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Meurtre en famille

Publié le 29 mai 2013 par Anaïs Valente

Je discutais récemment de ces pères ou mères qui tuent leurs enfants puis tentent, parfois sans succès, de se donner la mort, et du fait qu'il existe deux types de ces drames.

Le parent dépressif qui ne voit comme seule issue que la mort, et entraîne ses enfants avec lui, pensant ainsi les sauver, dans un geste d'amour.  C'est la sensation que j'avais eue avec l'histoire de Geneviève Lhermitte, sensation confirmée par la vision du film lui consacrée, avec la formidable Emilie Dequenne.

Et puis le parent pervers qui, pour blesser, détruire son bien souvent ex conjoint, commet le pire du pire : il lui reprend ce qu'il a de plus cher au monde, ses enfants.  Geste égocentrique et ignoble, vengeance sordide.  C'est la sensation que j'avais eue avec l'histoire de ce père de famille ayant entraîné son fils dans les rochers du bord de Meuse, l'obligeant à appeler sa mère pour lui "dire au revoir et rendez-vous au paradis blanc", pour lui fracasser ensuite le crâne à coup de pierres et puis faire semblant de tenter de se suicider.  J'ai oublié le nom de cet homme.

Le documentaire infrarouge Meurtre en famille, je l'ai vu hier, parce qu'il traitait de ce type de drame.  Mais j'ignorais lequel.

C'est du second dont il s'agit, lorsque ce père violent avec son ex, abandonné à raison par cette dernière, a assassiné ses enfants puis s'est pendu, parce qu'il voulait la détruire, elle, qui l'avait détruit, d'après lui.  Ignoble.  Odile, c'est le prénom de cette mère désormais sans enfant, a voulu que le reportage commence dès après le drame.

On la suit ainsi lors du choix des cercueils.  Douloureux.

Lors des funérailles.  Dramatiques.

Lors de sa recherche de la vérité, auprès du psy qui suivait son ex, condamné avec sursis pour sa violence.  Loufoque, de l'entendre dire "quand vous perdez un bic, vous devez vous en détacher, matériel ou humain, c'est le même processus".  Et Odile de conclure "j'ai perdu trois bics".

Lors d'une rencontre avec un psy, un vrai, un bon, qui la déculpabilise et raconte cette histoire difficile d'un même drame, où le père, dans un élan de sadisme difficilement imaginable, a filmé sa gamine avant de la tuer, lui faisant dire au revoir à sa maman.  Elle riait, la petite, ignorait ce qui l'attendait. 

Lors de son désir de revivre, un peu, si peu.  Difficiles, les jugements de la ville qui, quelques semaines auparavant, la consolait.  Elle n'a plus le droit de rire, de bouger, de s'habiller en clair.

Et de me dire qu'au sein du règne animal, ça n'arrive jamais, ce genre de chose.

Un très beau reportage, émouvant, plus qu'émouvant, bouleversant.

A voir ou à revoir sur pluzz, si vous êtes en France.


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