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Gourous: quand les parents ne partagent pas les mêmes croyances

Publié le 28 septembre 2012 par Nuage1962

Je trouve que c’est inquiètant quand on mise sur des enfants pour leur donner des cours sois disant qu’ils peuvent soulager leur amis, famille juste par leur présence, par imposition des mains .. Comme un suggère, un enfant qui veut vraiment guérir une personne aimée, mais qu’il échouent quel poids aura-t-il sur ses épaules .. je pense qu’il y a un grand risque sur le plan émotif et la confiance en soit qui serait sur la corde raide
Nuage

 

Gourous juniors: devenir guérisseur à 8 ans

 

 

Gourous: quand les parents ne partagent pas les mêmes croyances

MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

Après avoir suivi un séminaire pour que ses mains accèdent à une «énergie nouvelle», Emilio a fait démarrer la brosse à dents électrique de son fils sans y toucher. Dans l’emballage! jure-t-il. Cet incident l’a convaincu. Le Montréalais a inscrit ses deux garçons au cours pour enfants.

«Je veux me servir de cette énergie pour traiter mes fils à la maison, et ça va être plus facile à introduire comme ça», a-t-il expliqué à une journaliste, venue incognito.

Ce soir-là, pendant deux heures, une douzaine d’écoliers âgés de 8 à 12 ans ont appris à imposer les mains, dans une grande salle de l’hôtel Hyatt Regency de Montréal. Des admirateurs d’Eric Pearl – un ex-chiropraticien qui se présente comme un catalyseur de miracles – s’y relayaient depuis déjà trois jours.

Leur maître californien parcourt la planète à la rencontre de dizaines de milliers d’élèves. Dans certaines villes, son équipe entreprend les jeunes dès l’âge de 4 ans.

«Mettons la guérison entre les mains de nos enfants», propose ainsi le site web du multimillionnaire.

À Montréal, trois jeunes ont accepté de se prêter au jeu et de nous relater leur expérience. Nous allons vous enseigner «une nouvelle forme de guérison», qui vous permettra de soigner vos proches et vos amis qui se font des bobos à l’école, leur a déclaré la formatrice. L’Américaine leur a aussi conseillé d’agiter leurs mains pour calmer leur animal domestique et éliminer à distance les énergies négatives de leurs proches. D’après elle, les enfants apprendraient à «réarranger les molécules, l’espace, le temps».

À tour de rôle, les écoliers se sont ensuite étendus pour tester leurs soi-disant pouvoirs. Une enfant s’est vite emballée en en voyant un autre bouger les paupières. Un troisième s’exclamait sans arrêt: je sens de la chaleur; je sens du froid; je sens des picotements…

Sur YouTube, un petit Américain rayonnant proclame:

«Ma mère souffre d’arthrite. J’ai juste touché son épaule et elle s’est sentie mieux!»

On y voit aussi Eric Pearl au milieu d’une centaine de petits. Il déclare qu’on peut guérir les autres en claquant des doigts.

L’un de nos jeunes enquêteurs raconte avoir eu envie d’y croire.

«Ils n’arrêtaient pas de nous dire que c’était prouvé scientifiquement, explique-t-il. Que si on coupe des feuilles de plante, elles fanent moins vite si on se sert de ses mains pour faire de petits cercles autour.»

Dans la salle d’attente, une résidante de Blainville racontait avoir inscrit sa fille de 6e année, parce que cette dernière a subi trois commotions cérébrales et peine à suivre à l’école. Elle a économisé gros en procédant ainsi au lieu de s’inscrire elle-même au cours pour adulte, qui lui aurait coûté 15 fois plus cher, soit 711$ plutôt que 48$.

Donner la mort?

Dans pareils cas, le Collège des médecins du Québec ne peut intervenir.

«Tant qu’aucun traitement n’est administré, les cours, tout comme les livres, sont protégés par la liberté d’expression», explique le directeur des enquêtes, François Gauthier.

«Il n’y a pas de raison d’être plus sévère à l’égard d’un tel discours qu’à l’égard des religions institutionnalisées, qui comportent toutes leur lot de balivernes», confirme l’éthicien Daniel Weinstock, professeur à la faculté de droit de l’Université McGill. «Par contre, dit-il, je m’inquiète à l’idée que des parents veuillent traiter leur enfant avec ça.»

À la fois médecin, écrivain et bioéthicien, son confrère Marc Zaffran va plus loin.

«Avoir le pouvoir de guérir, ça veut dire avoir celui de tuer. Est-ce moralement acceptable de laisser entendre ça à des enfants?», lance-t-il.

«Que va-t-il arriver si l’enfant tente de guérir son grand-père et échoue? illustre le chercheur en psychoéducation Serge Larivée. C’est irresponsable de leur faire porter un tel poids. C’est leur voler leur enfance!»

En plus de traduire le cours donné à Montréal, la naturopathe Diane Buteau a accompagné Eric Pearl dans 23 pays, sur 4 continents. Et ce genre de critiques la fâche.

«On a fait un petit atelier, sous forme de jeu, argue-t-elle en entrevue. Les enfants ne sont pas devenus praticiens. On leur dit qu’ils peuvent aider leur prochain. On ne leur enseigne pas du tout comme aux adultes, ni comme Eric Pearl le fait aux États-Unis.»

Il y a environ deux ans, le Collège des médecins a exigé que la Montréalaise expurge son site internet, pour enlever, notamment, toute référence à la guérison ou au cancer.

- Avec la collaboration de Charles et Félix, 12 ans, et de Vincent, 10 ans.

http://www.lapresse.ca



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