L'Ordinateur Individuel d'octobre 2012 fait un article intéressant sur la fiabilité de Wikipédia. L'encyclopédie collaborative libre y est présentée comme un véritable melting pot d'inepties. Certaines personnes vivantes y seraient décrites comme mortes par exemple. Certaines pages seraient complètement ré-écrites par des activistes de tous poils qui profiteraient de l'accès facile qui leur est offert, surtout en regard de l'audience espérée, pour promouvoir leurs idées.A titre personnel, je dois dire que j'utilise beaucoup Wikipédia et je n'ai pas été spécialement choqué par ce que j'y lis, ce qui induisait chez moi une certaine confiance. L'article de l'OI me rendra certainement plus critique et me conduira certainement à plus croiser les sources à l'avenir.
Tout cela rejoint une réflexion que je me suis faite depuis quelques mois, qui est que notre société de l'information a pris l'habitude de donner la parole à n'importe qui. C'est particulièrement flagrant dans le cas de Wikipédia, mais pas que. On se retrouve avec par exemple des émissions comme "Les auditeurs ont la parole" sur RTL, où le pékin moyen qui n'est spécialiste de rien l'ouvre sur tous les sujets d'actualité.
Autre exemple : y comprenez vous quelque chose à la crise ? Non ? Rassurez vous moi non plus. Et je ne crois pas que ce soit un hasard : aucun de ceux qui viennent parler dans le poste ne sait de quoi il parle, à commencer par les journalistes. Si l'on nous présente toujours une vision parcellaire des choses c'est parce que pratiquement personne dans les media n'a de vision globale, une vision d'expert qu'il suffirait de vulgariser pour que tout le monde comprenne. Faites une expérience simple : prenez un sujet que vous maitrisez bien et regardez une émission TV sur ce sujet. Vous verrez, sur un sujet que vous maitrisez, à quel point le traitement journalistique est sujet aux imprécisions, aux erreurs, etc. Eh bien sur tous les sujets que vous ne maitrisez pas, le traitement journalistique est le même. Comme dit Philippe Bouvard : "Si l'on ne devait parler que de ce qu'on comprend, il n'y aurait plus de journalistes".
L'idéal serait de donner plus d'audience aux experts, les gens qui savent vraiment de quoi ils parlent (et non à la ménagère de moins de 50 ans qui ramène sa fraise ou le journaliste mimétique qui ne fait que répéter ce que disent les autres ou reprendre les dépêches de l'AFP). Le problème c'est que, les rares fois où cela se produit, que les experts arrivent à enfin pouvoir parler dans le poste au milieu de la cacophonie ambiante ... ils ne sont pas d'accord entre eux !
Et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Prenez les bloggeurs. C'est aussi ce qu'ils font. Ils n'y connaissent rien sur pas grandchose et pourtant ils s'expriment sur tout. N'est-ce-pas ce que je fais ici ?
