Le boss est mort

Publié le 10 avril 2011 par Gintonhic @GinTonHic

Quelle soirée hier!

Retour en arrière. Près de quarante ans. Pas possible!

Je crois bien que c’était notre premier spectacle avec les grands. Mon père adorait son humour. Il avait même des disques de ses spectacles. Mon père nous l’a fait aimer, bien malgré lui. Chaque fois que ses disques jouaient, ma soeur et moi déclamions en écho. Ses monologues, nous les savions tous par coeur. À la virgule près. J’avais 10 ans; ma soeur, 13.

Peut-être avez-vous deviné de qui je parle?

Le seul et unique : Yvon Deschamps.

Ce dernier ne sait pas qu’il a bousillé ma vie. Totalement.

J’étais trop jeune pour voir, entendre, un tel homme dont l’humour dépassait les plus grandes intelligences. Mon père nous a fait plus qu’aimer la finesse de son humour, il nous l’a fait déguster. 

Imaginez! J’avais à peine 10 ans. L’âge où l’on rêve au Prince charmant qui nous enlève du haut de son cheval blanc pour nous aimer jusqu’à la fin des temps. Et là, devant moi, devant mes yeux, devant mes oreilles, devant tous mes sens, l’intelligence sacrée. Celle-là qui me ferait un jour rejeter chaque homme qui ne l’avait pas, transformant ma vie en une quête sans fin.

Alors, hier, c’était Benoit Brière qui jouait le gars de l’usine, pauvre ouvrier, veuf et plutôt niais dont le boss venait de mourir.

J’ai aimé l’interprétation de Brière.

Cependant, rien ne peut éclipser un Yvon Deschamps qui joue du Yvon Deschamps. Même que, à quelques reprises, a surgit de mes lointains souvenirs, comme une apparition : 

On veut pas le sawoiiir, on veut le woiiir!

Propos intemporel. Tantôt drôle, tantôt triste. Des mots qui vous parlent dans la face, mais surtout dans le coeur. Un kaléidoscope d’émotions. Tellement, qu’à la fin, j’avais le coeur aussi ébranlé que lors de mon opération pour l’arythmie.

Ma soeur et mon beau frère m’ont offert cette sortie. Je les remercie encore pour ce voyage magnifique dans le temps et les souvenirs.

Pour ce qui est de ma longue quête de l’homme à l’humour semblable à celle d’Yvon Deschamps, j’abdique.

À l’impossible, nul n’est tenu!

Pour en savoir plus sur ce spectacle, cliquez sur : site officiel


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