
Crédit photo : Céleste RC/FlickR
Tu apparais cachée dans les drapés de l’ombre,
Au petit matin, alliée des jours qui succombent.
Tu t’installes au comptoir, habituée invisible,
T’enivres seule des vapeurs aigres de l’indicible.
Tu traînes en ta compagnie les miasmes putrides,
Ressuscites les fantômes élimés des rimes acides.
Tu te caches, trompeuse sous les masques ricanants,
Maintiens ton armée, à l’affût des anciens tourments.
Tu te nourris, insatiable goule des élans de la vie,
Absorbes, affamée, les torrents éclatants de l’envie.
Sous tes pas, naissent les éclairs noirs de ma folie,
Dans tes mains, meurt le clair miroir de l’esprit.
Tu t’es installée pour toujours au comptoir de mon âme,
Toi, que l’on nomme angoisse, ou peur ou terreur.
Je te regarde, impuissante à agir, que je me damne !
J’ai signé de mon sang, pour toi, le pacte du malheur.
