C'est alors qu'il demande: « il y a-t-il un bon hôtel à proximité ? » ce qui se traduit par : « Pourrais-je dormir chez toi ? » Comme nous nous sommes fait avoir au fil des années, nous sommes devenu un plus malins et nous répondons : « Essayes l'hôtel Machin, c'est pas mal ... » Sans relâche l'interlocuteur continue dans sa logique et demande « Où pourrions-nous dîner ensemble ? » ce qui signifie « puis-je aussi dîner chez toi ? »
Une fois de plus, je réponds parfaitement bien : « Pas possible, ce soir, nous avons d'autres engagements ». Le jour J arrive, je prends cet invité impromptu à son hôtel, le conduis à la station de ski, il a presque un arrêt cardiaque quand il doit donner 102 dollars pour son forfait journalier, et puis après nous n'arrêtons pas de skier jusqu'à 16 heures 15, l'heure de fermeture. Notre homme en veut pour ses sous !
Sur les pistes les conditions sont parfaites, mais le temps est très froid ; je lui demande: « On s'arrête pour déjeuner ? » Mon invité répond: « Non, j'ai préparé un sandwich et moi je mange toujours sur le télésiège! » J'oblige, et j'ai une sacrée chance qu'il soit disposé à me donner un morceau de son sandwich froid. Je comprends parfaitement qu'il ne veuille surtout pas être obligé de me payer à manger !
Bien entendu, il arrive les mains vides et parle surtout de lui-même, de ses voyages en Europe et à Saint-Moritz, de son éducation impressionnante et celle de ses enfants, mais ne montre peu ou pas d'intérêt du tout pour nous.
Le comble, c'est qu'il trouve le moyen de sortir son ordinateur portable au moment ou nous souhaiterions qu'il disparaisse pour nous ennuyer avec des photos sans le moindre intérêt pour nous. Après cela, nous lui signifions qu'il est tard et quand il nous quitte, il oublie de dire merci pour la journée et le repas délicieux qu'il vient juste de dévorer.
Morale de l'histoire : L'espèce humaine ne cesse jamais de nous surprendre, nous apprenons quelque chose de plus tous les jours et devenons aussi un peu plus malins. Ça peux toujours servir !