Magazine Humeur

Leçons de storytelling de la ruralité (1)

Publié le 24 mai 2011 par Storytellingfrance
Maison-storytelling

Je vis à la campagne. Enfin, pas très loin d'une grande ville, mais c'est quand même la campagne, par ici.
Et certaines histoires que j'y vis me font dire qu'il y a des leçons à en tirer en matière de pratique du storytelling. Oui, cela fait un peu hippie du storytelling, mais bon...
Alors voici une première leçon.

Je me souviens avoir eu à faire des travaux dans ma maison. J'ai fait appel au menuisier local, recommandé par un voisin que je ne connaissait pas plus que cela. Evidemment, je ne pense pas qu'en ville, où j'avais vécu auparavant, j'aurais demandé ce type de renseignement à un voisin. Je ne vais pas vous sortir la litanie de l'individualisme, du chacun pour soi et blablabla. Non, c'est tout simplement que je n'aurais jamais eu l'occasion d'observer suffisamment mes voisins urbains pour en déduire que je pouvais leur demander ce type de renseignement.
Car, bien entendu, mon cher voisin de la campagne, je l'ai choisi. Je ne suis pas allé voir un autre voisin : je suis allé directement vers le détenteur de l'information dont j'avais besoin. Sans l'espionner, j'avais repéré des indices. Petit à petit, au gré d'instants volés au hasard, entre deux portes, de garage, d'entrée, deux sorties dans le jardin... Et les recoupements qui ont suivi.
Bon, c'est aller un peu loin dans la déconstruction d'instants sans grand relief individuels, mais c'est pour bien faire comprendre le sens de cette leçon de ruralité.

Par comparaison, en ville, j'aurais aussi été exposé à des bribes, des indices, petits bouts de narration, mais bien plus épars, parcellaires et sans doute issus d'un nombre de personnes plus important. Difficile, donc, d'en tirer vraiment du sens.

Alors, cette leçon ?
Bien entendu, j'ai été très satisfait de la prestation de mon menuisier local, qui, tout en étant généraliste, avait une spécialité cachée, qui était justement le savoir-faire dont j'avais besoin. C'est grâce à mon voisin que je l'ai su. Pas parce qu'il me l'a dit, mais parce qu'avant de lui demander conseil, j'avais observé le soin qu'il mettait à l'entretien de sa maison, et particulièrement à ses boiseries. Il était forcément homme à faire appel à un spécialiste.

Bon, cette leçon :
Profiter de tous les instants, même les plus brefs, pour récupérer des fragments narratifs, quels qu'ils soient. L'observation permet la connexion, la mise en réseau avec ces fragments d'histoires. Et en même temps, à travers l'histoire que je développe avec ce voisin, j'enclenche d'autres connexions (avec le menuisier...). D'autres histoires en cascades. Tiens, le menuisier m'a raconté lui-même une histoire à propos de ma maison, que je raconterai un jour...
Encore une fois, ce n'est pas pour me plonger dans des préjugés à propos des citadins, mais il est vrai qu'en ville, on est moins dans l'observation. Tout simplement parce que l'on n'a pas la possibilité de le faire. Et aussi, parce qu'on est naturellement plus dans la performance que dans l'observation.

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