11 février / Le fils du roi - partie 4/4

Publié le 11 février 2012 par Blackout @blackoutedition
11 février Le fils du roi - partie 4/4 Marc II ressuscité régnait maintenant sur tout le royaume. Il chassait il recevait il festoyait, ne guerroyait plus et s'ennuyait. Un jour qu'il montait son fier destrier blanc dans une de ses immenses forêts, il tomba en arrêt. Il ne vit dès l'abord d'elle que sa longue cascade de cheveux d'or et ses reins penchés sur la rivière. Il descendit de sa monture. Elle se gerçait les mains à laver dans l'eau glacée les hardes de sa marâtre. Elle était belle, un teint de pèche des formes élégantes sous ses haillons. Il la trouva splendide. Il ne sut que lui dire : - Mademoiselle je suis le roi, voulez-vous m'épouser ? La nouvelle fit scandale chez les nobles du royaume, épouser une gueuse ! Mais le roi se fit des amis dans le peuple, cela peut servir en cas de soulèvement. Vint le jour des noces. Lorsqu'elle apparut dans le salon du château, gainée dans une robe immaculée et brodée d'or, les grands de ce pays ne purent que s'agenouiller. Le roi invita de nouveau le peuple et les bacchanales durèrent trois jours et trois nuits, pendant lesquelles Marc s'aperçut qu'elle n'était pas vierge mais n'en dit mot. Le vin coula à flot et les daims rôtis éblouirent les pauvres gens, dont certains n'avaient jamais mangé de viande. Il fallut cependant repartir au quotidien. Claire, c'était un nom simple et limpide comme l'eau, se promenait dans les allées du parc courtisait avec les courtisanes et neuf mois après naquit… Un héritier ! Choyé et remis quelques heures après sa naissance à une nourrice du peuple mais qui avait mamelles réputées. Le gosse fut nourri au sein deux ans durant. Claire prenait un bain de lait d'ânesse tous les matins, elle apprit à broder, à monter à cheval, ça elle aimait mais son mari refusait qu'elle l'accompagnât à la chasse : trop dangereux. Elle apprit à recevoir à festoyer elle prit vingt kilos en peu de temps elle ne lavait plus elle ne cuisinait plus on s'occupait de son fils comme d'un trésor. Elle ne savait pas lire. Si bien qu'un soir couchée sur les draps de soie, elle dit à son homme : - Chéri, je crois que je m'ennuie. Son mari mourut peu de temps après lors d'une chasse à courre, chargé par un cochon monstrueux, elle assura la régence le temps que son fils ait l'âge et tint le peuple d'une main de fer. Elle déclara la guerre au pays orange qui n'avait rien demandé, harnachée d'une armure d'argent elle était en première ligne et maniait l'épée comme le pire des garçons, tranchait les têtes des innocents et buvait leur sang. Le peuple se mit à la haïr et fomenta une révolte. Mâtée dans une violence peu commune. Les instigateurs de ce soulèvement furent écartelés en place publique, et la régente put continuer à dilapider les deniers publics. Son fils tenait à la fois d'elle - il arrachait les yeux des moineaux -, et de son père - il chassait à quatorze ans -, et lorsqu'il vint l'âge d'apprendre à régner, sa mère ne laissa à personne le soin de le former. Enfin elle s'amusait.

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