Charlie-Hebdo : la "petite équipe" "consacrée" à la haine des autres

Publié le 12 novembre 2012 par Hermas

« Charlie-Hebdo ne fait partie d’aucun empire financier, et (sa) petite équipe se consacre depuis vingt ans à faire exister (…) une presse libre et indépendante ».

C’est ce que ce journal, tout en coquette modestie, énonçait sur son blogue le 20 septembre 2012.

Bref, sans ce sympathique petit groupe, il n’existerait pas, en ce pays, de « presse libre et indépendante ». Grâce à lui, nous pouvons nous enorgueillir de posséder, non pas seulement un journal comme un autre ou parmi d’autres, mais bien « une presse », c’est-à-dire un journal qui récapitule à soi seul la presse, terme auquel est traditionnellement associée la notion de liberté : liberté d’expression, liberté d’opinion. Grâce à Charlie-Hebdo, ces libertés sont maintenues, contre vents et marées, sans assujettissement à aucun « empire financier », les habituelles provocations ordurières de cette noble feuille n’ayant, bien évidemment, aucune visée financière.

L’entreprise de cette « petite équipe » pousse l’entreprise jusqu’à la « consécration » : le terme utilisé ne doit rien au hasard, fût-il dû à un lapsus révélateur. Le terme « consacré », en effet, est directement emprunté au vocabulaire religieux. Il désigne même ce qui est le plus séparé des hommes, et le plus réservé à la divinité. C’est que notre « petite équipe » aime particulièrement ce registre, en lequel elle se plaît à exprimer mieux que quiconque sa liberté et son indépendance chèrement défendues et, pour tout dire, n'ayons pas peur des mots, son courage et son héroïsme.

Quoi de plus « libre », en effet, quoi de plus « indépendant », que de ne se sentir lié par aucun déférence à l’égard de quiconque ? Quoi de plus souverainement libre que d’affirmer par l’exercice de sa propre liberté la négation de celle des autres ? C’est l’œuvre de dieux dominant tout ! La « petite équipe », précisément, est tout, les autres ne sont rien. Leurs droits, à commencer par le droit au respect, ne sont rien. Ce qui est sacré pour eux est méprisable pour elle, et plus cet objet leur est sacré, et plus il est jouissif pour elle d’en ricaner, de le piétiner, de le salir.

Chacun connaît la gloire que s’est acquise ainsi cette « petite équipe », par les fameuses caricatures de Mahomet, avec un “courage” d’autant plus facile à trouver qu’il s’abritait derrière des cordons de policiers, dans une sécurité bourgeoise qui n’avait que faire des milliers de gens que l’entreprise mettait ailleurs en danger de mort. N’est-ce pas aussi une souveraine liberté que d’être libre de toute responsabilité morale à l'égard de quiconque ? La vaillante « petite équipe », qui ne fait « partie d’aucun empire financier », avait alors été, on s’en souvient, bruyamment soutenue par le grand quotidien financier allemand Financial Time Deutschland.

La chose ayant fait recette, à tous égards sans doute, la « petite équipe », qui choisit avec soin ses cibles, s’en prend maintenant à l’Église catholique, comme elle aime à le faire, dans le débat relatif au prétendu “mariage pour tous”. Là encore par le biais de caricatures, destinées à salir cette fois Mgr Vingt-Trois, à le blesser dans sa foi, et à blesser en lui et avec lui tous les catholiques. Ah, que c’est bon ! Voyez, il y a débat sur une question de société, comme on dit. Quel meilleur moyen d'abattre son adversaire que de le souiller, de le couvrir de ridicule, de l’abaisser, et bien entendu, premièrement dans le registre sexuel ? Ces méthodes, diront les mauvaises langues - celles qui ne comprennent pas ce que "liberté" veut dire - sont les bonnes vieilles méthodes de tous les régimes totalitaires, du nazisme, du communisme… mais non ! ici c’est tout autre chose. C'est du Charlie-Hebdo, et donc de la liberté d’expression en acte, du courage, du débat démocratique.

L’association Avenir de la culture a organisé contre l'oeuvre nouvelle de cette misérable « petite équipe » la signature d’une pétition destinée au Garde des Sceaux, et que nous vous invitons à signer et à diffuser très largement (cliquer sur le lien ci-dessous) :

PETITION