Petites questions...

Publié le 30 mai 2011 par Trinity

Pour défendre les plus faibles, faut-il être soi-même faible ?

Etre de gauche, est-ce être pauvre ?

Etre de gauche, est-ce être inculte ?

Qu'est-ce qu'être de gauche ?

Hériter de ses parents, est-ce être  bling-bling, est-ce une faute ?

Avoir de l'argent et utiliser cet argent est-ce une faute ?

Détourner de l'argent public est-ce plus honnête que d'hériter ?

Et si Vulgus Populus devenait Humaniste ?

Qu'est-ce que la morale ?

Le sexisme... Homme/Femme égalité ou équité ?

Qui est le plus sexiste ? Un Jack Lang stupide ou des femmes offusquées par quelques mots déplacés...

Les feministes sont-elles stupides ?


Qu`est-ce qu`être de gauche ? par Deleuze par Nouvelobs

19/03/2009 à 06h54

Débat animé par éric Aeschimann

Daniel Bensaïd Philosophe

La gauche n’est ni un «être» ni une essence, mais une position spatiale, relative et permutable. On est toujours à gauche (ou à droite) de quelqu’un. Il y a un centre gauche et une gauche du centre, et même une gauche de droite. Position relative donc : Libé est-il à gauche du Monde ? Et Aubry à gauche de Bayrou ou de Royal ? Cela dépend des circonstances, de la question, de l’opportunité, et parfois même de la météo.

Position permutable aussi : Royal considérée plutôt à droite d’Aubry s’est retrouvée sur sa gauche quand il s’est agi des Antilles ou de la Palestine. «Qu’est-ce qu’être de gauche ?» Mauvaise question à laquelle on répond la plupart du temps par des généralités sur les valeurs : l’égalité contre les discriminations, la solidarité contre la charité.

La bonne question serait de se déterminer par rapport aux enjeux de la lutte des classes, et surtout à celui de ces enjeux qui, au XIXe siècle, est devenu la ligne de partage entre la république positiviste bourgeoise et la république sociale. Socialistes, communistes, anarchistes étaient au moins d’accord sur ce point : la propriété, c’est le pouvoir et la lutte sociale est une guerre des propriétés. Nous en sommes toujours là : d’un côté, les eaux glacées du calcul égoïste, la concurrence «libre et non faussée», la guerre de tous contre tous ; de l’autre le service public, les biens communs de l’humanité, l’appropriation sociale et le «droit opposable» à l’existence (santé, éducation, logement).

Romain Goupil Réalisateur, écrivain

Il y a une différence fondamentale entre ceux qui disent «c’est comme ça», qui pensent que le monde est comme il est, et ceux pour qui les choses ne sont pas inscrites pour l’éternité et sont susceptibles d’être modifiées. Etre de gauche, c’est l’idée qu’il faudrait aller vers un monde commun. Néanmoins, à partir de cette idée qu’on peut changer le monde, il y a eu beaucoup d’expériences et de drames. J’ai un certain âge, ce qui me permet d’avoir de la mémoire sur les échecs. Par rapport aux buts d’autrefois - faire un homme nouveau - la faillite est patente, mais on n’en a pas encore tiré toutes les conclusions. Faire la mémoire et la critique de toutes les erreurs, de toutes les fausses pistes : ce serait ça, être de gauche. Ou, pour le dire autrement : il n’y a pas de but suprême et la fin ne justifie pas les moyens. On peut changer les choses, mais en ayant à l’esprit toutes ces erreurs. Ma grande erreur, c’est d’avoir pensé qu’on détenait la vérité et qu’on pouvait l’imposer par la violence. C’est pourquoi, aujourd’hui, je pense que toutes les avancées sont bonnes à prendre, tout ce qui supprime des frontières, tout ce qui permet d’agir au niveau international : le tribunal pénal international, le droit d’ingérence, l’OMC…