C'est ça, Denys adorait les défis et les difficultés. Pour des immigrants comme lui, réussir n’était jamais facile et je sais de quoi je parle. Si vous débarquiez en Amérique en tant qu'adulte, avec un bon gros accent français qu'il était presque toujours impossible de perdre, il devenait très difficile de ne pas être catalogué comme quelqu'un de sérieusement limité. Pour des français comme nous, il semblait acceptable d'être coiffeur ou chef de cuisine, mais pas autre chose ; une autre activité aurait un peu trop bousculé les a-priori des américains.
Pourtant, contre toute attente, Denys s’était construit une carrière enviable de représentant en articles de sports. Pour y arriver, il avait simplement du travailler beaucoup plus que les autres, il lui a fallu fournir un service superieur à ses clients et effectuer un bien meilleur service de formation auprès de son personnel, en un mot, se rendre indispensable, le tout dans le but de développer et de maintenir un volume d'affaires impressionnant. Tout cela sans tomber dans le schéma stéréotypé qu'ont trop souvent les américains à propos des français. Comme quand il skiait en poudreuse dans une visibilité très réduite, Denys savait voir les ouverture, les occasions et était capable de s'y concentrer avec toute sa vigueur et tout son cœur.
Denys, j'espère sincèrement que là où se trouve ton âme aujourd'hui, il y aura plein de pistes vierges, de magnifiques pentes et beaucoup de grand espaces prêts à être explorés ...