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Du sel à toutes les sauces

Publié le 05 avril 2012 par Arielle

sel

J’aime le sel, j’aime la mer, j’aime le sel de l’océan et je vis en rase campagne ! Sur ma table, il y a toujours une salière en guise de bienvenue et de pureté. Je me régale à manger les tomates à la croque-au-sel puis à lécher mes doigts, histoire de faire durer le plaisir. C’est tellement plus savoureux lorsque tout le jus remonte à la surface du légume, c’est tellement plus délicieux lorsque la tomate devient rouge écarlate, comme par magie, juste parce qu’on l’a un tout petit peu ornée de petits cristaux et que sa robe et sa texture ne font plus qu’un !

Comment ne pas saliver devant l’heureux mariage d’un radis en habit festif rose et blanc et du beurre délicatement salé, comment ne pas remercier tous les dieux de la terre d’avoir juste bien dosé pour que nos papilles s’émerveillent ?

Ah ! Le sel de la terre, celui qui nourrit, réveille et régénère. Ce divin cadeau, symbole de générosité : c’est du bonheur à l’état pur. Remercions à nouveau cet élément qui fait fondre la neige sur les routes, nous évitant bien des dérapages puisqu’en la matière l’être humain, si empreint de raffinerie manque de sel en son esprit. Nous mériterions bien d’être transformés en statues de sel, figés, confinés dans notre orgueil à vouloir dompter la nature. Seul le feu ouvrirait alors notre conscience, nous serions fondus et confondus dans une belle flamme jaune nous indiquant où brille le soleil et non notre gloriole. Les démons n’ont plus qu’à bien se tenir car tous les matins je jette une poignée de sel devant ma porte, ainsi point d’intrus dans ma maison.

J’étais allée me promener à l’île de Ré en compagnie de mes enfants. Nous avons bien évidemment visité les marais salants, inspirant, humant les vapeurs de la fleur de sel. Le mélange d’algues et de crevettes se plaisant bien dans les eaux salines, nous concoctait un paysage coloré, un vrai tableau de maître. Il ne fallait pas s’aventurer là pieds nus, seul le saunier s’y risquait et j’étais époustouflée. Les sauniers seraient-ils des fakirs ? Il faut vraiment aimer son métier pour se brûler la plante des pieds afin de ne surtout pas écraser un seul grain de sel. Les sauniers comme les marins au teint buriné par les embruns sont au service de la mer. Ils la bichonnent comme une déesse et Neptune peut être fier de ses sirènes qui les enchantent.

C’est là que j’ai découvert la salicorne et j’en suis tombée amoureuse. Je me demandais bien quelle était cette plante qui poussait le long des marais et ressemblaient étrangement à des haricots verts. Elle fait partie de mon quotidien désormais et j’aime à savoir qu’elle croît sur des sols riches en sel marins. La salicorne, c’est mon amie. Je préfère d’ailleurs acheter un pot de salicornes que d’avoir à payer la gabelle comme jadis. Quelle drôle d’idée que de taxer le sel, si indispensable à notre équilibre !

Je me régale aussi avec du jambon cru saumuré ou du saumon, accompagnés comme il se doit par des tartines beurrées. Les aliments conservés naturellement se gardent bien plus longtemps qu’au réfrigérateur et ils ont un goût… Comment dirais-je ? Un goût et une saveur de nos terroirs, un goût inimitable avec un petit air de « reviens z’y » et je ne vous ai pas encore parlé du fromage demi-sel ! Ah, cette fraîcheur en bouche, ce doux son de la mer que l’on perçoit à chaque bouchée, ce petit plus que donne le sel ! Je m’en lèche les babines.

J’ai eu bien souvent l’envie d’ouvrir un restaurant en bord de mer. J’y aurais mis une enseigne faite en pâte à sel et je vous garantie que seule la note n’aurait pas été salée. Alors, si vous passez un jour par la route du sel, n’hésitez pas, entrez, et proposez votre grain de sel. 


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