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Du Pire(e)….

Publié le 20 mai 2011 par Yelyam


Récit d’un séjour à Athènes – Episode 5

L’histoire commence par un téléphone qui sonne dans la nuit. Ah, non… on recommence : 

L’histoire commence par un téléphone qui sonne dans un appartement dont les deux occupantes sont encore endormies… 

Le plan suivant se déroule une heure plus tard et voit deux nanas sur le Port du Pirée

Ici, j’aimerais qu’on applaudisse la performance de ces filles qui sont parvenues à être prêtes, à boucler leur sac de voyage et à traverser la ville en un laps de temps aussi court. On applaudit vraiment, car ce sera là leur seule récompense : elles ont raté le bateau (pour aller à Hydra). 

Cette histoire est également celle de cette hôtesse de la compagnie maritime qui est à bout de nerfs : elle est rouge, nerveuse, a du mal avec un client qui semble mécontent. Elle lui crie dessus tellement fort qu’il arrête de parler, ne dit plus un mot, sort en silence… Quant à savoir le pourquoi du comment, nos deux héroïnes n’ont rien compris à l’échange…. 

Mais revoilà la même hôtesse, une dizaine de minutes plus tard, qui à nouveau s’énerve, cette fois parce que c’est elle qui ne semble pas comprendre le comment du pourquoi de ce que lui demandent nos protagonistes. Vite elles lui font leur plus beau sourire ; vite elles lui montrent qu’elles ne vont pas s’énerver sous prétexte qu’elle ne sait pas les aider, vite elles tentent de la calmer avant qu’elle n’éclate, avant que toute la circulation du Pirée ne s’arrête face à son visage plus rouge que le feu de signalisation, vite elles sortent chercher ailleurs leur ticket… 

N’oublions pas non plus l’histoire de cette vendeuse de textiles « made in China » (la vendeuse et les textiles). Sans que rien ne puisse le justifier, elle semble prendre peur. On la comprend : elle est seule dans sa boutique, face à une inconnue à la chevelure bouclée. Cette étrangère ne serait pas là l’une des mythiques Gorgones

Voilà notre Chinoise ne sachant comment gérer ce qui semble être une peur panique. D’abord, elle ne lâche pas la cliente d’une semelle, elle décide de lui interdire de toucher aux vêtements ; et elle modifie arbitrairement les prix. A la hausse. 

Ensuite, elle l’informe que rien ne peut être essayé. Elle interroge la cliente sur ses motivations quand celle-ci lorgne du côté des jeans, puisqu’ils sont tous pour hommes. Oui même les plus petits, là. Non, elle ne peut pas en acheter…. Non, même si c’est pour faire un cadeau. Enfin, elle décide de mettre fin à cette visite de courtoisie, la cliente doit comprendre qu’elle ferme à seize heures, et vu qu’il est déjà quinze heures trente… Elle la met dehors, comme on sort les petits chapardeurs…A croire que de son seul regard, la candidate acheteuse, risquait de réduire à néant la marchandise, le magasin, la réputation, voire la vie de cette vendeuse… 

On notera que ce n’est pas l’histoire de la visite du musée du Design, dans un des plus jolis bâtiments de la ville, le Théâtre Municipal du Pirée, pour cause de travaux empêchant le passant de regarder même l’architecture extérieure. 

On passera rapidement sur les contrastes offerts par tout port qui se respecte : à gauche les boutiques chics, avec cette fabuleuse robe orange (Lobster Red, en fait…) de Marc, By Marc Jacobs, et à droite, un voleur, un vrai, qui tente de vendre aux passants un Iphone 4 (mais l’histoire ne dit pas s’il s’agit d’un vrai), et entre les deux des rues entières de boutiques de brocanteurs et de trottoirs aux tonnes de détritus… 

Heureusement, cette histoire finit bien, puisqu’à la fin du week-end, nos deux héroïnes et leurs amis étaient tous à l’heure pour le retour en bateau.  ..Seul un téléphone portable manquait à l’appel. Ce qui est bien regrettable pour un téléphone, on en conviendra…

Mont de Muses, 5 avril 2011


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