue, du café, du rhum, du thé, même de l'eau chaude, ça ira, tu crois que quelqu'un dort sur la bouche d'aération tout au sommet du monde, je ne sais pas, le secret tu comprends c'est juste de bien laisser bouillir dans les artères jusqu'à ce que le soleil se trahisse. Il faut qu'on inverse mec, qu'on échange, l'envers de la loi du talion, toi l'air et moi les pulsations, prends, sers toi, puise et creuse et arrache j'ai des réserves, jure et plante toi ça dans le corps, passe moi les fils, je soude, on sera des tricheurs, des mauvais perdants, des petits cons et des grands fous, les accrocs de l'éternité.
Conclusion : de la cohérence, il nous faut de la cohérence...

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