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Apprendre à composer et à lire une image

Publié le 03 septembre 2011 par Becauseazil @abdessamadazil

1. Une définition de la composition
La "composition" d'une image photographique consiste à mettre les éléments suivants en harmonie :
- les éléments de la scène (leur placement relatif)
- leur rapport de dimensions (masses, positions relatives dans le même plan et dans la profondeur, etc), prenant donc en compte la perspective.
- leurs couleurs mais aussi les tons clairs et foncés et donc l'éclairage
- la profondeur de champ  (les zones nettes ou floues dans la profondeur de l'image)
- le cadre dans lequel tous les éléments précédents prendront place.
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2. Les formats natifs de l'appareil photo
on privilégiera le mode paysage (horizontal) pour :
- les paysages (!), les panoramiques de paysage
- les photos de groupe
- l'architecture
- certaines photos de sport, comme l'automobile, etc
- ...
on privilégiera le mode portrait (vertical) pour :
- les portraits proches ou en pied (!)
- les fleurs, les arbres
- l'architecture
- les actions qui se déroulent en hauteur
- ...
Un format horizontal inspire plutôt le calme et la stabilité, mais aussi l'éloignement et la froideur.
Un format vertical est plus dynamique et plus intimiste et suggère l'action, mais peut inspirer l'instabilité.
Un format un peu particulier : le format carré
Certains ont ses détracteurs alors que d'autres ne jurent que par ce format.
Il faut tout de même se rappeler qu'il existe de nombreux appareils (argentiques), généralement haut de gamme, qui ne sont conçus que pour le format carré. C'est bien que l'on pouvait en faire quelque chose !
Le format carré requiert nécessairement un recadrage après la prise de vue puisque nos appareils sont nativement en format rectangulaire.
Ceci implique une perte d'informations. Il faut donc utiliser toute la résolution disponible au départ si on a l'intention spécifique de faire du format carré.
Pour ma part, je vois plutôt le format carré comme un allié que comme un ennemi.
L'intérêt du format carré, c'est qu'il est moins exigent que les autres formats en termes de placement des éléments dans le cadre. On pourra plus facilement utiliser un sujet centré avec un format carré.
Également, lorsque ni le rectangle horizontal ni le rectangle vertical ne sont satisfaisants, le format carré peut venir à notre secours et "sauver" un mauvais cadrage au départ.
Ses "ennemis" lui attribuent un caractère de compromis, de neutralité, voire de platitude.
Il est vrai que le format carré est un format plutôt "sage" et "timide", mais il faut reconnaître qu'il peut sauver une photo dans bien des cas.
Le problème avec le format carré, c'est qu'une illusion d'optique fait que la hauteur apparaît comme plus grande que la largeur (on fait moins d'effort pour balayer du regard horizontalement que verticalement).
Il faut tenir compte de cet effet pour cadrer/placer le sujet dans un format carré, en particulier en donnant une compression plus élevée des éléments dans la direction verticale.
Le format carré permet de centrer un sujet, de mettre un horizon au centre, etc (c'est la symétrie du format qui autorise ça). De plus, avec le format carré, on peut utiliser la règle des tiers, mais à condition de placer les sujets intéressants de la scène un peu en "dedans" pour éviter qu'ils ne soient trop près du cadre (les points rouges au lieu des points verts).
Il se prête mieux aux compositions ayant des lignes de force en Z, c'est à dire qui suscitent fortement un guide de lecture.
Souvent, il est intéressant de laisser l'un des carrés vides en opposition avec celui diagonalement opposé.
Après voir défini ensemble ce que nous entendons par "composition", nous avons abordé les formats natifs de nos appareils, dans leurs variantes horizontale et verticale.
Pour finir, nous avons abordé le format "carré".
Avant de passer à la suite (l'organisation des éléments dans l'image et les liens visuels qu'ils créent entre eux - chemin et lecture de l'image), il convient de préciser que les formats abordés ci-dessus ne sont pas les seuls.
On peut allègrement allonger un rectangle horizontal pour en faire un panoramique (idem pour le vertical - les panoramiques verticaux ont aussi leur place). Et bien entendu, tous les formats intermédiaires sont possibles.
Il suffit juste que leur choix soit justifié par le fait qu'ils apportent quelque chose au résultat final.
3. Lecture de l'image
Notions générales
La façon de lire une image (et donc une photo) est intimement liée à des caractères acquis et innés.
En d'autres termes, la façon dont nous allons lire une image dépend à la fois d'un apprentissage (connaissances acquises dont l'écriture, culture personnelle, culture sociale, culture ethnique,...) et à la fois de facteurs innés, généralement inconscients (cerveau reptilien, facteurs génétiques, etc).
Il y par conséquent des points communs sur la façon de lire une image (l'image sera lue de la même façon quelque soit l'origine raciale, ethnique ou culturelle de la personne) mais aussi des codes de lectures propres à chaque groupe humain.
La lecture d'une image n'est donc que partiellement universelle. Ce dont il faut tenir compte.
Pour illustrer ceci, on peut prendre les exemples suivants :
Catégorie de l'inné :
- les zones homogènes de taille importantes sont lues en premier
- les zones lumineuses sont lues en premier
- les zones nettes son lues en premier
- la présence d'un humain attire le regard
- la présence d'un visage attire le regard
- la présence des yeux attire le regard
- etc
Catégorie de l'acquis :
- l'image est lue préférentiellement de gauche à droite puis de haut en bas (culture Européenne)
- l'image est lue préférentiellement de droite à gauche puis de haut en bas (culture arabe)
- les couleurs auront des significations différentes suivant les cultures
- etc
Il faut donc essayer de tenir compte de ces facteurs clés lors de la composition d'une image car la perception finale n'est pas universelle et dépend fortement, mais dans un deuxième temps, de l'empreinte culturelle du spectateur.
Toutefois, les techniques de retouches numériques permettent facilement d'inverser une image (symétrie verticale) et de remettre après coup le sens de lecture dans le bon sens si cela est nécessaire.
Par contre, il est essentiel de noter que les facteurs innés sont ceux qui seront utilisés en premier lieu par le lecteur, inconsciemment, lors de l'approche de l'image.
Ils sont donc déterminants dans l'envie d'aller plus loin dans l'image et c'est donc sur ceux-ci qu'il faudra porter l'attention.
Article rédigé par transfxb (virusphoto)

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