Tu es beau dans ton autoportrait. La nuit te recouvre brother. Elle en fait de même avec nous tous. Le brouillard tombe. Au départ la toile est blanche, puis une main - la nôtre - commence à répandre de la couleur. Choix des pinceaux, choix des couleurs, choix d'une vie. Ah ! Peintres maudits que nous sommes, artistes, saltimbanques, comédiens, vauriens, gredins, maladroits sublimes. Mais le coeur, mais la vie !
On voit du noir, on ne finit par ne voir que lui, on le broie parfois, on le réduit en poudre fine, si fine. Le noir, disent Rembrandt et Velasquez, est la plus éclatante des couleurs, la plus lumineuse, la plus ample, la plus profonde.
Gueule queue d'hermine... mais le coeur, mais l'âme gardent jusqu'au bout l'immaculée blancheur du reste du pelage.
Ne pas se plaindre, comme la petite bête royale, avancer, avancer encore sur la neige jusqu'à ce que les traces de nos pas s'effacent. Une vie d'hermine. Une vie pourtant étalée, avant la couleur de l'hiver définitif, des mille couleurs raphaëliques sur une toile impeccable mise entre nos mains au jour premier.


Fierté, voilà le maître mot d'une vie. Fierté de vivre.
http://domi33.blogs.sudouest.fr/archive/2013/02/25/deb-le-jeu-du-miroir.html
