Magazine Humeur

Le pseudo "mariage homosexuel" et la pseudo "objection de conscience"

Publié le 25 novembre 2012 par Hermas

Le « mariage pour tous » gouvernemental n'est qu'un projet. Dans une société démocratique, il devrait être considéré qu'il n'est rien d'autre en l'état, tant qu'il n'a pas été débattu, en particulier au Parlement, qu'il n'a pas été adopté comme loi et promulgué. Le droit romain, dans ce qu'il véhiculait de l'héritage de l'ancienne république, prévoyait que « ce qui concerne tous doit être approuvé par tous ».

Mais sommes-nous toujours en démocratie, malgré les apparences institutionnelles ? La faction minoritaire qui gouverne le pays, hissée à cette charge à la faveur d'une abstention massive, par le rejet de l'ancien Président et l'usage d'un programme de mensonges, entend imposer son projet sans débat national préalable en le considérant déjà comme une loi applicable. Chacun est d'ores et déjà sommé, chez les élus locaux, d'en faire application. L'imprégnation idéologique de la faction gouvernante est telle qu'il ne pouvait en être autrement. Comme Harlem Désir, et tant d'autres, on en parle déjà au futur prochain ; le projet n'est pas un projet. C'est une réforme qui doit être imposée aux Français, qu'ils le veuillent ou non.

D'aucuns invoquent l'objection de conscience. À commencer par François Hollande lui-même, aux grand dam de ses camarades. L'inénarrable Jean-Luc Mélenchon a même déclaré que si cette objection de conscience pouvait être soulevée « tout l'édifice républicain s'effondrerait ». Le propos a au moins le mérite de souligner que la conscience n'a guère de place sous ce régime, qui doit pouvoir s'employer à la violer sans lui laisser le droit de crier.

Mais, au fait, qu'est-ce que c'est que cette objection de conscience ? Pour François Hollande, elle est supposée permettre à un maire, en présence d'une demande de « mariage homosexuel », de refuser de le célébrer lui-même pour demander à un de ses adjoints de le faire. Même son de « cloche », d'ailleurs, chez un Jean-François Copé, tandis que le “catholique” François Fillon, lui, peu préoccupé par ces problèmes de conscience, a déclaré qu'il appliquerait strictement la loi, par une sorte de devoir républicain [saint François, Dieu nous garde de tous ces François !]

Assurément, la plus triste et la plus médiocre de ces postures, pour ne pas dire la plus méprisable, est celle qui consiste à préférer la “morale” républicaine à la morale non seulement chrétienne mais même naturelle.

Mais qu'en est-il de l'autre ? L'objection de conscience consiste à refuser d'accomplir un acte parce que celui-ci est réprouvé par le jugement de la conscience, c'est-à-dire de la droite raison. Pourquoi s'y opposer, sinon parce que cet acte est jugé être un mal ? Qu'en est-il alors de cette attitude qui, sous prétexte “d'objection de conscience”, décide de faire réaliser par autrui ce que l'on sait être mauvais pour soi-même, et mauvais en soi ? Est-elle autre que celle de Pilate, celle du lâche et de l'hypocrite de tous les temps, près à s'accommoder d'un sang versé pourvu que ses mains n'en soient pas souillées ?

Telle est l'objection de conscience que l'on se propose éventuellement de permettre, et à laquelle nombre d'élus, apparemment, se sentent disposés. 


Retour à La Une de Logo Paperblog

Magazine