Mon stage d’aquarelle avec Xavier Swolfs

Publié le 26 mars 2011 par Masmoulin

Avant de commencer : Xavier Swolfs et une partie des stagiaires

J’ai suivi récemment le stage de printemps, Eliane Joosten et Martine Vanparijs organisé à Loverval , près de Charleroi, dans les locaux du Centre Adeps installé dans « Ferme du Château » ancienne dépendance des Princes de Mérodes. Le stage était animé par le grand aquarelliste belge, Xavier Swolfs. A ce stage, outre les organisatrices, il y avait vingt quatre participants (22 femmes et 2 hommes)

 Tout le monde avait préalablement reçu la photo du sujet à exécuter : un bateau, sur le sable et les roches, à marée basse, arrimé à un quai de pierre, qui le surplombait. Et donc il n’y avait pas de temps de perdu pour dessiner le sujet.

Xavier a exécuté devant nous la première phase de l’aquarelle puis chaque participant est reparti devant sa feuille blanche. Après cette première phase d’exécution, Xavier, a poursuivi l’avancement de son aquarelle, puis retour à son travail. Ce déroulement s’est poursuivi trois ou quatre fois. Je dois souligner qu’il montre et explique tout, répond à toutes les questions sans réserve. C’est un artiste généreux qui nous fait partager se passion pour l’aquarelle.

Bateau amarré à marée basse

Aquarelle peinte  en 1ère partie de stage

par Xavier Swolfs

Dans l’après midi Xavier Swolfs a exécuté une seconde aquarelle. Le propos initial étaitune œuvre abstraite par une approche gestuelle libre. Son propos etfutur titre de l’œuvre était de « nous en montrer de toutes les couleurs »

Xavier Swolfs nous en montre de toutes les couleurs

Par l’application de larges touches de pigments, à l’aide d’un grand spalter, et avec de l’eau généreuse, qui génèrent des coulures et autres traces, l’on a vu se dégager une œuvre. Xavier travaillait avec sa feuille orientée dans le « sens portrait ». Très vite il est apparu que dans le « sens paysage » s’installait justement un paysage certes imaginaire mais tout à fait figuratif. A l’aide de touches successives est né devant nous un sublime paysage de montagne. J’étais comme beaucoup, enthousiasmé

“Paysage imaginaire” réalisé en seconde partie du stage par Xavier Swolfs

La journée s’est terminée par la présentation des aquarelles des participants. Il y avait de jolies réalisations.

En fin de journée, Xavier Swolfs commente ses travaux des stagiaires

Tout au fonds de la salle, il y a quelque chose de très moche. Vous devinez qui en était l’auteur. Aussi, dès mon retour, elle est partie dans la poubelle à papiers. Personne n’avait, comme moi, amené du papier tendu sur châssis. Il semble même que beaucoup n’ont pas du tout cette approche. Ma première phase d’exécution s’est correctement déroulée et Xavier m’avait dit que c’était bon. Mais au retour de la suite de la démonstration, des « bâches » s’étaient formées et l’harmonie des tons avait disparue et laissait place à de larges auréoles. Dans la technique que Dominique Coppe m’a apprise, l’abandon de son travail « en rase compagne » ne pardonne pas.J’aurai du à ce stade tout simplement prendre une autre feuille et recommencer. Il faut dire que la plupart des personnes travaillaient dans un humide très parcimonieux avec minutie, dans une approche assez documentaire. C’est ce que j’aurai du faire aussi. Mais tout cela n’est pas grave.

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Au fil des démonstrations Xavier Swolfs nous a montré sa manière de faire et livré quelquesastuces.

 - Xavier Swolfs travaille sur du papier-carton aquarelle Leonardo -600 gr. – grain fin en grand format de chez Hahnemuehle ou encore chez le même fabricant du Tiepolo 450 gr. A noter que Canson commercialise  un Papier similaire dans la gamme Arches

- Pendant ses démonstrations, il n’a utilisé que deux pinceaux, un large en poils de naturels, genre chèvre, et un « pinceau traceur » à long manche pour les détails. Il nous a aussi sorti un « peigne » en métal issu de l’industrie, pour tracer des larges stries indélébiles lors de l’approche gestuelle.

- Il fait fréquemment usage de projections de couleurs ou d’eau claire, bien entendu, au moment approprié du cycle de l’eau

- Il utilise souvent du papier absorbant pour ménager des blancs, genre kleenex ou sopalin.Par contre il ne fait pas de réserves avec de la gomme à masquer dont l’aspect est sans nuances

- Pour respecter les temps de séchage, il peint toujours sur deuxaquarelles en parallèle

- Dans certains cas, comme il utilise des matériaux divers qu’il applique en cours d’exécution, des brindilles, les feuilles, de cailloux, et ici du sable sec, qui va absorber l’eau en laissant des traces intéressantes.

-En fin de réalisation il place l’aquarelle dans un passe partout. Il choisit par exemple la meilleure partie de l’œuvre en rejetantla partie la moins intéressante. Souvent, il retient un format carré 50 cm x 50 cm qui donne de l’énergie à l’œuvre.

Xavier Swolfs sera présent à la 2ème biennale de l’aquarelle de Saint-Cyr-sur-Mer dans le Var où il exposera ses oeuvres et animera un stages en mai-juin 2011  

J’ai trouvé une vidéo, mise en ligne en 2010, par l’Associazione Italiana Acquerellisti - AIA réalisée lors d’une démonstration faite par Xavier Swolfs. Elle est parfois un peu sombre, mais elle permet de montrer sa gestuelle