Magazine Journal intime

Après le meurtre, revivre – Jean-Marc Mahy, Jean-Pierre Malmendier

Publié le 04 novembre 2012 par Anaïs Valente

"Le dimanche, on lit au lit".

"Cher Jean-Marc, Cher Jean-Pierre,

Vous permettez que vous appelle par vos prénoms, après lecture de votre ouvrage ?

Cher Jean-Marc, Cher Jean-Pierre,

Merci.

Merci pour ce livre, que j'ai voulu lire après avoir vu "A perdre la raison" et "Dead man talking". Et sans doute après avoir lu "Détenu cherche plume légère...", aussi.

Merci de m'avoir raconté vos vies.

Jean-Pierre, votre souffrance d'avoir perdu votre fille, assassinée.  L'enfer. Votre haine, rapidement étouffée, si elle a existé un jour, par un souci d'agir, de comprendre, non d'excuser, mais de comprendre.  Votre désir d'agir pour que cela change, pour que la prison ne soit plus uniquement punitive, mais restauratrice, également.  Parce qu'un jour, le pire criminel sortira.  Parce que le petit délinquant emprisonné ressort plus dangereux qu'à son entrée.  Parce que la prison, même si elle est méritée, si elle ne doit pas être un hôtel cinq étoiles, n'a pas pour vocation de détruire, mais d'agir sur la réinsertion.  Elle le doit.  Elle ne le fait pas.  Merci pour votre tolérance.  Merci pour ce partage, pour ce souhait d'avancer, de faire bouger les choses.  Merci de n'être pas qu'une victime.

Jean-Marc, votre enfance chahutée, avec ses conséquences.  Une enfance qui n'excuse pas, mais qui permet de mieux comprendre.  Vos années en prison, utiles même si inutiles parfois.  Difficiles, toujours.  L'enfer.  Votre envie de réparer, par le partage, par la communication, par le témoignage.  Votre réinsertion difficile, et ses aléas.  L'aide reçue qui a permis de ne pas replonger.  Votre rage de vivre et d'aider.  Merci de n'être pas qu'un coupable.

Voilà ce que j'avais à vous dire.

Merci de m'avoir fait réfléchir, mieux comprendre vos parcours, vos chemins différents mais si similaires, et la façon dont vous avez transcendé cette douleur si intense, pour re-vivre."

En lisant cet ouvrage, voilà l'envie qui me tenaillait, en remercier les auteurs, en leur écrivant, fût-ce virtuellement.  Parce que ce livre est tellement plein d'humanité, alors qu'il aurait pu être empli de haine, à l'encontre du meurtrier de Corine (Corine, fille de Jean-Pierre Malmendier,  assassinée avec Marc, Marc et Corinne, deux prénoms associés à jamais, comme le furent ensuite Julie et Mélissa, Ann et Eefje), ou haine à l'encontre de la société, de la prison, voire de lui-même (Jean-Marc Mahy a passé près de vingt ans en prison pour un cambriolage qui a tourné en homicide, commis alors qu'il sortait de l'adolescence).

Et bien que nenni, point de haine, mais un désir de passer au-delà de la souffrance, afin d'avancer, de guérir, de partager, de faire bouger les choses, les lois, notre société, de re-vivre, d'aider les autres à re-vivre.  Pas qu'avec du blabla, non, avec des actes, une asbl, des projets de loi, un spectacle, un reportage, une association qui permet la rencontre entre victimes et auteurs… et puis ce livre.

Deux témoignages croisés recueillis par Anne-Marie Pirard, qui racontent l'avant, le pendant, l'après, simplement, humblement, humainement. 

Une lecture qui ne peut laisser indifférent, c'est indéniable !  Parce que dans la vie, tout n'est pas tout noir ni tout blanc, et eux, Jean-Marc et Jean-Pierre, l'ont compris.  Je leur tire vraiment mon chapeau.  Un livre que tout un chacun devrait découvrir, c'est impératif.  Un livre qui devrait être intégré aux programmes scolaires, à titre préventif et éducatif.


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