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Afghanistan, le bilan canadien

Publié le 12 juillet 2011 par Hugo Jolly

Afghanistan, le bilan canadienVoilà que se termine une mission impérialiste pour en débuter une autre, plus profondément marquée celle-là, par l’idéologie des partis au pouvoir dans nos pays occidentaux, membres de l’O.T.A.N..

Car en effet, au bien triste bilan de la mission afghane pour le Canada et ses alliés, s’ajoutera à l’histoire triste du capitalisme la mission Libyenne, visant à stopper les initiatives économiques de Muammar Kahadfi pour libérer l’Afrique de toute ingérence économique des pays occidentaux. Et si certains soulignent qu’il a usé de la force pour réprimer ceux qui en usèrent avant lui, ils n’en sont pas moins muets lorsqu’on leur demande comment réagiraient les autorités des pays de l’O.T.A.N. si des rebelles armés d’armes lourdes et légères (un AK47, c’est une arme légère…) attaquaient les villes, les policiers et les militaires de leur pays. Ils leur lanceraient les fleurs? Ou le pot?

Mais revenons plutôt à cette mission afghane, qu’on dit terminée.

Quel en est son bilan? Quels sont les gains, non pour les pays de l’O.T.A.N., nous y reviendrons, mais pour les Afghans eux-mêmes? Qu’y ont-ils gagné?

Gain Pour Les Afghans?

Une démocratie? Pas vraiment. Hamid Karzaï ne fut jamais élu, mais fut plutôt installé dans son socle, comme le dictateur du pays, par les pays occupants, membres de l’O.T.A.N..

En effet, rappelez-vous le début du mandat de George Walker Bush Jr, la maison blanche envoie Hamid Karzaï, à titre de consultant pour UNOCAL, une branche de Chevron qui sera dissoute une fois passées les négociations avec ce que nomme à l’époque le gouvernement Bush, le «gouvernement Taliban». Bref, Karzaï tente de convaincre, vainement, les Talibans de laisser passer un oléoduc  sur leur territoire. Il ne le dit peut-être pas alors, mais le projet consiste à contrer le marché russe de Gazprom, qui domine alors le marché européen. L’affaire ne fonctionne pas et Karzaï rebrousse chemin. On connait la suite. Il sera installé à titre de président de l’Afghanistan, via des élections truquées qui feront pour l’O.T.A.N., office de démocratie (Ça vous donne une idée des potentialités en Lybie…). Or, les boîtes de scrutin n’ont jamais dépassé les quelque points de contrôle de l’armée d’occupation et le dictateur finira par contracter sur internet, le surnom de «maire de Kabul», vu le si faible appui reçu dans les faits apparents.

Ils ont gagné quoi sinon? La sécurité? Pas du tout, même qu’au contraire, les attaques se font de plus en plus fréquentes, et précises surtout. Les rebelles afghans sont toujours aux portes de Kandahar, de Kabul et des autres grandes villes du pays. Ils titillent les forces de l’O.T.A.N., à faibles coûts, en lui lançant de temps à autre des obus sur la tête. Juste pour dire qu’ils y maintiennent un continuel combat, permanent. Sinon, les bombes artisanales, les «Improvised Explosive Device», font énormément de victimes chez les soldats afghans et les troupes de l’OTAN. La sécurité ne peut donc pas servir de base argumentaire à ceux qui sont fiers de cette mission, impérialiste, de toute évidence.

Et que dire du marché de l’opium, ayant explosé depuis la présence des forces de l’OTAN en Afghanistan? Plus de 90% de l’opium mondial est fourni par l’Afghanistan, où des proches du dictateur Karzaï (Ahmed Wali Karzaï) s’occupent des affaires lucratives, tant pour eux, que pour la CIA. Il faut savoir que l’opium avait pratiquement disparu du marché afghan, sous le règne des Talibans, et qu’on ne peut donc pas leur imputer cet ouvrage.

Et l’eau? Coca-Cola s’occupe déjà de l’affaire, en puisant dans la nappe phréatique, le nécessaire aux agriculteurs et aux éleveurs.  Certes, un barrage, des routes et des sentiers furent inaugurés au pays depuis son invasion, mais cela ne limite aucunement la fameuse compagnie de boisson gazeuse à piller la ressource la plus indispensable de l’Afghanistan, son eau raréfiée.

Et ces routes, qu’en est-il? Un camarade à moi, vétéran de cette guerre sale, jadis artilleur des Forces Armées Canadiennes, me décrivait la scène. Des routes, avec aux quelques kilomètres, des «Checkpoints» improvisés, illégaux, où les «valeureuses» forces afghanes pillent les gains contractés par les Afghans sur leur retour du labeur, à la maison… Voilà pour les seules routes empruntables et praticables!  Et encore faudra t-il les surveiller pour vrai, après le départ des troupes étrangères…

Sur les bases de l’O.T.A.N., des Afghans y travaillent, dont des enfants, aux côtés des forces afghanes y étant entraînées. Ce même ami à moi, y a été témoin de viol collectif sur des  jeunes garçons, ceux-là, payés pour nettoyer la vaisselle. En effet, il a bien vu des soldats afghans violer collectivement un de ces jeunes et après en avoir discuté avec son supérieur immédiat, il s’est fait dire de se mêler de ses affaires. Son envie de vider son chargeur sur les violeurs se cachait mal… Voilà pour le travail offert aux braves Afghans! Voilà pour les valeureuses troupes du dictateur Karzaï!

Et la démocratie? Quelle démocratie?!? Comment peut-on faire part d’une quelconque démocratie dans de telles circonstances? Comment peut-on faire croire aux masses que la liberté d’expression y est respectée, ou qu’il y a eu une réelle participation aux élections législatives? Nous l’avons vu, le «président» vient tout droit des tentacules des pétrolières et s’est muni d’un C.V. de la CIA pour prétendre à la présidence, via des élections truquées. Alors comment peut-on de suite, affirmer que l’Afghanistan, grâce à nos troupes tombées au combat, jouit désormais d’une démocratie? Il faut y croire, simplement, et comme les religieux, faire fi des faits, pour s’en convaincre. C’est bel et bien la dictature que nous y avons installé.

Mais alors, est-il possible que les gains n’aient été que pour les pays de l’O.T.A.N.?

Des Gains Pour l’O.T.A.N.

En contrepartie, les gains pour l’O.T.A.N. furent considérables. Une nouvelle situation géostratégique très forte, près des pays prochains à conquérir. Un sol riche en gaz naturel, en Nickel, et en divers autres métaux, mais surtout, le passage désiré par l’OTAN, d’un oléoduc, destiné à contrecarrer l’autofinancement de la Russie via ses gaz qu’elle vend à toute l’Europe, ainsi qu’à divers pays limitrophes.

Mais encore, on oublie souvent que le marché militaire désire aussi sa part de gâteau, et il aura été gâté depuis le début des hostilités, tard en 2001. Car en effet, les États-Unis d’Amérique surtout, et leurs acolytes, auront essuyé de lourds coûts pour mettre sur pied cette grande armée d’occupation et cela se répercute déjà d’ailleurs, sur les finances de l’Empire, en quasi faillite. Mais qui paie et qui en bénéficie? Le contribuable paie, et le fabricant d’armes encaisse. Des bombes qui s’entassent dans des entrepôts, ça perd de la valeur… Et d’autre part, la bourgeoisie n’a que faire de ces faillites, elle est sans logis, elle ira donc voir ailleurs s’il y a du prolétaire à exploiter.

La guerre d’Afghanistan est non seulement un fiasco social pour les Afghans eux-mêmes, mais un fiasco financier pour les contribuables occidentaux, lesquels sont désormais soumis à des politiques d’austérité forcées et lesquels devront donc faire les frais de la cupidité d’une minorité parasitaire et guerrière. Encore faudrait-il que cette minorité radine fasse elle-même sa guerre, mais elle préfère y envoyer la chair à canon du prolétariat.

Bref, les forces de l’O.T.A.N., au service de cette minorité parasitaire bourgeoise,  n’avaient que des potentiels de victoire, étant donné leur dessein préparé depuis belle lurette. Mais qu’y ont gagné les prolétaires Canadiens ou des autres pays membres au juste? Rien du tout! La mort! La dette! Et le regard impuissant de voir fricoter les forces de l’O.T.A.N. avec ces mêmes «Al-qeadiens» à Benghazi, en Libye, où ils sont de mèche dans un nouveau Coup d’État visant à contrecarrer les plans économiques de toute l’Afrique, qu’ils pilleront à son tour.

La guerre en Afghanistan nous aura coûté beaucoup, en vies humaines, en matériel, en fric, en temps et elle n’aura rien donné aux prolétaires Canadiens, ni à leurs enfants, encore moins de la sécurité. La haine ne peut que semer la haine.

C’est donc un échec retentissant et une guerre honteuse, qui n’aura finalement visé que destinées impérialistes.

Les Canadiens peuvent avoir honte de leurs troupes, qui n’ont servi qu’à maintenir une dictature en place, orchestrée celle-ci, par les maîtres incontestés de l’O.T.A.N., les États-Unis d’Amérique.

Honte aux missions impérialistes du Canada! Honte au Canada!



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