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Banzaï

Publié le 18 mars 2011 par Addiction2010

 

Longue vie, longue vie à l’empereur… En son palais de Tokyo, sera-t-il irradié ?

Il paraît de plus en plus probable que cela va mal finir. Au début, on nous a encore raconté des fariboles, on a minimisé l’incident, comme d’habitude. D’ailleurs, c’était un incident, pas même un accident. Mais il arrive un moment où on ne peut plus cacher la vérité : nous sommes en face d’une des catastrophes les plus graves du nucléaire civil.

Tout cela est loin et ne nous concerne pas, pourrait-on penser. C’est vite dit : ces centrales, au moins l’un des réacteurs, utilisent comme combustible un pur produit du génie français, à base de plutonium. Déjà, le plutonium est une aberration, c’est ce qu’on appelle un « transuranien », un élément qui est au-delà de l’uranium dans la table de Mendeleïev. Sans doute, cela ne dira-t-il pas grand-chose à ceux qui ont fait peu ou pas d’études scientifiques, mais ce tableau, dit périodique des éléments, trônait dans toutes les salles de physique du lycée, et il en va probablement toujours de même. L’uranium est l’élément simple le plus complexe qui existe dans la nature. Déjà, un élément simple complexe, c’est suspect.

Toi élément simple

Plutonium fils d’uranium

Tu es trop complexe

Foutu plutonium

Trop complexe pour être honnête

Faux derche comme ton père


Le plutonium n’existe pas dans la nature, ou alors à l’état de traces, parce que ce n’est pas un élément stable, il se transmute mais ce n’est pas une histoire de pierre philosophale. Cela prend pas mal de temps, mais à la longue, il disparaît et retourne à l’état d’uranium. L’ennui, c’est que les centrale nucléaires produisent ce fameux plutonium (c’est bien expliqué par l’ingénieur Wolff dans « Objectif Lune » p14 quand Haddock s’inquiète du sort des neutrons) et qu’on ne sait pas quoi en faire (sa demi-vie,  le temps qu’il faut pour que la moitié de sa partie radioactive se désintègre, est pour l'isotope 239, de 24000 ans). Alors forcément, des ingénieurs ont eu l’idée de l’utiliser comme combustible dans des centrales. Sauf que ce plutonium est une belle saloperie si jamais il est libéré dans la nature. Déjà que si on le stocke, on ne sait pas trop bien ce qui va se passer, mais on a été géniaux : on l’utilise et on en met carrément dans des réacteurs. C’est toujours pareil : si tout se passe bien comme prévu, aucun problème. Sauf qu’à force de jouer avec les allumettes, un jour ou l’autre on s’y prend mal, ou alors le vent emporte l’allumette. Cette fois, au Japon, le vent ce fut un séisme et surtout le tsunami qu’il a déclenché. Et personne ne sait ce qu’il va advenir de ce plutonium made in France qui pourrait bien se répandre dans la nature japonaise.


Qui dira encore que nous ne savons pas exporter ? Si, si, pour les cochonneries, nous sommes très forts. Des armes vendues à Kadhafi, vous savez, celui qui a un ami devenu fou, pour massacrer son peuple. Et du plutonium aux centrales japonaises. Certains jours, on n’est pas trop fier de son passeport. Il va falloir sérieusement songer à demander l’asile. Mais où ?


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