Au siècle dernier… Le regard de Bernanos sur la crise… ( 1 )

Publié le 21 août 2012 par Perceval

Ci-dessous, par des extraits : les orientations originales de la réflexion de Bernanos qui se dessinent progressivement entre 1918 et 1935 …

Pour lui, en effet, la France de la Illème République (1870 à 1940 ) dont il stigmatise les tares est une société qui est fondamentalement bourgeoise, faite par la bourgeoisie pour la bourgeoisie. Son avènement, accompagné de la répression sanglante de la Commune, a marqué le couronnement et l'achèvement de cette évolution.

Dans « La Grande Peur des bien-pensants» ( GP ) il dénonce le "règne de l'argent", qui lui paraît avoir été une des causes déterminantes de la décomposition de la société française. 1870, c'est, en effet, à ses yeux, "le triomphe des puissances d'argent" et de leur pouvoir corrupteur.

"Qu'on pense ou non du bien de la modération indispensable à la vie en société, il est difficile de s'empêcher de sourire au spectacle de modérés par système qui, de leurs mains diligentes, déplacent et reculent sans cesse le fameux jalon qui doit marquer la limite des concessions possibles : avant-hier conservateurs, hier opportunistes, aujourd'hui libéraux, progressistes ou républicains de gauche..." (GP, 98).

"La bourgeoisie défend la propriété... À mesure que s'organisait contre elle le monde ouvrier, on l'a vu s'instituer peu à peu la protectrice des valeurs spirituelles dont l'immense prestige avait l'avantage de couvrir utilement ses privilèges" (Scandale de la vérité).

"Nous n'allons tout de même pas nous casser la figure pour savoir de quel régime, république, dictature ou monarchie, lequel est le plus capable de sauver une société dont nous ne souhaitons nullement le salut" (Corresp.).

A ce moment, il rêve d’une "réforme sociale" qui devrait être fondée sur "la réconciliation du peuple et de l'État, unis contre l'oppression de l'argent" (GP, 181). Quant aux moyens à mettre en œuvre pour restaurer cet ordre chrétien, Bernanos reste sur ce point assez vague.

Il prophétise dans « La Grande Peur », l'avènement d'une "nouvelle forme de barbarie", dans laquelle le règne de l'argent viendrait confluer avec le développement technique pour donner naissance à un monde matérialiste dans lequel les hommes libres n'auraient plus de place.

"Si le monde que nous voyons naître a quelque chance de durer, cela ne peut être que par l'accord chaque jour plus intime du Capital et de la Science, du Ploutocrate et de l'Ingénieur, d'où va sortir une sorte de déterminisme économique, une loi d'airain seule capable de mettre la multitude à genoux"(GP, 336).

Et La Grande Peur s'achève sur cette proclamation : "La société qui se crée peu à peu sous nos yeux réalisera aussi parfaitement que possible, avec une sorte de rigueur mathématique, l'idéal d'une société sans Dieu. Seulement, nous n'y vivrons pas. L'air va manquer à nos poumons. L'air manque... On ne nous aura pas. On ne nous aura pas vivants !" (GP, 350).

Une des raisons, selon Bernanos, à cette « crise », c’est ce monde déspiritualisé qui, selon lui, "s'organise pour se passer de Dieu" (EC, 1219).

Bernanos va devenir de plus en plus solitaire, se définissant, au-delà des partis, comme un chrétien et un homme libre : "Démocrate ni républicain, homme de gauche non plus qu'homme de droite, que voulez-vous que je sois ? Je suis chrétien » ( dans Marianne, 17 avril 1935..)  Ainsi s'annonce, au milieu des années 30, l'attitude qui va être désormais la sienne jusqu'à sa mort, celle d'un homme seul, refusant toutes les annexions, assumant face à un monde bouleversé une sorte de mission prophétique.

Oeuvres de Martin Lewis:

Il est né en Australie en 1881... A quinze ans il quitte sa famille et parcourt la Nouvelle Zélande. Il travaille dans la marine marchande et se fixe ensuite à Sidney, où il publie ses dessins dans un journal progressiste, The Bulletin. Il étudie parallèlement à l'Ecole des Beaux-Arts de Sidney, avec la célèbre peintre Julian Ashton, qui participa au renouveau de la gravure dans ces années.

Lewis gagne les Etats-Unis en 1900.

On connait mal ensuite ses activité. On le retrouve travaillant à New-York en 1910, où il passe le reste de sa vie.

Il gagne le Japon en 1920, un tournant capital. Pendant huit mois il pratique l'aquarelle et le peinture à l'huile en extérieur.