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La manifestation du 13 janvier et le refus du réel : une menace pour la paix sociale

Publié le 15 janvier 2013 par Hermas

SOURCE VIDEO : CATHOLIQUES EN CAMPAGNE

Tous ceux qui ont participé à la manifestation de dimanche - de quelque bord qu'ils soient - savent l’ampleur considérable qu’elle a eue. Ceux qui ont également quelque expérience des manifestations à Paris savent aussi que les chiffres donnés par les pouvoirs publics ne correspondent aucunement à la réalité. Il est d’ailleurs frappant – et éloquent – que les mêmes chiffres minimalistes aient été donnés par eux dès vendredi et samedi, avant même le début de la manifestation ! Gouverner, n’est-ce pas, c’est prévoir. À défaut de savoir le faire pour le présent, l’État excelle dans la divination. Les médias et les bien-pensants du jour, les lobbies, les politiciens idéologiquement corrects et l’armée de leurs séides, bref, tout ce que cette société compte de valets de la chambre du Tasse, ne se bornent pas à y raisonner hors du réel. Lorsqu’ils le voient ils le nient. On ne soulignera jamais assez l’étrange coïncidence qui rapproche ces gens de ceux qui couvrirent les cieux de plomb dans l’ancien empire soviétique. Le réel n’est pas ce qui est, il est ce qu’ils pensent, ce qu’ils veulent qu’il soit, et si sa présence se fait trop pressante, trop insistante, trop réelle en un mot, alors il leur faut la maquiller, l’étouffer au besoin, par tous les moyens que leur procure l’hypocrisie et le mensonge, voire la violence.

C’est bien ce qui se passe aujourd’hui. L’énorme manifestation de dimanche n’est, pour les occupants de l’Élysée, et pour Monsieur 39 % en particulier (1), que « consistante ». On rappellera, pour mémoire, que la manifestation de novembre 2012 contre la construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, qui avait réuni 40.000 personnes selon ses propres organisateurs, avait alors été unanimement qualifiée par la presse de « manifestation monstre ». La nôtre n’est que “consistante”. La différence de perception entre les deux est éclairante. Elle montre qu’au fond le nombre n’est lui-même, pour ces gens-là, y compris en démocratie, qu’une notion fort relative, de sorte qu’une faction de tyranneaux peut y imposer ses subversions à un peuple qui n’en veut pas.

Relatif, c’est précisément le sens attaché au mot « consistance ». Selon le dictionnaire, la consistance est « l’état de ce qui est composé d’un certain nombre d’éléments qui lui donne son importance relative ». Tout est forcément relatif, en l’occurrence, pour qui ne veut rien entendre et pour qui ces composants ne représentent rien. Relatif à ses oreilles bouchées, à son obstination, à sa volonté de domination. La manifestation a réuni probablement plus d’un million de personnes mais y en aurait-il eu dix que le gouvernement serait probablement resté muré dans le même autisme. L’idéologie passe pour lui avant le réel, et dût-elle être imposée par la violence, elle devra l’être. Tel sera l’objet – si par malheur pour notre société elle devait être votée – de la pseudo-loi que le gouvernement entend infliger.

Funeste époque, tout de même, que celle où des “gouvernants” se sentent contraints de servir les intérêts de lobbies qui ne représentent rien plutôt que de servir leur pays. Il est vrai qu’il est plus aisé de faire l’un que l’autre. À défaut d’être capable de s’auréoler seulement de devoir sur les champs de bataille de l’emploi, de la sécurité, de la prospérité, de la formation professionnelle, de l’instruction publique ou de la justice, Monsieur 39 % lève le menton, fait sa pantomime et gonfle les jarrets à l’usage du Marais. Oh le bel homme, quelle fermeté, quelle grandeur ne va-t-il pas s’acquérir devant l’Histoire ! Chaque élection qui passe ramène avec elle la litanie lancinante de politiciens geignant sur le divorce de la “société civile” et de la politique. Ils ne font ici que le rendre plus patent et l’aggraver. Le retour au réel leur montrera cependant que la politique est la “chose” de chacun et que sur cette bataille-là, en particulier, pour la vie sociale, pour la famille, les français ne sont pas prêts à se laisser marcher dessus. Puissent Monsieur 39 % et les siens le comprendre avant qu’il ne soit donné à entendre à ces français qu’il ne leur est plus laissé aucun moyen d’expression pacifique.

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(1) On aura garde de ne pas oublier que M. Hollande n’a été élu aux élections présidentielles que par une majorité de 39 % des inscrits.


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