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Au pied du béton, posées sur le bitume, il y a les carrioles....

Publié le 02 février 2012 par Fabrice @poirpom
Au pied du béton, posées sur le bitume, il y a les carrioles....

Au pied du béton, posées sur le bitume, il y a les carrioles. Les boui-bouis ambulants sédentaires. Du charriot à roulettes du soliste au stand bien implanté de la bande organisée.

Les plus organisés ont des glacières grandes comme des cercueils pour les boissons fraîches; les plus prévenants, des tabourets en plastoc qu’ils étalent sur le trottoir pour le confort de la clientèle. Cette dernière est de toutes les couleurs. Elle porte une cravate ou un tailleur; elle suinte de poussière et pue des pieds; elle est pimpante et cocotte le sent-bon avant d’aller trainer dans les bars; elle fait une pause dans sa journée qui n’est qu’une longue bataille; elle pose un cul deux secondes pour savourer le cholestérol en barres.

Pas de file d’attente, ni de ticket numéroté. En plein coup de feu, c’est une meute devant un cadavre à dépecer. Pour commander: jouer des coudes, s’avancer, s’approcher, identifier celui qui prend les commandes lorsque c’est une équipe, capter son regard (moins d’une seconde) et dérouler sa commande. Rapidement. Éviter tout cas particulier. Pas de sans oignon, pas de hot dog mais sans saucisse. Ne pas payer. C’est une équipe. Il y en a un dont c’est le boulot. Celui qui gravite autour. S’extraire de la meute. Pour les boissons, le préposé est accoudé sur le cercueil réfrigérant. Coca, limonade, jus de pomme, eau plate. Prendre et payer. Poser un cul sur un tabouret - placement libre. Patienter. Recevoir le corps du Christ. Lui casser la gueule. Payer.

Et tailler la route. Ceci était en réalité un non-événement. Un simple apport de lipides, glucides et protides.

La vie continue, en fait.


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