14. Arrivée

Publié le 21 mai 2011 par Eternelleamoureuse

Je me sentais bien, ce matin. J’ai fait pas mal de choses puis suis partie faire des commissions. Le temps de manger un hamburger et il est l’heure d’aller à l’aéroport chercher Benjamin.

Il sort rapidement. Je suis assise, il passe tout droit. Je l’appelle, il se retourne et s’arrête. Je me lève et m’approche. On ne sait pas de quel côté se pencher vers l’autre pour se faire une colle aussi ça finit qu’on se fait un bec sur le coin de la bouche avant de se serrer. C’est la première fois que ça nous arrive.

Je sens son énergie complètement ouverte envers moi, différemment qu’avant qu’il parte, cependant, paisible. Comme si c’était permis, maintenant.

Son ouverture déclenche une fermeture automatique et réflexe de mon coeur et j’installe automatiquement une distance. La protection, la fuite, comme toujours, la fermeture quand je sens qu’il pourrait se passer quelque chose d’agréable avec un homme, qu’il me témoigne de la gentillesse ou de la tendresse, de l’affection ou juste de l’intérêt.  J’ai de la peine à accueillir qu’il soit ainsi ouvert.

On parle un peu de Bernadette – «la vieille», «la bonne femme», comme il l’appelle -, par courtes phrases et moments. Il me raconte un peu son voyage. Quelques silences ponctuent le retour en auto à la maison.

Je le dépose chez lui et rentre à la maison faire du jardin.

Autant je me sentais fière et libérée ce matin, autant des larmes montent alors que je suis en train de bêcher… Je ne comprends pas ce déluge subit. Un abcès qui vient de crever ? Un trop-plein retenu qui déborde ? Je fais juste accueillir ces émotions.

Plus tard, j’écris un courriel à Benjamin pour lui dire de ne pas m’en vouloir de ne pas venir chez eux dans les jours à venir, que je ne me vois pas assise entre lui et elle dans leur salon à placoter (suivant la configuration du salon et du canapé, c’est ça que ça donne effectivement). Je lui explique sans trop de détails que j’ai fait tout un chemin après notre discussion à l’aéroport, que je suis heureuse et fière du chemin parcouru et veux continuer à me suivre dans ce que je ressens maintenant… En aucun temps, je ne parle de lui, juste de ce que je vis et ressens. J’ose lui dire que j’ai vécu une onde de choc suite à notre discussion…

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