Georges Guillain | Voilà que tu es devenu poreux

Publié le 08 août 2011 par Angèle Paoli
« Poésie d’un jour

[VOILÀ QUE TU ES DEVENU POREUX]

Voilà
que tu es devenu poreux

ta vie
ton corps
bien près d’éclore

un demi-siècle

que tu es cette chose vivante
à son tour
sur la terre

et ne sait toujours pas quoi
t’emplit
te contient

dont tu parais soudain voûté
craintif
un ton plus bas

et cependant tu sens montant la simple côte
en faisant rouler la pierre

que quelque chose est là

pour toi

impossible à dilapider

Car
on t’attend quelque part
dans l’enfoui

comme autrefois

tu te souviens
de cette vie profonde sous la pile des linges

que tout était par devant
bien plié le journal sur la table
puis la table dans le jardin

avec du ciel

mais dans un fouillis débonnaire
d’odeurs et de regards
et de sœurs probes qui caressent

aujourd’hui tous ces vivants
jamais rejoints

sont-ils toujours de ta famille
pris ici dans les mots
n’ayant que ce lieu

pour rester

Georges Guillain, « Que ce lieu pour rester » (extrait), in Avec la terre, au bout, Atelier La Feugraie, 2011, pp. 89-90.



GEORGES GUILLAIN



■ Georges Guillain
sur Terres de femmes

six août | Georges Guillain, Compris dans le paysage
→ Que ce lieu pour rester (autre extrait)
→ Camille Loivier, Il est nuit (lecture de Georges Guillain)

■ Voir aussi ▼

→ (sur Poezibao) Avec la terre, au bout, de Georges Guillain (par Bruno Fern)
→ (sur le site des Découvreurs de Poésie) une fiche bio-bibliographique
→ (sur le site du Printemps des Poètes) une fiche de la Poéthèque



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